Henri POUILLOT
Guerre d’Algérie, Colonialisme...
Descriptif du site
Lire la suite ...
Appel des 171 : Nous demandons la vérité sur l’assassinat de Maurice Audin

Le 11 juin 1957, Maurice Audin, jeune professeur de mathématiques à Alger et membre du parti communiste algérien, est arrêté par les parachutistes commandés par le général Massu chargé par les autorités françaises du maintien de l’ordre dans la ville. Emprisonné et torturé, il n’est jamais réapparu. Quand, (...)

Lire la suite ...
Hamed, Sale fils de Français
JPEG - 6.2 Mo

Ce livre fut édité par les "Editions du Menhir" en 2014. La 4ème de couverture

Ce livre, j’ai voulu l’écrire à partir d’une série de rencontres qui m’ont perturbé.

Témoin de la Guerre d’Algérie, je me suis déjà beaucoup exprimé publiquement pour dire l’horreur que j’y ai vécue et les traumatismes (...)

Lire la suite ...
La "disparition" de Maurice Audin ? Un jugement qui interroge
-

Contexte : Je rappelle le contexte dans lequel je suis intervenu publiquement, es-qualité de Président de l’ARAC des Yvelines : c’est après le communiqué important du 18 juin du Président de la République, que je rappelle ici. "Communiqué de l’Élysée du 18 Juin 2014 Aujourd’hui est remis le Prix AUDIN (...)

Ce site personnel doit être aussi le vôtre, il est conçu pour servir de références, de documentations...
Votre avis m’intéresse. N’hésitez donc pas à m’interpeller.

Né en 1938 en Sologne (Loiret) - Ingénieur Retraité
Appelé, pendant la Guerre d’Algérie
Affecté de juin 1961 à mars 1962 à la Villa Susini à Alger
Témoin de la Torture - Auteur de 2 livres témoignages sur cette période.
Auteur d’un livre fiction "Hamed, Sale fils de Français", parti d’un fait concret, dramatique.
Militant des droits de l’homme, antiraciste et anticolonialiste.

Mes témoignages / mon combat / mes actions / mes espoirs


- Un témoignage sur la torture pendant la Guerre d’Algérie

- Apporter ma contribution au travail de mémoire nécessaire sur une triste période de notre histoire et ses conséquences encore aujourd’hui.

- Participer au débat d’idées permettant le développement des actions nécessaires pour condamner la pratique de la torture, le colonialisme, les crimes contre l’humanité...

- Dénoncer le révisionnisme colonial aujourd’hui autour de la Guerre d’Algérie, la résurgence des idées selon lesquelles le colonialisme aurait pu être positif et de l’activisme de l’OAS soutenu par la connivence d’une partie de la droite à ces thèses extrémistes et xénophobes. en particulier la mise en cause des valeurs républicaines de la France à l’occasion des "honneurs" rendus aux activistes de l’OAS.
- Fédérer les actions pouvant aller dans ce sens.

La Villa SUSINI, un lieu Symbolique, d’un lourd passé

C’est dans cette Villa, à Alger, que je me suis retrouvé à effectuer la fin de mon service militaire, pendant la Guerre d’Algérie, de juin 1961 à mars 1962.
Ce lieu fut utilisé, pendant les 8 années de cette guerre, sans interruption, comme centre de torture.

La Villa Susini à Alger

Ces photos ont été prises au même endroit... dans le parc de la Villa Susini d’Alger, la première en 1961, la seconde en décembre 2001. Entre ces 40 années d’écart, l’homme a changé, les arbres ont poussé, mais la vue sur le port d’Alger est toujours aussi belle.

Des Espoirs


- Un traité d’amitié entre les peuples Algérien et Français sur des bases claires et réciproques du respect des droits de l’homme comme fil rouge.
- Une place retrouvée pour que la France puisse de nouveau revendiquer de porter le drapeau du pays des droits de l’homme.
















Article mis en ligne le 27 mai 2019
Rubrique : Personalités marquantes

Le 25 avril 2019, la Mairie de Paris rendait hommage au militant anticolonialiste Henri Curiel assassiné à Paris, crime "couvert" par le "secret défense", jamais élucidé.

Intervention de Christine Vieu-Charrier, Maire-adjointe de la Ville de Paris

Intervention de Alain Gresh, son fils

La Plaque commémorative

Communiqué du MRAP du 23 avril 2019

Le 25 avril 2019, la maire de Paris va dévoiler une plaque en hommage à Henri Curiel, à proximité du lieu même où (...)

Article mis en ligne le 5 juin 2019
dernière modification le 19 septembre 2019
Rubrique : Editos

Tout particulièrement ces derniers temps, on assiste à une « surenchère » dans les symboles présentés lors de cérémonies commémoratives. 2 exemples actuels sont très significatifs Le 75ème anniversaire du débarquement

A l’occasion du 75ème anniversaire du débarquement, le rôle fondamental de la Résistance (...)

Article mis en ligne le 8 juin 2019
Rubrique : Orange (84)

Une date symbolique

Le 7 juin 2019 le Maire d’Orange (le mari de la maire de Bollène responsable de la Ligue du Sud) Jacques Bompart a inaugureé un rond-point Lieutenant-Colonel Charles-Gilbert de la Chapelle ce putschiste, qui à la tête du 1er Régiment de Cavalerie avait tenté ce coup d’état (...)

Article mis en ligne le 8 juin 2019
Rubrique : Bollène (84)

Une inauguration soulevant polémique

Article du Dauphiné Libéré

La manifestation contre la débaptisation de la « rue du 19 mars 1962 » quelques semaines plus tôt n’aura rien changé. En effet, malgré l’appel de l’ANACR, la FNACA et de l’ARAC, la municipalité a inauguré ce samedi 11 mai l’artère (...)

Article mis en ligne le 19 septembre 2019
dernière modification le 1er octobre 2019
Rubrique : Editos

Mes réactions

Le thème de cette journée d’étude à l’Assemblée Nationale est : Les disparus de la Guerre d’Algérie du fait des forces françaises : Vérité et Justice ?

Cette journée est organisée par l’Association Maurice Audin et l’Association Histoire Coloniale et Postcoloniale avec le soutien de la CNCDH (...)

Article mis en ligne le 1er octobre 2019
dernière modification le 14 octobre 2019
Rubrique : Editos

Lettre à Monsieur Emmanuel MACRON - Président de la République,

Monsieur le Président

Lors de l’hommage que vous avez rendu à Jacques Chirac à la télévision le 26 septembre vous avez déclaré : « Une France qui regarde son Histoire en face et dont il sut reconnaître, lors du discours du Vel d’Hiv, les (...)

Article mis en ligne le 14 octobre 2019
dernière modification le 13 novembre 2019
Rubrique : 17 Octobre 1961

Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre-feu discriminatoire qui leur avait été imposé par le gouvernement de l’époque dont le Premier ministre, Michel Debré, était hostile à l’indépendance de l’Algérie, et le Préfet de Police Maurice (...)

Article mis en ligne le 24 octobre 2019
Rubrique : Honte à ces Elus locaux

Une honte : Honorer un tel tortionnaire, un tel criminel...
La rue Marcel-Bigeard a été inaugurée samedi 18 octobre 2019, en matinée, en présence du maire de Dreux, Gérard Hamel, d’élus municipaux et d’environ 200 paras venus saluer "un grand bonhomme".

Article de "L’Echo républicain" du 19 octobre 2019 de Olivier Bohin

200 paras pour inaugurer la rue Marcel Bigeard à Dreux

De gauche à droite : Gérard Palais, président de la section des paras de Dreux ; Patrice Caille, président de l’Union nationale des parachutistes ; Fabienne Romezin, adjointe au maire et Gérard Hamel, maire de Dreux

La rue Marcel-Bigeard a (...)

Article mis en ligne le 13 novembre 2019
dernière modification le 21 décembre 2019
Rubrique : Editos

Etymologiquement, ces 2 expressions sont différentes :

Le racisme anti-musulman, est l’une des formes de racisme qui discrimine, met en cause des individus supposés être musulmans.

L’islamophobie c’est la peur de l’islam. Mais, même la définition du Larousse a évolué, en tenant compte de l’usage et (...)

Article mis en ligne le 21 décembre 2019
dernière modification le 9 janvier 2020
Rubrique : Editos

Record de "démissions" au gouvernement.

Jamais depuis depuis 1958 et cette "nouvelle" constitution, en 2 ans seulement, aucun gouvernement n’avait connu autant (12) de "démissions" de ministres, secrétaires d’état.... presque tous pour des questions d’éthique : conflits d’intérêts privés et leur (...)

Article mis en ligne le 9 janvier 2020
dernière modification le 22 mars 2020
Rubrique : Editos

Monsieur le Président.

Aujourd’hui, je ne peux, physiquement manifester à Paris (avec l’âge, je souffre actuellement d’arthrose au genou et ne peux donc défiler), j’y serai par la pensée.

En effet, je ne peux que me souvenir des combats de mon père, des miens...

Mon père ce poilu gazé, blessé lors de (...)

Article mis en ligne le 22 mars 2020
dernière modification le 26 janvier 2021
Rubrique : Editos

Certes, ce virus, jusqu’alors inconnu, inquiète : pas de réel traitement pour lutter convenablement contre lui, un développement important. Les décès concernent majoritairement des personnes âgées, vulnérables, souvent déjà atteintes de pathologies lourdes...

Mais, cette péripétie met en lumière toute la (...)

Marc GARANGER
Article mis en ligne le 5 mai 2020
Rubrique : Personalités marquantes

Le photographe Marc Garanger, très connu pour ses portraits de femmes algériennes prises pendant la guerre d’Algérie est décédé le 27 avril 2020 à Lamblore (Eure-et-Loir) dans sa 85ème année.

Ses portraits de femmes algériennes, il les réalise pendant la guerre d’Algérie, entre mars 1960 et février 1962. (...)

Article mis en ligne le 26 janvier 2021
dernière modification le 14 février 2021
Rubrique : Editos

Lettre à Emmanuel Macron - Président de la République

26 Janvier 2021

Monsieur Emmanuel MACRON

Objet : « Un Complément au Rapport de Benjamin STORA »

Monsieur le Président

Lors de l’hommage que vous avez rendu à Jacques CHIRAC à la télévision le 26 septembre 2019, vous aviez déclaré : « Une France qui regarde son Histoire en face et dont il sut (...)

Article mis en ligne le 14 février 2021
dernière modification le 24 février 2021
Rubrique : Editos

Trappiste depuis 54 ans, je ne puis me taire face à la polémique lancée par ce professeur de philosophie de Trappes. Il n’est pas acceptable qu’un homme soit menacé de mort (et dans le cas de PATY assassiné) pour ces idées, même si elles sont dangereuses pour une cohabitation apaisée.

D’abord une (...)

Article mis en ligne le 24 février 2021
dernière modification le 3 mars 2021
Rubrique : Autour du Rapport B. STORA

1. La reconnaissance de la responsabilité unilatérale de la France coloniale en Algérie.

La France est aujourd’hui à la croisée des chemins avec la question de savoir si elle sera capable de passer un pallier dans la gestion apaisée de ses démons mémoriels en particulier celui avec l’Algérie qui fut une (...)

Article mis en ligne le 3 mars 2021
dernière modification le 2 juin 2021
Rubrique : Editos

Vous venez de faire un nouveau petit pas, MAIS c’est très important, il en reste encore beaucoup. Vous venez de reconnaitre, au nom de la France, que Ali Boumendjel avait été torturé et assassiné par l’Armée Française. Et ce qui est très important c’est que vous ayez fait cette déclaration en recevant 4 (...)

Article mis en ligne le 8 mars 2021
Rubrique : Autour du Rapport B. STORA

Article de El Watan : Nadia Saou du 07 mars 2021

Alors même que le rapport vient de paraître en librairie, son statut demeure incertain : rapport politique ou rapport d’expert, ou encore d’historien ?

Benjamin Sora s’est défendu d’être le « fonctionnaire de l’Elysée » (ou le « conseiller » comme l’écrit Olivier Le Cour Grandmaison) et se revendique comme (...)

26 mars et respect des valeurs de la République
Article mis en ligne le 21 avril 2021
Rubrique : Le 26 Mars 1962 à Alger

Lettre ouverte à Mr le Président de la République
21 Avril 2021

Monsieur le Président

Le 26 mars 2021, 2 événements graves, hautement symboliques, se sont déroulés, mettant en cause les valeurs de la République. Vous avez beaucoup communiqué sur la nécessité de respecter les valeurs de la République et même, vous avez trouvé indispensable de faire voter une loi inique dite contre le « séparatisme ».

Rappel, le 26 mars 1962, une semaine après la mise en place du cessez-le-feu en Algérie, une manifestation initiée par l’OAS était organisée à Alger dans le quartier européen de l’époque (Rue d’Isly en particulier) pour contester ce cessez-le-feu. Un commando de l’OAS installé sur les toits a tiré sur les (...)

Article mis en ligne le 2 juin 2021
Rubrique : L’OAS

60e anniversaire de l’assassinat de Roger Gavoury : Le premier fonctionnaire français tué par l’OAS

Article paru dans El Watan du 31 mai 2021

Immeuble 4, rue du docteur Trolard à Alger. Vue extérieure du studio n° 515 (côté impasse du docteur Trolard) occupé par une voisine de M. Roger Gavoury, (...)

Article mis en ligne le 5 juin 2021
Rubrique : Colonialisme

Monsieur le Président de la République
Palais de l’Élysée
Paris le 3 juin 2021

Objet : Création d’un musée national de l’histoire du colonialisme

Monsieur le Président,

L’histoire coloniale de la France constitue un enjeu actuel important.

En 1931, s’est tenue à Paris l’Exposition coloniale qui, par son ampleur et son succès, a largement participé à la construction d’une (...)


31 mai 2021, 60ème anniversaire Commissaire Gavoury

60e anniversaire de l’assassinat de Roger Gavoury : Le premier fonctionnaire français tué par l’OAS

Article paru dans El Watan du 31 mai 2021

Immeuble 4, rue du docteur Trolard à Alger. Vue extérieure du studio n° 515 (côté impasse du docteur Trolard) occupé par une voisine de M. Roger Gavoury, commissaire central adjoint, locataire de l’appartement n° 513, après l’explosion, survenue le 14 avril 1961 [l’attentat, revendiqué par l’OAS, a été commis à l’aide d’une charge de plastic déposée devant la porte du logement faisant face à celui du commissaire Gavoury, dévastant les deux appartements].

Je vous le rappelle au nom du droit des morts à la parole et à la mémoire : l’OAS m’a tué !
C’était il y a soixante ans jour pour jour.
C’était surtout quarante jours après le putsch d’Alger : Alger, où j’avais la charge du maintien de l’ordre et de la sécurité publique.
Sur le moment, les autorités civiles, militaires et judiciaires ont fait les choses en grand :
– j’ai bénéficié d’une cérémonie d’obsèques solennelle en l’Ecole de police d’Hussein Dey ;
– on a déposé sur mon cercueil, outre la croix de la Valeur militaire avec étoile d’argent qui m’avait été attribuée à la date du 21 avril 1961 (!), la médaille de chevalier de la Légion d’honneur et la médaille d’honneur de la police, décernées ces dernières à titre posthume ;
– j’ai été cité à l’ordre de la nation ;
– on m’a promu contrôleur général de la Sûreté nationale ;
– une fois ma dépouille transférée en métropole, le ministre de l’Intérieur, Roger Frey, s’est rendu sur le lieu de ma sépulture et a assisté à mon inhumation ;
– les participants à mon assassinat ont été identifiés, recherchés, interpellés, traduits en justice et, pour trois d’entre eux, condamnés à mort et exécutés ;
– mon nom est inscrit sur une stèle présente depuis juin 2005 dans l’enceinte de l’institution qui forme les commissaires de police à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or ;
– il est également gravé sur deux monuments aux morts, car mon acte de décès a été revêtu en novembre 1961 d’une mention marginale : « Mort pour la France ».
Nombre de mes collègues, de hauts fonctionnaires, de journalistes, d’historiens m’ont consacré quelques pages de leurs ouvrages, contribuant ainsi à l’entretien de mon souvenir, au détriment cependant de la considération due à tant d’autres policiers de tous grades et membres des forces de l’ordre abattus par l’OAS et soumis à la loi de l’oubli.
Le sort particulier qui m’a été réservé, je le dois à la date de mon assassinat davantage qu’à l’émotion suscitée par les circonstances dans lesquelles il a été commis.
J’ai en effet été la première victime causée par cette organisation dans les rangs de la fonction publique de l’Etat.
Mais que reste-t-il aujourd’hui de tout cela ?
Je laisse au plus jeune de mes fils, devenu orphelin de guerre à l’âge de onze ans, le soin de vous l’exposer, investi qu’il est depuis une quinzaine d’années dans la défense, contre vents mauvais et marées brunes, de la mémoire de l’ensemble des victimes de l’OAS.
Roger Gavoury

Il y a soixante ans, jour pour jour, deux des membres du « quarteron de généraux en retraite », Maurice Challe et André Zeller, étaient condamnés par le Haut Tribunal militaire à quinze ans de détention criminelle pour s’être rendus « coupables l’un et l’autre d’avoir, en avril 1961, et notamment les 21 avril et jours suivants, en tout cas depuis temps non prescrit, sciemment dirigé et organisé un mouvement insurrectionnel ».
Il y a soixante ans, jour pour jour, l’OAS assassinait à coups de poignard de parachutiste le commissaire central d’Alger, Roger Gavoury, faisant de mon père le premier fonctionnaire de l’Etat tué par cette organisation. Celle-ci s’était signalée quatre mois auparavant en poignardant dans le dos un avocat libéral algérois, Me Pierre Popie : c’était le 25 janvier 1961, quelques jours avant l’acte de naissance officiel de ce groupe armé qui ne tardera pas à s’ériger en authentique partie belligérante dans le cadre de ce conflit entre la France et sa colonie algérienne.
Dans les quarante-huit heures suivant la mort de mon père, Le Monde écrira : « Commissaire central à Casablanca et, après l’indépendance marocaine, principal conseiller français du gouvernement chérifien pour les questions concernant la police, M. Roger Gavoury avait pu attirer sur lui, au Maroc ou à Paris, la haine d’éléments extrémistes. »
En poste au Maroc d’août 1955 à février 1959, il aura connu, en effet, le changement de statut de ce pays et en aura techniquement assisté les responsables pour ce qui concerne l’organisation de la direction générale de la sûreté nationale (fondée le 16 mai 1956 et confiée à M. Mohammed Laghzaoui) ainsi et surtout que pour la mise en place de la relève des fonctionnaires de police français (3822 au 2 mars 1956) par des personnels marocains (1774 à la même date).
Mais il ne connaîtra pas l’indépendance de l’Algérie, alors même qu’en prenant ses fonctions de commissaire central le 23 mai 1961, il s’était adressé à ses collaborateurs en ces termes : « L’horizon commence à blanchir et bientôt, je l’espère, luira sur l’Algérie l’aube de la paix. Je voudrais, de toute mon âme, être le Central de la pacification, la vraie cette fois, celle des esprits. Je rêve d’une Alger où les hommes s’entr’aiment enfin, sans plus être séparés par des races, des religions ou des mers. »
Survivant à une blessure contractée lors d’une opération de maintien de l’ordre au Maroc grâce à l’un de ses collaborateurs secouriste, payant de sa personne en se portant constamment aux endroits où la violence des manifestations algéroises de décembre 1960 prenait la forme la plus dangereuse, afin de limiter les heurts entre les communautés, visé par un attentat au plastic commis dans son studio le 14 avril 1961, mon père se croyait protégé par le sort. Mais la baraka ne vaut pas assurance contre la mort.
Privé dès l’enfance du droit à la vie ou à la vue, privé d’un bras, d’une jambe ou du membre le plus proche de leur famille, tel a été le sort des victimes de la guerre d’Algérie. Respectueux de leur devoir filial de mémoire, les descendants de victimes civiles et militaires de l’OAS ont dû assister, impuissants, à l’absence de devoir de mémoire de l’Etat et se résoudre à se passer de la reconnaissance officielle par la Nation de leur souffrance si singulière.
C’est en vain que j’ai attendu, quatre longues semaines durant, l’annonce par le président de la République d’un geste à l’occasion du 60e anniversaire de l’assassinat de mon père : cf. infra le texte de la correspondance dont je l’ai rendu destinataire le 1er mai (extraits).
Pour l’honneur retrouvé de l’Etat face aux nostalgiques du putsch d’Alger.
Dans le cadre d’une cérémonie associative encadrée par des partisans du putsch des généraux et d’anciens jusqu’au-boutistes de l’Algérie française, Madame la ministre Geneviève Darrieussecq a déposé en votre nom, le vendredi 26 mars, une gerbe de fleurs devant le Mémorial national des
« Morts pour la France » en AFN, quai Branly à Paris.
Dans le prolongement immédiat de ce geste en leur direction, un ancien officier de gendarmerie ayant appartenu au « SO » du Front national et un général radié des cadres de l’armée à titre disciplinaire par décret du 23 août 2016 se sont attelés à la rédaction d’un pronunciamiento, puis à la recherche de soutiens y compris parmi les militaires d’active, et ils ont fait publier leur texte dans un hebdomadaire le jour même du 60e anniversaire du putsch d’Alger le 21 avril 1961.
Dans l’exercice de ses fonctions à la tête des services de maintien de l’ordre républicain dans le Grand Alger, mon père, Roger Gavoury, commissaire central adjoint puis commissaire central, a dirigé la lutte contre l’OAS, dont il a été la première victime dans les rangs de l’Etat, le 31 mai 1961 : il a été cité à l’ordre de la Nation et la mention « Mort pour la France » a été apposée sur son acte de décès. Trois des dix participants à son assassinat ont été condamnés à mort et exécutés.
Il me paraît y avoir lieu de lever toute ambiguïté sur le sens à donner à votre contribution à la commémoration de la manifestation algéroise du 26 mars 1962 intervenue sur appel de l’OAS à l’insurrection ; il importe également d’exprimer votre désapprobation à l’égard de ceux qui, aujourd’hui, déshonorent la République en rompant ce pacte de neutralité et de loyauté auquel ils sont légalement tenus.
C’est dans cette double perspective que je vous propose de bien vouloir vous recueillir avec moi, le 31 mai, devant la première stèle érigée par une collectivité publique « En hommage à toutes les victimes de l’oas en Algérie et en France, civils, militaires, élus, magistrats, fonctionnaires, défenseurs des institutions et des valeurs de la République » : Elle a été dévoilée le 6 octobre 2011, au cimetière du Père-Lachaise, par M. Bertrand Delanoë, alors maire de la capitale.
Rien n’est venu, alors même que sa présence en ce lieu et à cette date aurait pu consacrer sa conception conciliatrice des mémoires de la guerre d’Algérie en en élargissant le champ.
La proposition que je m’étais permis de lui soumettre ne tendait pas à obtenir un geste compensatoire ou de réparation de l’erreur ayant consisté à honorer le souvenir d’alliés objectifs de l’OAS sans s’être soucié au préalable des quelque 2700 victimes de cette partie belligérante dans le conflit entre la France et l’Algérie.
Il s’agissait, en effet, d’une demande positive, visant à ce que soit posé un acte ayant valeur de symbole d’un sursaut mémoriel au bénéfice des serviteurs loyaux des institutions de la République à l’époque où celle-ci vacillait.
Bien entendu, l’intervention entendait également montrer à Monsieur Emmanuel Macron l’état de vigilance et le niveau d’exigence des familles de victimes de l’OAS au regard du respect du principe de pluralité dans la gestion de la politique publique de mémoire concernant la guerre d’Algérie.
Que M. Benjamin Stora reçoive ici l’expression de ma vive gratitude, puisqu’il était disposé à prendre part à cet hommage aux côtés du chef de l’État et de représentants de deux associations de victimes.

Par Jean-François Gavoury , Sur procuration paternelle

Commentaires des visiteurs du site

0 | 5 | 10 | 15

L’ambassadeur de France à Alger : l’unijambiste !!!
Merci pour le travail que vous effectuez sur ce lourd dossier qu’est la colonisation de (...)

Utilisation du Gaz sarin pendant la Guerre d’Algérie
Votre témoignage d’enfant est corroboré par Roger Clair, caporal français de la 27eme division (...)

Camp de Is-sur-Tille (Côte d’Or)
Bonjour Bernard, Je me permets de répondre à ton message, Je suis moi même fils de harkis et je (...)

Lieutenant-Colonel JEANPIERRE
En plus du compte-rendu de mes recherches en Suisse, datant de 2012, l’on pourrait citer une (...)

Lieutenant-Colonel JEANPIERRE
C’est un criminel de guerre. Il est malsain de faire l’éloge d’un criminel.Le colonialisme français (...)



puce

RSS

2002-2021 © Henri POUILLOT - Tous droits réservés
Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.79.26