Henri POUILLOT
Guerre d’Algérie, Colonialisme...
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Appel des 171 : Nous demandons la vérité sur l’assassinat de Maurice Audin

Le 11 juin 1957, Maurice Audin, jeune professeur de mathématiques à Alger et membre du parti communiste algérien, est arrêté par les parachutistes commandés par le général Massu chargé par les autorités françaises du maintien de l’ordre dans la ville. Emprisonné et torturé, il n’est jamais réapparu. Quand, (...)

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Hamed, Sale fils de Français
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Ce livre fut édité par les "Editions du Menhir" en 2014. La 4ème de couverture

Ce livre, j’ai voulu l’écrire à partir d’une série de rencontres qui m’ont perturbé.

Témoin de la Guerre d’Algérie, je me suis déjà beaucoup exprimé publiquement pour dire l’horreur que j’y ai vécue et les traumatismes (...)

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La "disparition" de Maurice Audin ? Un jugement qui interroge
-

Contexte : Je rappelle le contexte dans lequel je suis intervenu publiquement, es-qualité de Président de l’ARAC des Yvelines : c’est après le communiqué important du 18 juin du Président de la République, que je rappelle ici. "Communiqué de l’Élysée du 18 Juin 2014 Aujourd’hui est remis le Prix AUDIN (...)

Ce site personnel doit être aussi le vôtre, il est conçu pour servir de références, de documentations...
Votre avis m’intéresse. N’hésitez donc pas à m’interpeller.

Né en 1938 en Sologne (Loiret) - Ingénieur Retraité
Appelé, pendant la Guerre d’Algérie
Affecté de juin 1961 à mars 1962 à la Villa Susini à Alger
Témoin de la Torture - Auteur de 2 livres témoignages sur cette période.
Auteur d’un livre fiction "Hamed, Sale fils de Français", parti d’un fait concret, dramatique.
Militant des droits de l’homme, antiraciste et anticolonialiste.

Mes témoignages / mon combat / mes actions / mes espoirs


- Un témoignage sur la torture pendant la Guerre d’Algérie

- Apporter ma contribution au travail de mémoire nécessaire sur une triste période de notre histoire et ses conséquences encore aujourd’hui.

- Participer au débat d’idées permettant le développement des actions nécessaires pour condamner la pratique de la torture, le colonialisme, les crimes contre l’humanité...

- Dénoncer le révisionnisme colonial aujourd’hui autour de la Guerre d’Algérie, la résurgence des idées selon lesquelles le colonialisme aurait pu être positif et de l’activisme de l’OAS soutenu par la connivence d’une partie de la droite à ces thèses extrémistes et xénophobes. en particulier la mise en cause des valeurs républicaines de la France à l’occasion des "honneurs" rendus aux activistes de l’OAS.
- Fédérer les actions pouvant aller dans ce sens.

La Villa SUSINI, un lieu Symbolique, d’un lourd passé

C’est dans cette Villa, à Alger, que je me suis retrouvé à effectuer la fin de mon service militaire, pendant la Guerre d’Algérie, de juin 1961 à mars 1962.
Ce lieu fut utilisé, pendant les 8 années de cette guerre, sans interruption, comme centre de torture.

La Villa Susini à Alger

Ces photos ont été prises au même endroit... dans le parc de la Villa Susini d’Alger, la première en 1961, la seconde en décembre 2001. Entre ces 40 années d’écart, l’homme a changé, les arbres ont poussé, mais la vue sur le port d’Alger est toujours aussi belle.

Des Espoirs


- Un traité d’amitié entre les peuples Algérien et Français sur des bases claires et réciproques du respect des droits de l’homme comme fil rouge.
- Une place retrouvée pour que la France puisse de nouveau revendiquer de porter le drapeau du pays des droits de l’homme.
















Article mis en ligne le 12 juin 2017
Rubrique : L’Algérie, le colonialisme, les perspectives politiques

Brahim Senouci (fils et petit-fils de chahid) a adressé 2 lettres ouvertes : l’une au Président algérien, l’autre au Président Français

Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République Algérienne Démocratique et Populaire

Monsieur le Président,

Permettez-moi de me faire le porte-parole de près de trente-mille personnes auprès de vous. Ce sont les signataires d’une pétition, que j’ai initiée le 18 mai 2016. Cette pétition (...)

Article mis en ligne le 27 juin 2017
Rubrique : L’Algérie, le colonialisme, les perspectives politiques

La famille Larribère a rendu publique la lettre ouverte suivante
Article du journal "Le Matin" du 26 Juin 2017

Nous venons d’apprendre avec consternation, grâce à l’alerte lancée par l’Association Féministe pour l’Épanouissement de la personne et l’exercice de la citoyenneté (AFEPEC) d’Oran, que la clinique "Larribère" a été débaptisée. Nous ne pouvons imaginer que c’est un acte conscient. Cela ne peut qu’être l’œuvre de personnes ignorantes de son histoire et de la signification du nom qu’elle porte.

Il fut un temps, pas très lointain, où les Oranais connaissaient les actes héroïques de la famille Larribère pendant la guerre de libération nationale. L’engagement des Larribère contre le colonialisme, pour l’indépendance nationale et pour la justice sociale remonte à plusieurs générations. Les époux (...)

La France à la recherche d’une aide pour sortir du bourbier sahélien
Article mis en ligne le 27 juin 2017
dernière modification le 15 juin 2017
Rubrique : L’Algérie, le colonialisme, les perspectives politiques

Article de El Watan du 14 juin 2017 par Salima Tlemçani

Le Conseil de sécurité de l’Onu a rejeté, dans la soirée de lundi dernier, le projet de résolution présenté par la France autorisant le déploiement d’une force militaire régionale au Sahel chargée de lutter contre le terrorisme.

Même s’ils soutiennent l’idée, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne refusent que cette opération soit financée par l’ONU et estiment qu’elle peut être fonctionnelle sans son approbation. Les Américains estiment, selon Associated Press (repris par l’APS), avoir été « trop généreux » avec le G5-Sahel (...)

Article mis en ligne le 28 juin 2017
dernière modification le 2 juillet 2017
Rubrique : Colonialisme

Dans la magnifique cathédrale trône le colossal cénotaphe du Général de Lamoricière

et

en bordure de la Loire, un magnifique mémorial relatif à l’abolition de l’esclavage

Le Général de Lamoricière

Une figure emblématique de la "conquête" de l’Algérie

Louis Juchault de Lamoricière, officier et homme politique français, est né le 5 février 1806 à Nantes et est mort le 11 septembre 1865 à Prouzel (Somme). Promu général de division en 1843, au cours des campagnes coloniales (...)

Inauguration (6 juillet 2017) de la plaque commémorative
Article mis en ligne le 9 juillet 2017
dernière modification le 13 juillet 2017
Rubrique : Guerre d’Algérie


Photo de la Manifestation du 13 juillet 1953 qui a été réprimée

Discours de Catherine Vieu-Charier,

Adjointe à la Maire de Paris chargée de la Mémoire et du Monde Combattant et Correspondant Défense

Monsieur le Sénateur de Paris, cher Pierre LAURENT,

Madame la Maire du 12e arrondissement de Paris, chère Catherine BARATTI-ELBAZ,

Monsieur le représentant de (...)

Article mis en ligne le 6 septembre 2017
dernière modification le 24 octobre 2017
Rubrique : Disparition de Maurice Audin

Gérard Tronel et François Nadiras ont tiré leur révérence à quelques jours d’intervalle.

Tous deux ont beaucoup milité pour que les crimes commis au nom de la France, en particulier pendant la Guerre de Libération de l’Algérie, soient reconnus comme tels et condamnés, que la vérité soit connue, (...)

Article mis en ligne le 26 septembre 2017
Rubrique : Guerre d’Algérie

En France de multiples initiatives se sont déroulées dans cette période, pour sensibiliser l’opinion publique, et dans le contexte international actuel c’est une très bonne chose.

Mais la France devrait faire un geste fort pour être crédible. Dans les années 1960, elle a réalisé des essais nucléaires, (...)

Article mis en ligne le 8 octobre 2017
dernière modification le 10 octobre 2017
Rubrique : 17 Octobre 1961

Monsieur le Président

Le 15 février 2017, à la chaîne privée Echorouk News , en Algérie, vous déclariez : "La colonisation fait partie de l’histoire française, c’est un crime contre l’humanité, une vraie barbarie…."

Le 5 mai, devant la rédaction de Mediapart, vous avez déclaré : "De fait, je prendrai des actes forts sur cette période de notre histoire…" Nous pensons donc, qu’à l’occasion de ce 56ème anniversaire du crime d’état commis en plein Paris, vous pourriez (devriez ?) ainsi concrétiser cet engagement.

Nous sollicitons de votre bienveillance une audience pour connaitre votre position précise à ce sujet, afin de pouvoir en rendre compte lors du rassemblement prévu le 17 octobre 2017 au Pont Saint Michel à Paris.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre haute considération.

Pour le "Collectif du 17 octobre 1961" :
Olivier Le Cour Grandmaison (17 Octobre contre l’Oubli), Samia Messaoudi, Mehdi Lallaoui (Au nom de la Mémoire), M’Hamed Kaki (Les Oranges), Gilles Manceron (Historien, LDH – Ligue des Droits de l’Homme), Renée Le Mignot (MRAP – Mouvement Contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples),Henri Pouillot (Sortir du Colonialisme)

17 octobre 1961 - 17 octobre 2017 56ème Anniversaire - Vérité et Justice

Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre-feu discriminatoire qui leur avait été imposé par Maurice Papon, préfet de police de Paris et le Gouvernement de (...)

Au nom du MRAP et de l’ARAC
Article mis en ligne le 17 octobre 2017
Rubrique : 17 Octobre 1961

Je ne répèterai donc pas ce qu’ont dit les prédécesseurs sur ce terrible massacre du 17 octobre 1961, malheureusement bien connu maintenant, mais toujours pas reconnu pour ce qu’il est : sans doute le plus grand crime d’état commis en France, en plein Paris, avec ces centaines de victimes.

Il faut (...)

Article mis en ligne le 24 octobre 2017
dernière modification le 3 décembre 2017
Rubrique : Editos

Je rappelle la lettre envoyée par le "Collectif du 17 octobre 61" au Président de la République

Objet : Reconnaissance du crime d’Etat

Monsieur le Président

Le 15 février 2017, à la chaîne privée Echorouk News , en Algérie, vous déclariez : "La colonisation fait partie de l’histoire française, c’est un (...)

Article mis en ligne le 15 novembre 2017
dernière modification le 19 juin 2018
Rubrique : Disparition de Maurice Audin

Très impliqué, moralement, psychologiquement, (compte tenu de mon passé comme appelé affecté de juin 1961 à mars 1962 à la Ville Susini) sur les questions des pratiques de la torture dans cette période là, la question de la "disparition" de Maurice Audin reste pour moi un sujet de préoccupation prioritaire.
Militant avec plusieurs responsabilités, j’avais "profité" de la venue à Versailles du Général Pierre de Villiers (alors chef d’état major des armées), parce que j’y étais invité es-qualité de Président départemental de l’ARAC, pour lui remettre une lettre ouverte, en main propre. Le Général Schmitt m’a intenté un procès en diffamation pour y avoir écrit : "La hiérarchie militaire dispose de tous les moyens d’établir la liste des militaires encore vivants qui ont été des témoins directs de cet assassinat et de recouper les divers éléments, témoignages de ce puzzle pour qu’enfin la vérité soit connue. Le Général Maurice Schmitt (qui occupa les mêmes fonctions que vous actuellement, il y a quelques années) était capitaine à l’époque des faits, dans les fonctions d’officier de renseignements. Il rencontrait donc quotidiennement au QG de l’Etat Major d’Alger tous les autres officiers de renseignements du secteur ? Ils se retrouvaient pour faire le point sur leurs "résultats". Le cas de Maurice Audin (comme celui de Henri Aleg) a donc été obligatoirement commenté très largement étant donné l’importance de tels "détenus".

Le procès en première instance s’est déroulé à Marseille le 22 septembre 2015 et a fait droit à ses demandes et m’a condamné pour diffamation. La Cour d’Appel à Aix en Provence a confirmé cette condamnation le 14 mai 2016, (région où réside le Général et où il y est considéré comme une haute personnalité). En juin 2017, mon pourvoi en Cassation a été rejeté. J’ai l’immense sentiment d’avoir été victime d’une profonde injustice, alors que mon seul souci est de faire avancer la nécessaire vérité sur la "disparition" de Maurice Audin. J’ai la très nette impression de ne pas avoir été écouté, que les éléments que j’ai évoqués pour étayer ma bonne foi dans ce dossier n’ont pas été entendus.

En conclusions, ces procédures me coûtent un peu plus de 12.000 € (frais de déplacements, huissiers, avocats adverses, frais de procédure, condamnation...), et encore, mon avocat, militant, a plaidé gracieusement, et avec les intérêts correspondants aux prêts de type révolving que j’ai dû contracter pour m’acquitter de ces frais, cela fera environ 15.000€ (près de 8 mois de retraite).

Alors je livre ces éléments évoqués à votre réflexion, et je remercie à l’avance, bien évidemment tous ceux, toutes celles, qui pourront m’aider, selon leur sensibilité à poursuivre ce combat, ce combat auquel je tiens tant :
a. La reconnaissance par la France de l’institutionnalisation officielle de la pratique de la torture et donc de sa nécessaire condamnation
b. La vérité sur la "disparition" de Maurice Audin
Je compte bien le poursuivre avec d’autant plus de conviction, surtout que 3 militants acharnés eux aussi pour mener, ces combats, viennent de nous quitter récemment : Roland Rappaport (avocat de la Famille Audin depuis 60 ans), François Nadiras (Président de la LDH de Toulon) et Gérard Tronel (Président du Comité Audin)

Contexte :

Je rappelle le contexte dans lequel je suis intervenu publiquement, es-qualité de Président de l’ARAC des Yvelines : c’est après le communiqué important du 18 juin du Président de la République, que je rappelle ici.

"Communiqué de l’Élysée du 18 Juin 2014

Aujourd’hui est remis le Prix AUDIN (...)

Article mis en ligne le 3 décembre 2017
dernière modification le 27 janvier 2018
Rubrique : Editos

Selon la presse algérienne, unanime, Emmanuel Macron est attendu de pied ferme en Algérie le 6 décembre 2017, et tout spécialement sur les questions de mémoire.

Le président Emmanuel Macron confirmera-t-il la position qu’il avait adoptée quand il était en campagne pour la présidentielle française ? (...)

Article mis en ligne le 21 décembre 2017
Rubrique : Torture - Viols

Article de Julia Hamlaoui du Jeudi 21 Décembre 2017 dans l’Humanité

L’ancien appelé d’Algérie, qui avait déserté en 1956 et s’était engagé pour la reconnaissance de la torture, est décédé à l’âge de 83 ans.

Noël Favrelière a rédigé un récit autobiographique, le Désert à l’aube, publié en 1960& aussitôt saisi et censuré. Michel Gangne/AFP

Jeune rappelé dans un régiment parachutiste durant la guerre d’Algérie, il avait été condamné à mort par deux fois pour avoir refusé de participer aux barbaries en cours. (...)

Article mis en ligne le 27 janvier 2018
dernière modification le 18 avril 2018
Rubrique : Disparition de Maurice Audin

Le 18 juin 2014, le Président de la République François Hollande, dans un communiqué déclarait : "Mais les documents et les témoignages dont nous disposons aujourd’hui sont suffisamment nombreux et concordants pour infirmer la thèse de l’évasion qui avait été avancée à l’époque. M. AUDIN ne s’est pas (...)

Article mis en ligne le 1er mars 2018
Rubrique : L’OAS

Article de El-Watan du 01/03/2018 par Tegguer Kaddour

Le wali d’Oran, Mouloud Cherifi, a présidé, hier, une cérémonie de commémoration du 56e anniversaire du carnage commis par la sinistre organisation criminelle, l’organisation armée secrète (OAS), le 28 février 1962, au quartier populaire de Mdina Jdida

Moudjahidine, enfants de chouhada et responsables locaux se sont recueillis devant la stèle érigée sur les lieux du drame à la place Tahtaha, déposant des gerbes de fleurs et récitant la « Fatiha », à la mémoire des victimes de cet abominable acte criminel.

L’attentat a été commis le mercredi 28 février (...)

Article mis en ligne le 18 avril 2018
dernière modification le 13 août 2018
Rubrique : Editos

Lettre ouverte envoyée au Président de la République le 17 avril 2018

Objet : Quelle honte ces « frappes » en Syrie

Monsieur le Président

Témoin de la Guerre de Libération de l’Algérie, comme appelé (de juin 1961 à mars 1962), affecté à la Villa Susini, j’ai eu l’occasion de constater de très nombreuses exactions commises dans cette période par l’Armée Française (en (...)

Mon intervention Place Maurice Audin à Paris
Article mis en ligne le 12 juin 2018
dernière modification le 13 août 2018
Rubrique : Disparition de Maurice Audin

Le 11 juin 1957, il y a 61 ans Maurice Audin était arrêté chez lui par un commando de Parachutistes et il ne réapparaitra jamais.

L’an dernier, le samedi 10 juin 2017, nous étions déjà là, sur cette place, et nous avions espéré avoir une réponse à la lettre ouverte (que j’avais coordonnée au nom du MRAP (...)

Commémoration du 5 juillet 2018 au Passage d’Agen
Article mis en ligne le 8 juillet 2018
Rubrique : Le Passage d’Agen (47)

Reportage de la Dépêche du Midi du 7 juillet 2018 :
" Une commémoration dans la dignité"

C’est ce jeudi 5 juillet que s’est tenue la commémoration du massacre du 5 juillet 1962 à Oran (Algérie) devant la stèle érigée par la municipalité passageoise à la mémoire des militaires et des civils tombés en Afrique du Nord, derrière l’ église St Joseph (Face à la mairie) du Passage d’ Agen.

Mme Rodier (...)

Article mis en ligne le 1er août 2018
Rubrique : Mali -

En novembre 2010, j’ai effectué un voyage au Mali, principalement au Pays Dogon, avec une association « Point Afrique », association participant à des actions humanitaires sur place (dans le prix de notre voyage une participation était inclue pour cela). Nous étions un groupe de 6 touristes, seulement, avec un guide local, ce qui nous a permis des contacts privilégiés avec la population locale, et des échanges formidables. Nous avons parcouru le Pays Dogon : un circuit de Mopty jusqu’au nord, limite du Sahel. Nous avons fait ce voyage dans un gros 4x4 et sur une pinasse, couchant sous tente ou sur un toit de maison. Des rumeurs évoquaient déjà le début des actions djihadistes et nous avons eu de nombreuses discussions à ce sujet. Un groupe de touristes a pu prendre notre suite, et plus aucun voyage touristique n’a été autorisé ensuite.

Pour comprendre la situation de cette région il faut prendre en considération 3 aspects

La situation politique et économique du Mali, très liées, pour lesquelles la France porte une terrible responsabilité

Le contexte social : la pauvreté, le dénuement, ...

L’influence possible des groupes (...)

Article mis en ligne le 13 août 2018
dernière modification le 21 septembre 2018
Rubrique : Editos

A l’exemple du Président des riches qui considère que le versement d’allocations aux personnes les plus démunies est un pognon de dingue, un député versaillais, Jean-Noél BARROT, rendait compte publiquement, le 2 juillet, de son mandat, un an après son élection. Dans l’annonce de cette réunion, il (...)

Article mis en ligne le 21 septembre 2018
Rubrique : Disparition de Maurice Audin

Monsieur le Président

Témoin de la Guerre de Libération de l’Algérie, comme appelé (de juin 1961 à mars 1962), affecté à la Villa Susini, j’ai eu l’occasion de constater de très nombreuses exactions commises dans cette période par l’Armée Française (en particulier la torture), des crimes contre l’Humanité, (...)


Lettre ouverte à Monsieur Macron : Maurice Audin : Bravo, et la suite ?

Monsieur le Président

Témoin de la Guerre de Libération de l’Algérie, comme appelé (de juin 1961 à mars 1962), affecté à la Villa Susini, j’ai eu l’occasion de constater de très nombreuses exactions commises dans cette période par l’Armée Française (en particulier la torture), des crimes contre l’Humanité, des crimes de guerre, des crimes d’état dont la France porte la terrible responsabilité.
En prenant connaissance de votre déclaration du 13 septembre dernier, relative à la reconnaissance de ce crime d’état commis à l’encontre de Maurice AUDIN, j’ai ressenti un très, très profond soulagement. ENFIN !!! Cela fait 56 ans que j’attendais que la France reconnaisse et condamne cette pratique de la torture qui avait été institutionalisée et dont j’avais constaté l’utilisation, cette horreur, dont j’ai gardé un traumatisme.

Depuis mon retour à la vie civile, le symbole de la lutte pour la vérité sur « L’Affaire Maurice AUDIN » était donc devenu pour moi une exigence absolue, et depuis près d’une vingtaine d’années l’un des objectifs prioritaires de mon combat de militant antiraciste, anticolonialiste, des droits de l’homme. Ce dur combat que je mène depuis si longtemps m’aura personnellement coûté près de 15.000 euros comme conséquence du procès que m’a intenté le Général Schmitt (voir] : ). ALORS, qu’une première étape soit enfin franchie est, pour moi, une satisfaction formidable, un sacré réconfort.

Votre déclaration à ce sujet m‘interpelle cependant sur plusieurs aspects :
-  Vous déclarez que « les circonstances de sa disparition demeurent floues » !!! Or, votre prédécesseur déclarait le 17 juin 2014 : « Mais les documents et les témoignages dont nous disposons aujourd’hui sont suffisamment nombreux et concordants pour infirmer la thèse de l’évasion qui avait été avancée à l’époque. M. Audin ne s’est pas évadé. Il est mort durant sa détention. » Que sont devenus ces documents et témoignages nombreux et concordants ? Quand pourront-ils être connus, consultés ?
-  Vous proposez « que toutes les archives de l’Etat qui concernent les disparus de la Guerre d’Algérie puissent être librement consultées ». Vous, ou vos services, ont eu accès à ce qu’il existe comme archives dans ce domaine et votre déclaration semble donc dire qu’elles sont vides. Mon expérience dans ce domaine, ayant consulté les archives concernant la période de mon passage à la Villa Susini, me fait penser, effectivement, que l’armée a généralement « oublié » de consigner, en particulier dans des cas semblables, ou « adapté » l’ampleur des faits. J’ai eu téléphoniquement le témoignage que le fichier des algériens « passés » à la Villa Susini, dont l’une de mes principales fonctions était justement de le gérer, a été jeté et brulé dans le jardin de cette villa le 20 mars 1962. Ce n’est très certainement pas la seule destruction d’archives de cette période, hélas, et laisser des espoirs de retrouver des archives significatives est vraiment illusoire.
-  Vous proposez que « les personnes qui ont pu connaître les circonstances de la mort de Maurice Audin sont appelées à s’exprimer librement afin d’apporter leur témoignage et conforter ainsi la vérité ». Mais, vous êtes chef des Armées, vous avez un Chef d’Etat Major des Armées pouvant identifier tous les militaires, en particulier ceux basés à Alger dans cette période de la « Bataille d’Alger » dont un assez grand nombre sont encore vivants et savent : ils pourraient, ils devraient témoigner, et tout particulièrement les officiers chargés du « renseignement » à cette époque.
-  Sur cette question de torture, d’élimination d’Algériens, pourquoi n’avez vous pas également rappelé que le Ministre Pierre Mesmer a envoyé les « meilleurs spécialistes de cette pratique » (Aussaresses et Trinquier...) en Amérique du Sud pour former les militaires de cette région à cette technique, comme le rapporte le témoignage recueilli par Marie-Monique Robin lors de son reportage « Les Escadrons de la Mort, l’Ecole Française » ? Cette responsabilité de l’Etat français devrait, elle aussi, être condamnée. C’est avec l’exportation de cette pratique des « Crevettes Bigeard » que 30.000 argentins ont péri (ceux pleurés par les « Folles de la Place de Mai ») !!
-  Le ministre Algérien Tayeb Zitouni, dans une interview au journal « El Watan » du 11 juin 2018 (61ème anniversaire de la disparition de Maurice Audin) déclarait au journaliste L. Hachemane lors de sa visite à Boumerdès « que 4 dossiers relatifs à la Guerre de Libération Nationale, concernant le rapatriement d’ossements, étaient en cours de négociation avec la partie française » citant à cette occasion pour la première fois le nom de Maurice Audin. Où en sont ces négociations ?

Le 5 mai 2017, à la rédaction de Médiapart, vous déclariez : « De fait, je prendrai des actes forts sur cette période de notre histoire ». Effectivement, 18 mois plus tard, vous venez de faire un geste très fort qui vous honore.

Mais, le 17 avril 2018, je vous adressais un courrier relatif aux frappes françaises en Syrie, suite à l’utilisation d’armes chimiques dans lequel je disais que j’étais scandalisé par votre décision d’avoir décidé de ces frappes pour 2 raisons :
-  Celle que la France (par votre décision) décide sans mandat de l’ONU une telle action, c’est « légitimer », demain, qu’un autre pays, en concertation ou non avec un autre état décide et s’arroge ainsi, lui aussi, d’en « punir » l’auteur, parce qu’il estime qu’un forfait a été commis.
-  Mais peut-être plus grave encore, c’est que la France se permette de donner des leçons de droits de l’homme dans ce domaine. En effet, vous semblez « oublier » que, pendant la Guerre de Libération de l’Algérie, le gaz (Vx et Sarin) a été utilisé (références des témoignages concrets publiés sur mon site personnel : ). L’Armée a aussi utilisé le napalm : entre 600 et 800 villages détruits. En novembre 2004, j’ai eu l’occasion de visiter les ruines du village de Zaatcha, près de Constantine, du moins ce qu’il en reste : c’était un village de 800 habitants (hommes, femmes, enfants… ) qui ont été brulés vivants. Il est possible de voir sur mon site : les images que j’en ai ramenées. C’est terrifiant, et le musée souvenir, ainsi constitué, en montre l’horreur. Ce sont donc 600 à 800 Oradour sur Glane dont la France porte la responsabilité.
Vous (par l’intermédiaire de votre chef de Cabinet) m’avez répondu le 28 juin, « que cette opération militaire avait été conduite en pleine légitimité internationale » version contestée par tous les juristes internationaux, mais rien sur le passé français.

La France a ainsi commis des crimes de Guerre, crimes contre l’humanité, crimes d’état... qu’elle n’a toujours pas reconnus, ni condamnés.

Pour concrétiser la conclusion de votre déclaration du 13 septembre 2018, vous dites : « L’approfondissement de ce travail de vérité doit ouvrir la voie à une meilleure compréhension de notre passé, à une plus grande lucidité sur les blessures de notre histoire, et à une volonté nouvelle de réconciliation des mémoires et des peuples français et algérien. »

Il serait important, justement, qu’il n’y ait pas une hiérarchie dans la reconnaissance des crimes commis, que tous le soient, que la France, pour retrouver sa légitimité de revendiquer son statut de pays leadeur dans la lutte pour les droits de l’homme s’honore en reconnaissant ces « dérapages ». C’est à ce prix que la réconciliation des mémoires entre les peuples Français et Algériens pourra se faire totalement, et qu’ainsi la France retrouvera une parole écoutée sur le plan international pour lutter contre les atteintes aux droits de l’homme.

Dans quelques semaines ce sera le 57ème anniversaire du massacre du 17 octobre 1961 au Pont Saint Michel à Paris. Répondrez-vous favorablement à la demande qui vous a déjà été faite l’an dernier, mais restée sans réponse, de reconnaître ce crime d’état ?

Dans la liste de ces crimes concernant la France à l’encontre de l’Algérie, il y a (en plus de ceux précédemment évoqués dans cette lettre) : le 8 Mai 1945 (constantinois : Sétif, Guelma Khératta..), le 8 février Massacre au Métro Charonne à Paris, les Camps d’internement (pudiquement appelés alors camps de regroupement ayant fait plusieurs centaines de milliers de victimes), les essais nucléaires du Sahara, les viols, les « Crevettes Bigeard »,...

Il y a aussi les massacres commis à Madagascar, au Cameroun... pour lesquels la France porte une terrible responsabilité et les assassinats des militants anticolonialistes (plus d’une vingtaine rien qu’à Paris) dont les plus connus ‘’Amokrane Ould Aoudia, Henri Curiel, Mehdi Ben Barka, Dulcie September... pour lesquels le « secret défense » ou la « raison d’état » « justifient » le refus de les élucider.

En saluant, ce geste très important que vous venez de faire, en vous disant BRAVO, en espérant qu’une suite sera donnée rapidement, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, mes salutations respectueuses.

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