Henri POUILLOT
Guerre d’Algérie, Colonialisme...
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5ème Semaine

Programme Résumé de la SEMAINE ANTICOLONIALE 2010

Vendredi 19 février 2010 dès 19h au Centre Culturel La Clef (21 rue de la Clef 75005 Paris), Les librairies Ishtar, Le Point du Jour et Envie de Lire organisent le vendredi 19 février 2010, de 19h à 23h, la Soirée du livre anticolonial au Centre Culturel La Clef.
Au cours de cette soirée le 4e Prix du livre anticolonial sera décerné à l’ouvrage de Claude Liauzu, "Colonisations, migrations, racismes : histoires d’un passeur de civilisations" (Ed. Syllepse, 2009).
Ce sera l’occasion de rendre hommage à ce grand historien Claude Liauzu, trop tôt disparu en 2007. Quelques collègues et témoins évoqueront l’apport décisif du chercheur, de l’enseignant et du militant, engagé souvent en précurseur dans les combats anticolonialistes et antiracistes.

Samedi 20 Février, 14h-17h
Rencontre/debat : Identité nationale = identité coloniale ? Salle Jean Dame, 17 rue Léopold Bellan 75002 Paris, métro Sentier.
Le débat sur l’identité nationale lancé par le gouvernement de Nicolas Sarkozy et mis en œuvre par Eric Besson provoque un sentiment légitime de rejet. L’instrumentalisation politique est évidente à la veille des élections régionales. Les dérapages n’ont pas manqué, ils ont été orchestrés, y compris par les ministres eux-mêmes.
Trois tables rondes :
1 – Un passé colonial qui ne passe pas…
- La construction de l’identité coloniale
- L’actualité de la France coloniale, ses discriminations,
- La Françafrique et les relations avec les anciennes colonies
2 – Contre le Ministère de l’immigration et de l’identité nationale et sa politique
- Appel pour la suppression du Ministère
- Les mobilisations des sans-papiers
- Pour une véritable citoyenneté (droit de vote)
3 - La France riche de sa diversité : comment vivre ensemble ?
- Crise du modèle d’intégration et panne de l’ascenseur social
- Europe et mondialisation
- L’Islam, deuxième religion…
- Politique de stigmatisation
Intervenants (sous réserve) : Gilles Manceron (Sur la France Coloniale), Pascal Blanchard (Historien de l’immigration et e la colonisation), Eva Joly (Sur la Françafrique), Esther Benbassa, Yamina Benguigui, Vincent Geisser, Louis-Georges Tin, Eric Fassin (Pour l’appel à la suppression du Ministère de l’immigration et de l’identité nationale), Emmanuel Terray (Pour les mobilisations des sans-papiers), Patrick Weil (membre démissionnaire de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration suite à la création du Ministère de l’immigration et de l’identité nationale), Jean-Pierre Dubois (LDH).

Samedi 20 février de 14h à 22h30
Etats Généraux anticoloniaux des "Outre-mer" Organisé par un collectif de militants anticolonialistes des outres mers issus du CCAC Comores, de CLKP,Guadeloupe, du MJKF et de l’USTKE de Kanaky
Les Etats Généraux anticoloniaux des outre mer se tiendront au cinéma la Clef le 20 février de 14 h à 22 H 30. Ils ont pour objectif un an après les grandes mobilisations en Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion, la répression contre les syndicalistes de l’USTKE en Kanaky , le bluff des Etats
Généraux organisés par le gouvernement de Sarkozy de montrer la solidarité entre les pays colonisés par la France et de s’adresser aux anticolonialistes
La première partie aura lieu de 14 h à 17 h 30. Elle réunira les militants anticolonialistes issus des pays colonisés par la France. Elle consistera dans une réunion - forum sur les différentes situations vécus par les peuples et sera conclue par l’adoption d’une déclaration des peuples colonisés adressée au peuple de France.
La seconde partie de 17 h 30 à 22h 30 ouverte au public anticolonialiste français avec interventions de personnalités politiques, syndicales ou associatives françaises, des outre mers , débats avec la salle,
projections de films, animation musicale, buffet…

Dimanche 21 février, 10h au cimetière d’Ivry, Hommage à Manouchian
Comme tous les ans, les membres du collectif anticolonial participent à l’hommage à Manouchian membre du MOI. Missak Manouchian etait responsable politique de la section arménienne clandestine de la MOI dont on ne connaît guère l’activité jusqu’en 1943. En février 1943, Manouchian est versé dans les FTP-MOI, groupe des Francs-tireurs et partisans - Main-d’œuvre immigrée de Paris : il s’agit de groupes armés constitués en avril 1942 sous la direction du Juif Bessarabien Boris Holban. Le premier détachement où il est affecté comporte essentiellement des Juifs roumains et hongrois et quelques Arméniens. Le 17 mars, il participe à sa première action armée, à Levallois-Perret, mais son indiscipline lui vaut un blâme et une mise à l’écart. Il meurt fusillé à 38 ans. Après avoir refusé qu’on leur bande les yeux, les vingt-deux hommes sont fusillés au Mont-Valérien le 21 février 1944. Seule Olga Bancic, vingt-troisième membre du groupe, fut décapitée à la prison de Stuttgart le 10 mai 1944.

Lundi 22 février de 13h30 à 17h30 :
L’esprit de la Conférence de Bandung en 1955 : La fin de l’ère coloniale ? Développement économique et social ou néocolonialisme ?
Conférence débat à l’Auditorium de la Mairie de Paris (Métro Hôtel de ville Entrée 3 ou 5 Rue Lobeau, sur inscription)
Cette année 2010, c’est le 50ème anniversaire des indépendances africaines et le 200ème anniversaire du début des indépendances de l’Amérique. Ce sera l’occasion de s’interroger sur le colonialisme d’hier et d’aujourd’hui. La conférence de Bandung de 1955 dont c’est le 55ème anniversaire, est l’occasion de revenir sur la notion d’indépendance et sur ce qu’il en est aujourd’hui. Cette Conférence, également appelée Conférence des "non-alignes" a été un moyen, pour des dirigeants de pays ayant déjà acquis une certaine indépendance ou a d’autres aspirant a l’autonomie de refuser d’entrer dans la guerre (dite froide) à laquelle se préparaient les grandes puissances occidentales. Les pays dits du "Tiers Monde" (terme a rapprocher de celui du "Tiers Etat" de la révolution française) avaient encore en mémoire la guerre (dite mondiale) ou les peuples du Sud n’avaient eu pour rôle que servir de chair a canon au profit de ceux‐là même qui les exploitaient et pillaient leurs richesses.
Cette période d’après guerre était donc le siège d’une intense remise en cause, au Nord comme au Sud, de diverses situations de domination. Cela se manifestait par des volontés d’émancipation des peuples vis a vis des puissances coloniales, mais aussi par la remise en cause de la domination patriarcale, par la montée des revendications des ONG sur les droits de l’homme, par la prise de conscience du problème de la faim dans le monde,.... sur fond d’émancipation des peuples vis a vis de leurs élites économiques nationales. C’est de tout ce bouillonnement des esprits au moment de cette conférence internationale dont nous voulons revisiter.
L’esprit de la Conférence de Bandung, en 1955, c’était la conviction que la libération des peuples du joug colonial serait a l’origine d’un monde de paix et de progrès social. C’est pour nous l’occasion, en partant des espérances soulevées par cette conférence, de faire revivre ce qu’elle a signifié pour tous les peuples fatigues de la colonisation, comme espoir en un monde meilleur.
Nous comparerons les différents chemins parcourus pas les États indépendants tout en gardant bien présent à l’esprit que ce terme d’indépendance ne signifie pas souveraineté : cette condition est nécessaire mais non suffisante au progrès social. On présentera des exemples de passage de l’indépendance nominale a l’autonomie politique et au développement social pour chacun des 3 continents : Asie, Amérique et Afrique. Ce sera l’occasion de montrer, qu’en général, seuls les pays qui ont réussi a se débarrasser du joug colonial, pris dans son sens large (c’est‐a‐dire autonomie des puissances coloniales, des institutions financières internationales, des élites militaires ou économiques locales,...) ont put aborder la spirale vertueuse du développement économique au service de l’ensemble des citoyens.
Si le colonialisme est compris comme la domination d’un peuple par un pouvoir qui lui est étranger, il faut, pour le dépasser, rendre visible les composantes de cette domination. C’est pourquoi les deux dernieèes communications porteront, a titre d’exemple, sur l’émancipation de la société civile et de la problématique du genre. Une telle conférence qui se veut embrasser la décolonisation dans toutes ses composantes ne peut évidement épuiser le sujet. Il s’agit juste de faire vivre ou revivre ce qui était à l’esprit des acteurs et contemporains de la conférence de Bandung en 1955.
Pour la programmation de ce débat, les intervenants,… se reporter aux détails publiés sur le site

Mardi 23 Février 2010, 19h au CICP, 21 ter Rue Voltaire, métro Boulets Soirée débat sur l’assassinat de Farhat Hached, Organisé par l’association "Vérité et Justice pour Farhat Hached".
Farhat Hached, fondateur en 1946 de la centrale syndicale UGTT en Tunisie, et aussi dirigeant du mouvement national tunisien.
Il a été assassine le 5 démcembre 1952 par "La Main Rouge", une organisation secrète sous les ordres du gouvernement français del’époque. Un de ses membres, Antoine Méléro, vient d’avouer dans un documentaire diffusé le 18 décembre 2009 par la chaîne El Jaziraa, sa participation à l’assassinat de Farhat Hached et de confirmer les liens existants entre cette organisation "la Main Rouge" et le gouvernement français de l’époque.

Conférence-débat du 24 février 19h, Salle Jean Dame, 17 rue Léopold Bellan 75002 Paris, métro sentier : "Palestine/Israël : une question coloniale, une question
française".
Trois ou quatre intervenants proposeront une réflexion qui réinscrira les événements actuels sur le terrain palestinien dans le contexte lus large de l’histoire coloniale européenne, en ouvrant la question sur la réception du conflit israélo-palestinien en France, fortement biaisé par la persistance de catégories coloniales dans l’imaginaire collectif.

Jeudi 25 Février 19h, Rencontre-débat  : Climat, écologie et néocolonialisme, organisée par la ZEP ( Zone d’Ecologie populaire)
Mairie du 2ème arrondissement, 8 rue de la Banque, 75002 Paris, métro Bourse
Le sommet de Copenhague a démontré que les pays du Nord ne veulent pas payer leur dette climatique aux pays du Sud. De même ils ne prennent pas en compte la dette écologique qui en raison du pillage des ressources naturelles et des matières premières appauvrit des centaines de millions d’hommes et de femmes condamnés à survivre. Un nouveau phénomène se développe sous couvert de la préservation de l’environnement et de l’aide alimentaire, la colonisation des terres cultivables dans les pays du Sud. A
Madagascar par exemple, plus de deux millions d’hectares ont été affectés en quatre ans à des investisseurs étrangers.

Le 25 février 2010, à la bellevilloise, 20h30 : Pièce de théâtre anticoloniale ! Franck gagne un voyage en Françafrique et une valise pleine de l’argent des français pour « développer les africains ». De l’Elysée à Ouagadougou, Franck croise entre autres un pigeon voyageur, un dictateur
congolais, un juge belge et un président assassiné. Il réalise peu à peu qu’il est au centre d’un complot visant à détourner l’argent destiné aux africains. Cette comédie politique oscille entre réalité et fiction pour décrire les relations ambiguës qui unissent la France et ses anciennes colonies africaines, phénomène connu sous le nom de Françafrique. Franck, cascadeur naïf au départ, prend conscience des rouages de la coopération dans laquelle l’’humanité est transformée en cirque dont parlait Thomas Sankara, président du Burkina Faso assassiné en 1987.

Le jeudi 25 février à 19h, à la librairie Terre des livres (86 rue de Marseille, 69007 Lyon) Rencontres avec Laurent Lévy et Présentation de son livre "La gauche", les Noirs et les Arabes et le samedi 27 février à 17h30 à la librairie Résistances (4 Villa Compoint, 75017 Paris — M° Guy
Môquet ou Brochant)

Vendredi 26 février à 19h - 2010, 50 années d’indépendances confisquées : l’actualité de la Françafrique 19h Salle Jean Dame, 17 rue Léopold Bellan, 75002 Paris, métro Sentier
Débat organisé par l’AFASPA, le Cercle Frantz Fanon et Survie Paris
L’année 2010 constitue symboliquement le cinquantenaire des indépendances des anciennes colonies africaines de la France. Nicolas Sarkozy a mandaté Jacques Toubon pour organiser des célébrations pour faire de 2010 l’année de l’Afrique, notamment autour de deux temps forts : un sommet France-Afrique en mai et un défilé du 14 juillet qui mettra à l’honneur un certain nombre de dictateurs africains et leurs armées respectives.
En réponse, il nous semble très important de promouvoir d’autres regards sur la réalité de 50 ans d’indépendances et sur l’actualité de la Françafrique, particulièrement au vu du contexte de très fort recul de la démocratie dans un certains nombre de pays africains au cours de l’année 2009. Il nous semble également important de pointer les atteintes à la souveraineté des États et des peuples africains qui relèvent de la France dans tous les domaines. Par ce positionnement nous pointons la réelle nature de la campagne gouvernementale : une simple opération de propagande.
Cette soirée sera l’occasion d’illustrer cette réalité par plusieurs interventions :
− Un rappel historique sur les décolonisations sous l’angle de la pensée de Frantz Fanon, par le Cercle Frantz Fanon
− Un retour sur la réélection frauduleuse de Denis Sassou Nguesso au Congo-Brazzaville en 2009, avec Benjamin Moutsila de la Fédération des Congolais de la Diaspora, auteur de Sassou Nguesso, l’irrésistible ascension d’un pion de la Françafrique. La réélection du dictateur congolais a eu lieu avec la caution de plusieurs personnalités françaises, notamment Jacques Toubon. L’exploitation du pétrole du pays par Total ou les intérêts de Bolloré peuvent peut-être l’expliquer...
− Le récit de la prise de pouvoir par le général Aziz en Mauritanie, qui renverse en août 2008 le
président élu et s’offrent un légitimité dans les urnes en juillet 2009, par Omar Ould Dedde, de Assez de Coups d’État. L’élection, entachée de fraudes, a connu le soutien parfois ouvert de Robert Bourgi et Patrick Balkany, proches de Nicolas Sarkozy, qui la commente ainsi dans ses vœux : "un processus que la France a soutenu sans réserve et qui a conduit au rétablissement de la légalité puis à l’élection du Président Aziz"...
− Un point sur la crise malgache, où le rôle de la France aux côtés du putschiste Rajoelina est pour le moins trouble, par Jean-Claude Rabeherifara de l’AFASPA (Association Française d’Amitié et de Solidarité avec les Peuples d’Afrique)
− Une synthèse sur la Françafrique et son actualité qui dément le discours de rupture tenu par Nicolas Sarkozy, par un membre de Survie, à la veille des élections présidentielles au Togo.
Verront-elles se répéter le soutien apporté en 2005 par Jacques Chirac au régime de Faure Gnassimbé, la France appuiera-t-elle un autre candidat ? Les diverses manipulations pré-électorales et le récent projet français de financement d’équipement de répression pour le régime n’augurent rien de bon...
Les interventions seront suivies d’un débat ouvert avec la salle.

Samedi 27 Février, 10h-24h
Salon anticolonial, Palais Brogniart, métro Bourse
Stands et buffets anticoloniaux tenus par les associations et organisations anticoloniales.
Avec à 18h : Désignation par un jury associatif anticolonial des "colonialistes de l’année"
Nominés catégories :
Politiques : Besson, Hortefeux, Morano, Freche
Entreprises : Veolia, Total, Bolore, Alsthom,
Institutions internationales : FMI, OMC, OTAN, Banque Mondiale
International : Netanyahou, Moubarak (egypte), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Avigor Liberman
Categorie Francafrique : Robert Bourgi, Le général Mohamed Ould Abdel Aziz (Mauritanie), Denis Sassou Nguesso
(Congo-Brazzaville), Claude Guéant
A partir de 19h : Bal anticolonial avec les groupes
Groupe Kanak ZIRYEB (World Music) Big Family (Ragga)

Manifestation le samedi 27 février 2010 à 15h

De la Place de la Bourse au Ministère de l’immigration et de l’identité
Pour la suppression du Ministère de l’immigration et de l’identité nationale
Le colonialisme et ses produits dérivés ont aujourd’hui de nouvelles formes et de nouvelles dynamiques, qui s’inscrivent dans la réaction mondialisée contre tous les acquis des luttes populaires de la deuxième moitié du XXe siècle.
En France, le Ministère de l’identité nationale, de l’immigration et du codéveloppement, c’est le Ministère de la rafle et de la honte, c’est le Ministère des colonies. En créant un « Ministère de l’immigration et de l’identité française », puis en organisant avec le ministre Besson un "Grand débat" sur l’identité nationale qui mobilise les moyens de l’Etat, Nicolas Sarkozy encourage et organise le racisme dont l’islamophobie et la stigmatisation d’une partie de la population.
Ouvertement ciblés, les musulmans, destinataires d’une loi annoncée sur la Burqa, en butte aux faux dérapages/vraies insultes d’un Hortefeux ou d’une Morano, ministres en exercice d’un gouvernement qui tombe le masque. Le Président de la République met aujourd’hui en cohérence ses idées développées dans les discours de Marseille, Toulon et Dakar avec ses actes. C’est tout simplement la réintroduction d’un « Ministère des colonies » qu’il impose à la France. Comme l’ont déclaré les historiens et démographes qui ont démissionné des instances du musée de l’immigration : "Associer immigration et identité nationale, c’est inscrire l’immigration comme "problème pour la France et les Français dans leur être même". C’est utiliser sans vergogne la technique déjà éprouvée du "bouc-émissaire", afin de dresser les gens les uns contre les autres et les détourner des vrais problèmes. C’est aussi permettre à un système toxique de perdurer en privilégiant les véritables responsables de la crise, bénéficiaires d’une mondialisation inhumaine. Ce Ministère utilise des méthodes dignes du temps des colonies : rafles de sans-papiers, contrôle d’identité au faciès illégaux, contrôle dans les restaurants, les cafés, les épiceries, devant les écoles, dans les hôpitaux, jusqu’aux administrations (centres de Sécurité Sociale, impôts, pôle emploi) cyniquement invitées à la délation. Il organise des centres de rétention surpeuplés avec miradors, barbelés, fouilles, contrôles et vexations. La police expulse des familles arrêtées au petit matin à leur domicile. Au nom de l’identité nationale on démantèle le droit d’asile, on renvoie des Afghans dans un pays en guerre après les avoir traqués, et on casse le droit au regroupement familial. La politique dite de "codéveloppement" n’est qu’un trompe l’oeil permettant la continuation des politiques néo-coloniales. L’« immigration choisie » débouche sur un pillage des cerveaux qui renforce le pillage des ressources naturelles des pays d’émigration, rendu possible par l’usage de la dette et la complicité des dictateurs africains "amis de la France". Cette grande famille françafricaine sera d’ailleurs au complet pour le défilé du 14 juillet en cette année 2010, cinquantenaire hypocrite des indépendances africaines.
Cette politique anti-immigrés se double d’une stigmatisation et d’une ségrégation des quartiers populaires qu’il s’agit de quadriller à l’aide des BAC et des CRS. Lors des émeutes de novembre 2005, le pouvoir avait même été jusqu’à appliquer de nouveau la loi sur l’état d’urgence utilisée durant la guerre d’Algérie. Malgré les promesses faites à la suite des mouvements de protestation et de la grève générale contre la « Pwofitasyon », dans les territoires d’outre-mer, les pratiques coloniales perdurent comme le montrent les révoltes sociales actuelles.
Au mois de février le Ministre Besson rendra son rapport sur l’« identité nationale ». A un mois des élections régionales, le pouvoir veut utiliser la haine contre les immigrés et leurs descendants pour siphonner les voix du Front national. Nous devons refuser cette politique qui sème la division et nous appelons à une manifestation pour la suppression du ministère de l’Immigration. ` Cette manifestation est organisée cinq ans après le vote de la loi sur la colonisation positive et dans le cadre de la 5e semaine anticoloniale du 19 au 28 février 2010.
Le 23 février 2005, l’Assemblée nationale votait un amendement qui consacrait « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord » alors que pendant plus de quatre siècles le colonialisme français a participé activement à la traite négrière, au pillage et à l’oppression violente de peuples dont elle a pillé les richesses, détruit les cultures, ruiné les traditions, nié l’histoire, effacé la mémoire.
Nous avons fait reculer le pouvoir il y a cinq ans qui a du supprimer l’article 4 de la loi colonialiste du 23 février 2005. Nous pouvons le faire reculer aujourd’hui en exigeant et en obtenant la suppression du Ministère de l’Immigration. Participons à la création d’un ministère de la décolonisation et de l’égalité réelle. Obtenons la régularisation de tous les sans-papiers et le droit de vote des immigrés. Construisons et préparons dès maintenant les changements et propositions permettant de sortir du colonialisme !
Tous ensemble exigeons, la suppression du Ministère de l’immigration et de l’identité nationale !

Tous ensemble pour sortir du colonialisme !


Premiers signataires : AAW (Americans Against the War), ACCA (Agir Contre le Colonialisme Aujourd’hui), ACTIT, AFASPA, Afriques en lutte, ALBA-France, Les Alternatifs, Alternative libertaire, AMF (association des Marocains en France), ASDHOM, ATMF, ATTAC, Au Nom de la Mémoire, CAAC-Comores, CADTM-France, CCIPPP, CEDETIM, Cercle Bolivarien de Paris, Cercle Frantz Fanon, Conscience Musulmane, Coordination Nationale des Sans Papiers, CMF, CRI (Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie), CREF, Droits Devant, El consejo pro-Bolivia, ENAAC, FASE (Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique), FCD (Fédération des Congolais de la Diaspora), FETAF, Fondation Frantz Fanon, FTCR, Génération Diversité, Identité Plurielle, Les Indivisibles, Ishtar, Ministère de la Régularisation de Tous les Sans Papiers, Les Oranges, MCD, MJKF, MQJS (Mouvement des Quartiers pour la justice sociale), MRAP, NPA, Association d’Objecteurs de Croissance AdOC, Panthères roses, Peace Breather, PCF, PCOF, Pôle Ethique, Réseau Féministe « Ruptures », Réseau Frantz Fanon International, Respaix Conscience Musulmane (RCM), Réveil des Consciences, Survie, UJFP, Union Syndicale Solidaires, USTKE, Les Verts, La Voie Démocratique, ZEP, 93 au cœur de la République

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Ces actes seront diffusés avec les interventions des intervenants par l’Editeur l’Harmattan
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Article mis en ligne le 16 juin 2010

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