Henri POUILLOT
Guerre d’Algérie, Colonialisme...
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Les Harkis

Une catégorie d’Algériens victimes du Colonialisme

Souvent caricaturée, souvent assimilée à des "Collabos" pour reprendre l’expression du Président algérien Abdelaziz Bouteflika du 16 juin 2000, cela mérite une approche plus réfléchie. Comme les Pieds Noirs, la composition de ces communautés, leur histoire est bien plus complexe et ne peut se résumer en une description aussi simpliste.
Avant 1954, moins de 15% des Algériens avaient franchis le seuil d’une école, et souvent que quelques années, et à temps partiel : très peu savaient donc lire et écrire. Quelques exceptions parvenaient à l’enseignement secondaire, et de très rares à l’enseignement supérieur.
Déjà pour la première guerre mondiale, puis pour la seconde, des algériens ont été enrôlés pour défendre la "patrie" France. Les Tirailleurs algériens comme les sénégalais, ou les marocains se sont souvent trouvé aux avant postes les plus exposés.
Au déclenchement de la guerre de libération, un certains nombre étaient des militaires de carrière qui avaient été envoyés en particulier en Indochine. A cette époque, même si un courant d’idées se développait au travers des mouvements nationalistes pour une volonté d’indépendance pour une plus grande liberté, égalité des droits, on ne peut pas parler d’une volonté politique unanime du peuple. La domination imposée, avait ancrée l’impression subconsciente que la France, par le biais des européens, ne pouvait être remise en cause.
L’Armée Française a beaucoup joué sur cette ambiguïté et a pu enrôler ainsi, à partir de motivations multiples et parfois contradictoires ces algériens. Dans les cas les plus fréquents on trouve :
- les victimes d’attentats du FLN qui sont venus se "réfugier" dans l’armée.
- les "suspects" arrêtés et à qui un marché odieux a été présenté : s’enrôler ou être victimes d’une corvée de bois (c’est à dire exécutés sans procès).
- ceux que l’armée à habillé de l’uniforme, emmené dans des patrouilles pour que la population les reconnaisse et considère qu’ils avaient trahi.
- ceux qui, sur décision d’une sorte de conseil de famille, s’enrôlaient pour ramener de l’argent à la maison, alors que les frères rejoignaient le maquis.
- ceux qui s’enrôlaient pour renseigner l’ALN, et si possible déserter en emportant des armes, munitions...
- il y a eu aussi, certes, certains qui ont pris des positions ultra, volontairement, le plus souvent en pensant obtenir de cette façon des situations de premier plan.

A ce sujet, pour bien comprendre ce contexte, Fatima Besnaci-Lancou a réalisé trois ouvrages principaux : "Fille de Harki", "Nos mères, paroles blessées" et "Treize Chibanis Harkis" qui témoignent de ces parcours difficiles.
L’armée a très souvent utilisé ces supplétifs pour les services de renseignements, au moins comme interprètes, ce qui a prédisposé cette classification de "collabos". Comme dans l’armée, certains "Français", même parmi les appelés, ont pris du plaisir à des pratiques condamnables, un certains nombre des harkis "Papon", ceux qui ont fait le sale boulot dans les caves du 13ème à Paris, ont existé, même si c’est une minorité.
A la fin de la guerre, une majorité de harkis n’ont pu, malgré leur engagement, venir en métropole, et des répressions féroces, aveugles ont parfois eu lieu, y compris contre leurs familles. Le nombre de ces victimes est impossible à donner, des estimations en exagèrent souvent le chiffre. Parmi ceux qui sont venus en France, leur conditions de vie a été généralement terrible. D’anciens camps utilisés par les nazis ont été ré-ouverts pour les parquer. Ils devaient assister aux lever de couleur, subir les pires humiliations. Souvent mal acceptés par les autres algériens, ils subiront en plus le racisme né de cette guerre, dirigé contre tous les maghrébins.

Dans le chapitre "Le Colonialisme / Lieux de Mémoire" une rubrique "Rivesaltes - son camp" montre dans quelle conditions ont été "accueillis" de nombreux harkis en Métropole.

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