Henri POUILLOT
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26 mars 2022 : Un scandale Républicain
Article mis en ligne le 28 mars 2022
dernière modification le 28 avril 2022

par Henri POUILLOT
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Au Mémorial du Quai Branly à Paris, le 26 mars 2022, c’est un quasi honneur national à l’OAS qui s’est déroulé : en présence d’un détachement militaire au garde à vous et d’autorités, cette manifestation s’est terminée par le "Chant des Africains", cet hymne de l’OAS !!!
En tant que témoin de la Guerre de Libération de l’Algérie, comme appelé (de juin 1961 au 13 mars 1962), affecté à la Villa Susini, ayant eu l’occasion de constater de très nombreuses exactions commises dans cette période par l’Armée Française (en particulier la torture), des crimes contre l’Humanité, des crimes de guerre, des crimes d’état dont la France porte la terrible responsabilité, je viens d’envoyer ce jour une lettre à Madame DARRIEUSSECQ, Ministre des Anciens Combattants et Monsieur le Président de la République pour exprimer mon ressentiment.

Lettre à Madame la Ministre :
Ce 19 mars, pour le 60ème anniversaire de ce cessez-le-feu, je portais le drapeau de l’ARAC, devant la stèle honorant les victimes de cette Guerre de Libération de l’Algérie de Trappes.
J’ai entendu la lecture de votre message (que j’ai retrouvé sur internet). Dans ce message, j’y ai remarqué 3 points qui m’ont interpellé :
-  Vous évoquez « Près de 30.000 d’entre eux avaient été tués, près de 70.000 blessés ». Or, jusqu’à maintenant l’évaluation officielle de soldats français morts pendant cette Guerre de Libération de l’Algérie était d’environ 23.000 (chiffre déjà important). D’où vient cette sur évaluation ? Par contre, le chiffre de 70.000 blessés me semble sous-évalué : avec un tel décompte, ne sont pas pris en compte tous les traumatismes découlant de cette guerre.
-  Au sujet de la fusillade de la Rue d’Isly à Alger du 26 mars 1962, vous reprenez la falsification historique prononcée le 26 janvier dernier par le Président de la République selon laquelle « ce drame aurait un caractère impardonnable ». Je vous joins la lettre que j’ai envoyée le 27 janvier dernier au Président de la République. Vous verrez que j’y ai joint le plan de positionnement du commando de l’OAS qui a provoqué la riposte de la troupe. Donc « oublier » cette provocation est incompréhensible, inacceptable. Ce plan, j’ai pu le consulter aux archives de l’Armée au Fort de Vincennes en 2010 , (la référence d’alors était 1H2703-D9). Les conseils, services mémoire... de l’Elysée ne peuvent pas ne pas avoir préparé un dossier complet correct sur cet évènement. Tronquer le déroulement de cette manifestation ne peut donc être considéré que comme une disculpation délibérée de l’action criminelle, terroriste de l’OAS, cette organisation qui attaqua les fondements de la République (putsch, attentats contre le Président de la République...)
-  Ainsi, le 18 octobre 2022 un hommage national sera organisé ». La tradition républicaine française veut que toutes les commémorations patriotiques honorant les victimes d’un conflit soit faites le jour anniversaire de la fin officielle (signature du cessez-le-feu, de la capitulation, du traité de paix,.. ) et non pas un hasard du calendrier.
Samedi dernier, 26 mars 2022, vous avez fait déposer une gerbe pour commémorer les victimes de la fusillade de la Rue d’Isly du 26 mars 1962. Cette commémoration organisée par un groupe de nostalgiques de l’Algérie Française, est donc cautionnée par le Gouvernement puisqu’une haie militaire y présente les armes (en plus du dépôt de votre gerbe et de celle du Président de la République). Alors, comment peut-on admettre qu’elle soit clôturée par l’interprétation du « Chant des Africains » (cette chanson qui fut l’hymne de l’OAS), avec les militaires au garde à vous, ce qui ne peut donc que s’interpréter comme un hommage à cette organisation fascisante, terroriste antirépublicaine puisqu’elle organisa un putsch pour tenter de renverser la République, et tenta 2 attentats contre le Président de la République d’alors.
Quel Scandale !!! Quel message !!!
Veuillez agréer, Madame la Ministre, mes sincères salutations dépitées

Lettre à Monsieur le Président de la République

Le 27 janvier dernier je vous interpellais quant à votre intervention du 26 janvier 2022, relative à la fusillade de la rue d’Isly à Alger le 26 mars 1962, quant à vos propos : « ce massacre du 26 mars 1962 est impardonnable pour la République ». Je vous avais fait la remarque que votre présentation des faits était une falsification grave de l’Histoire de notre pays, d’autant plus grave qu’elle émanait du Président de la République lui-même. Je justifiais cette remarque par le plan que j’avais pu consulter aux archives de Vincennes qui était la preuve formelle de la provocation du commando de l’OAS « oubliée » : preuve incontestable.
Samedi 26 mars 2022, vous avez fait déposer une gerbe à la mémoire des victimes de la fusillade de la rue d’Isly à Alger le 26 mars 1962 au Mémorial du Quai Branly. Compte tenu de ce geste et de la présence d’une haie militaire y présentant les armes ainsi que les personnalités officielles présentes, cette commémoration révélait donc le caractère le plus officiel que l’on puisse considérer.
Or, cette commémoration organisée par un groupe de nostalgiques de l’Algérie Française, sera clôturée par l’interprétation du « Chant des Africains » (cette chanson qui fut l’hymne de l’OAS), avec les militaires au garde à vous. Cela ne peut donc que s’interpréter comme un hommage à cette organisation fascisante, terroriste antirépublicaine puisqu’elle organisa un putsch pour tenter de renverser la République, et tenta 2 attentats contre le Président de la République d’alors.
La clôture de cette manifestation, est donc un geste odieux, remettant en cause toutes les valeurs de notre République et elle a donc eu votre caution.

Le Rapport de Benjamin STORA, que vous aviez commandé, il y a un peu pus d’un an, minimisait déjà considérablement la responsabilité de l’OAS dans cette période de la Guerre de Libération de l’Algérie. Vos récentes interventions relatives à la commémoration de ce 60ème anniversaire ne peuvent se comprendre que comme une volonté de votre part d’une réhabilitation, de fait, de cette organisation terroriste, fascisante qui a tenté de remettre en cause notre République.
C’est fort dépité, tellement je suis sidéré, Monsieur le Président de la République, que je vous adresse mes salutations respectueuses pour l’institution que vous représentez.

Ces démarches politiciennes sont abjectes, honteuses

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