Henri POUILLOT
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Affaire KBC : La consternation !
Article de El Watan du 26 Juin 2016
Article mis en ligne le 26 juin 2016
dernière modification le 3 juillet 2016

par Henri POUILLOT
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Le directeur de la chaîne de télévision KBC, du groupe El Khabar et de la société de production NessProd, Mehdi Benaissa, le responsable de la production de l’émission "Nass stah", Ryad Hartouf, et Mounia Nedjai, directrice au ministère de la Culture ayant signé les autorisations de tournage, ont été placés hier sous mandat de dépôt par le tribunal de Sidi M’hamed.

Le président du conseil d’administration de KBC, Zahreddine Smati, et une comptable travaillant pour le même groupe ont été relâchés après avoir été entendus en tant que témoins, selon des sources proches des concernés.

Le directeur de KBC, déjà entendu comme témoin dans l’affaire du studio mis sous scellés derrière l’arrêt du talk show "Ki hna ki nass" diffusée par la même chaîne, le directeur de production de l’émission ainsi que l’employée financière ont été entendus hier par le procureur sur la nature des contrats liant la société productrice de l’émission avec le groupe El Khabar, apprend-on auprès du président du conseil d’administration de la chaîne, M. Smati, qui s’est exprimé à sa sortie du tribunal.

Si la mise sous mandat de dépôt est motivée officiellement par de "fausses déclarations" et la "mauvaise utilisation de la fonction" dans le cadre de l’affaire des autorisations de tournage de deux émissions de la chaîne de télévision, la couleur politique et le discours satirique de l’émission "Nass stah" sont considérés comme les véritables facteurs de « l’acharnement » contre l’équipe d’El Khabar.

Selon M. Smati, l’audition par le procureur a tourné autour de "la relation entre le groupe El Khabar et l’agence de production NessProd. Il a été question de l’organigramme du groupe et la structuration d’El Khabar", souligne le président du conseil d’administration de KBC.

Même si, officiellement, il est reproché à l’équipe de KBC une non-conformité du contenu de l’émission en question avec l’objet de l’autorisation délivrée par le ministère de la Culture, "il est clair que c’est le ton de l’équipe de ‘Nass stah’ qui dérange", explique M. Smati.

" ‘Nass stah’ dérange l’ordre que les autorités veulent établir. Le pouvoir ne tolère pas d’être l’objet de ce genre d’émission prônant la satire et l’ironie. Ceux qui sont au pouvoir ont prouvé qu’ils ne toléreront jamais ce genre d’humour", soutient le même responsable, qui souligne : "On ne peut séparer cette affaire d’autorisation à celle de la vente des actions d’El Khabar au groupe Cevital."

"Le message du pouvoir est clair, selon le responsable de Kbc, la conjoncture étant peu maîtrisable, le pouvoir a décidé de se débarrasser de tous les contenus non désirables en trouvant des motifs administratifs."

Cherif Rezki, directeur de la publication d’El Khabar, interrogé alors qu’il attendait des nouvelles de l’équipe de KBC devant le tribunal, qualifie la mise sous mandat de dépôt des responsables d’« acharnement ».

"On se pose des questions quant à l’avenir de ce pays et de nos acquis ! Quand on place une comptable et un chef de production en garde à vue, cela ne peut être considéré que comme de l’acharnement.

C’est au moment où l’on vient d’installer l’Autorité de régulation de l’audiovisuel que des émissions sont interdites de tournage », dénonce le directeur de la publication d’El Khabar.

Fatima Aït Khaldoun-Arab

P.S. :

Effectivement toute atteinte au droit d’expression, à la presse, est inquiétante.

Quand on sait, en plus, que le journal El Watan ne peut emménager dans ses nouveaux locaux tout neufs sous un fallacieux prétexte de non conformité, on voit que désormais la presse algérienne indépendante est visée pour afficher des positions critiques

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