Henri POUILLOT
Guerre d’Algérie, Colonialisme...
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De retour de Sidi Bel Abbès
Article mis en ligne le 22 mai 2015
dernière modification le 25 août 2015

par Henri POUILLOT
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http://henri-pouillot.fr/spip.php?a...Invité par l’Université Djliali Liabès de Sidi Bel Abbès à l’occasion de la commémoration du 19 mai 1956 (1), j’ai été interpellé à de nombreuses reprises sur les questions des rapports entre la France et l’Algérie.
Un mécontentement certain se fait sentir de la part de nombreux Algériens. Trois sujets m’ont régulièrement été évoqués :

-1- La visite de François Hollande en décembre 2012. Ce déplacement avait suscité de grand espoirs, avec le slogan de sa campagne électorale "Le changement, c’est maintenant" la majorité des Algériens espéraient, qu’enfin, la France allait reconnaître ses responsabilités et les condamner dans l’ensemble des crimes d’état, crimes contre l’Humanité commis en son nom vers le peuple algérien. Quelle déception : La visite sur la Place Maurice Audin ne lui a même pas permis d’évoquer la Torture. Pour le 17 octobre, il avait "oublié" ses engagement de candidat à la Présidence de la République...

-2- Le 8 mai 1945, à Sétif, Guelma, Khérratta.... Le voyage du Ministre Todeschini un mois plus tôt est plutôt considéré comme un affront que comme un geste positif. En effet, pourquoi le Ministre n’est-il pas venu le 8 mai (et non le 19 avril) ? L’argument officiel est qu’il se devait de présider les cérémonies en France, mais il aurait très bien pu se rendre aussi à Sétif, avec un vol spécial, en 1heure 30 maximum il pouvait venir à Sétif. Pourquoi les représentants de la Fondation du 8 Mai 1945 n’ont pas été sollicités à cette occasion ? Pourquoi des manifestants de ce 8 mai 1945 n’ont pas été invités, et reconnus pour leur courage à affronter la répression d’alors ? Pourquoi le mot de crime n’a-t-il pas été reconnu ? Autant de questions ressenties comme une opération politicarde, méprisente envers le peuple algérien.

-3- L’affaire Maurice Audin Comme j’avais été invité à cette université pour évoquer la question de la torture, en particulier pendant la Guerre d’Algérie, cette question est revenue régulièrement dans les discussions. Certes François Hollande s’était rendu Place Maurice Audin à Alger en décembre 2012, mais il n’avait même pas été question de la torture à cette occasion !!!
Depuis, le communiqué du 17 juin 2015 parait bien énigmatique et insuffisant. Certes il remet, enfin, en cause la thèse qui restait toujours la version officielle de l’évasion de Maurice Audin, mais là aussi, cette démarche est également ressentie comme un opération politicarde. Il est bien évident que personne depuis juin 1957, ne portait le moindre crédit à la version mensongère de l’évasion de Maurice Audin. Alors, que le communiqué dise enfin qu’il était mort en détention, n’est que déflorer un secret de polichinelle.Pourquoi ce communiqué qui affirme que, selon des documents et témoignages concordants, ne les rend-il pas publics, ne dit pas comment il est mort, ce qu’est devenu son cadavre ? Quels sont les témoins qui se sont exprimés ? Qu’ont-ils dit ? Quels documents corroborent ces dires ? Dans la presse Algérienne un témoignage a été diffusé donnant une piste sur le lieu de sépulture de Maurice Audin ? A-t-elle été vérifiée, est-elle exacte ?

François Hollande doit se rendre en Algérie dans les prochains jours, la semaine prochaine je déposerai à l’Élysée un courrier évoquant ces questions, espérant ainsi que, à cette occasion, ENFIN, une position plus conforme aux exigences du respect des droits de l’homme dont la France revendique être un pays modèle dans ce domaine, puisse se concrétiser

PS : voir moninterventiondu 20 mai à Sidi Bel Abbès

(1) Le 19 mai 1956, Une grève fut observée par les étudiants à l’appel du FLN, répondant à cet appel de l’Ugema qui déclarait notamment : " ...Effectivement avec un diplôme en plus, nous ne ferons pas de meilleurs cadavres ! A quoi donc serviraient-ils ces diplômes, qu’on continue à nous offrir, pendant que notre peuple lutte héroïquement, pendant que nos mères, nos épouses, nos sœurs sont violées, pendant que nos enfants, nos vieillards tombent sous la mitraillette, les bombes, le napalm (...) Etudiants et intellectuels algériens, pour le monde qui nous observe, pour la nation qui nous appelle, pour le destin historique de notre pays, serions-nous des renégats ? "

P.S. :

J’ai déposé la lettre à François Hollande le 25 mai 2015 Voir

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