Henri POUILLOT
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Angoulême. Anciens d’Algérie : un discours créé la polémique au cimetière

Article paru dans "La Charente Libre"
Par Jean-François BARRÉ, publié le 7 novembre 2016, modifié le 8 novembre 2016.

Article mis en ligne le 8 novembre 2016

par Henri POUILLOT
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Par Jean-François BARRÉ, publié le 7 novembre 2016, modifié le 8 novembre 2016.
Cinquante-quatre ans après la fin de la guerre d’Algérie, les cicatrices sont encore béantes. Un discours du frontiste Alain Leroy a suffi à mettre le feu aux poudres au cimetière de Bardines à Angoulême.

Cinquante-quatre ans après la fin du conflit, dont la date de commémoration –le 19 mars lendemain du cessez-le-feu– fait toujours polémique, les cicatrices de la guerre d’Algérie ne sont toujours pas refermées. Et c’est un euphémisme.
Dernière illustration en date, les cérémonies du 31 octobre au cimetière de Bardines à Angoulême.

Il aura suffi d’une prise de parole d’Alain Leroy, figure du Front national en Charente et ancien conseiller régional, pour que refassent surface les anciennes haines recuites. Un discours qualifié de politique au pied du monument aux morts d’Afrique du nord (AFN) qui a mis en fureur les représentants de la Fnaca, la Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie, qui ont eu un peu le sentiment de s’être fait piéger. Il a suffi d’une mise en cause de « la Fnaca » et des « communistes » pour mettre le feu aux poudres.

« J’ai assisté à la première cérémonie, bien organisée, par le Souvenir français au cimetière de Bardines. Puis on a demandé aux porte-drapeaux de se rendre au monument aux morts d’AFN, comme c’est apparemment la tradition » en ces journées où se succèdent les commémorations. La suite, François Lepetit, le président de la Fnaca, parti à l’hôtel de ville pour une autre cérémonie, ce sont ses présidents de comité qui la lui ont racontée. Dont le Rouillacais Michel Cotinaud. « Nous avons été invités à rejoindre l’autre bout du cimetière de Bardines. Nous avons attendu un bon quart d’heure. Et Alain Leroy, que je ne connaissais pas, est arrivé, a pris la parole pour insulter la Fnaca, le Parti communiste, le général de Gaulle. »

« J’ai assisté à la première cérémonie, bien organisée, par le Souvenir français au cimetière de Bardines. Puis on a demandé aux porte-drapeaux de se rendre au monument aux morts d’AFN, comme c’est apparemment la tradition » en ces journées où se succèdent les commémorations. La suite, François Lepetit, le président de la Fnaca, parti à l’hôtel de ville pour une autre cérémonie, ce sont ses présidents de comité qui la lui ont racontée. Dont le Rouillacais Michel Cotinaud. « Nous avons été invités à rejoindre l’autre bout du cimetière de Bardines. Nous avons attendu un bon quart d’heure. Et Alain Leroy, que je ne connaissais pas, est arrivé, a pris la parole pour insulter la Fnaca, le Parti communiste, le général de Gaulle. »

En cause, l’attaque notamment du discours d’Alain Leroy, nostalgique revendiqué de l’Algérie Française. « Contrairement à ce qu’en disent la Fnaca et les communistes, les soldats n’étaient pas en Algérie pour protéger les fermes et les biens des colons », rapporte Michel Cotinaud. Qui se souvient aussi avoir entendu parler de « de Gaulle et de forfaiture ». Pour traduire aussitôt « inadmissible » dans ces circonstances de commémoration.

Alain Leroy n’ôterait pas une virgule de son discours

C’était sans doute mal connaître Alain Leroy, qui ne s’émeut pas vraiment des réserves de Philippe Morin, le président du Souvenir français, puissance invitante « à la seule première cérémonie, celle qui a réuni les autorités au carré militaire autour du préfet », se défend-il. « Les blessures de l’Histoire, j’avais 4 ou 5ans, je ne peux pas juger, dit-il encore. Mais ce n’était pas le lieu du tout. Cela a mis tout le monde mal à l’aise.Il va falloir réfléchir à l’organisation pour l’avenir. » Ou peut-être réfléchir aux cohabitations.

Alain Leroy, lui, n’ôterait pas une virgule de son discours.« Je n’en ai rien à foutre », assène-t-il. Il a bien dit que « contrairement à la propagande communiste, les appelés ne défendaient pas les colons mais la France, quand la France en Algérie était chez elle ». Et que oui, forfaiture fait bien partie de son vocabulaire quand il évoque le général de Gaulle.

Simplement, la Fnaca a-t-elle pu être surprise par l’orateur, qu’elle ne connaissait pas. « À chaque commémoration, les intervenants peuvent changer », indique simplement Alain Leroy, qui dit être intervenu au titre de membre de l’Union syndicale de défense des intérêts des Français repliés d’Algérie (Usdifra), que présidait Georges Sarraf, que le FN local et les anciens d’Algérie enterraient hier lundi, décédé ce week-end. Et qui intervenait régulièrement, comme Robert Diacono, lui aussi ancienne figure historique du FN et de l’Algérie française en Charente.

« Je ne suis pas une salade verte, je suis un cactus », appuie un Alain Leroy guère ouvert à la repentance. Même après cinquante-quatre ans de polémiques, qui en appelle aux Arméniens, à leur génocide, qui dit encore « la plaie béante du drame de l’Algérie ». « Un homme sans mémoire, ce n’est plus rien. » Les porte-drapeaux de la Fnaca s’en souviendront sûrement pour la prochaine commémoration.

P.S. :

Devant cette stèle, on assiste donc encore à une expression de la nostalgie de l’Algérie Française, entretenue par le Front National

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