Henri POUILLOT
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70ème anniversaire du 8 Mai 1945 à Sétif
Article mis en ligne le 15 avril 2015
dernière modification le 22 mai 2015

par Henri POUILLOT
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Lettre ouverte à Jean-Marc Todeschini Ministre des Anciens Combattants

Monsieur le Ministre,

Votre visite en Algérie vient d’être annoncée, il y a quelques jours pour effectuer "un voyage mémoriel en Algérie notamment en cette année du 70ème anniversaire du massacre de Sétif" soulève évidemment un vif intérêt puisque le 8 mai prochain, cela fera 70 ans qu’une formidable répression, (plus de 40.000 victimes algériennes et une centaine d’européens - de colons - selon les historiens) eut lieu dans cette ville et dans la Région (Guelma, Khératta…). Mardi 8 mai 1945. Dans la rue principale de Sétif en Algérie, de nombreux Algériens se rassemblent pacifiquement pour exiger la libération du dirigeant nationaliste Messali Hadj et défendre "l’Algérie libre". A cette occasion un jeune scout musulman, Saal Bouzid, arbore le nouveau drapeau symbolique devenant l’emblème de l’Algérie. Depuis soixante dix ans, ces crimes contre l’humanité, puisque c’est l’armée, la police et les milices armées par les autorités préfectorales locales qui organisèrent ces assassinats, ne sont toujours pas reconnus comme tels, ni condamnés.

Lors d’une visite à Sétif, le 27 février 2005, M. Hubert Colin de Verdière, ambassadeur de France à Alger, a qualifié les "massacres du 8 mai 1945" de "tragédie inexcusable, à la suite d’un climat de peur, de manifestations" (confirmé dans les mêmes termes par le ministre Michel Barnier le 8 mai 2005.). Son successeur M. Bernard Bajolet a déclaré à Guelma en avril 2008 devant des étudiants algériens que "le temps de la dénégation des massacres perpétrés par la colonisation en Algérie est terminé". Lors de sa campagne électorale, M. François Hollande avait promis que l’Etat Français procéderait à la reconnaissance des crimes coloniaux et lors de son voyage à Alger en décembre 2012, il avait évoqué "les souffrances de la colonisation".

Le 8 mai 2005, à la tribune de l’université de Sétif, à l’occasion du colloque commémorant le 60ème anniversaire de ce massacre auquel j’avais été invité, devant les 1.700 auditeursje déclarais : "Comme Français, témoin de cette guerre d’Algérie qui en découlera, je considère que ces propos officiels sont scandaleux, inacceptables : Non cette "tragédie n’est pas inexcusable", elle est condamnable et elle doit être condamnée de façon claire et nette. Ces "événements" ne sont pas le "déchaînement d’un climat de peur, de manifestations" comme cela a été déclaré, renvoyant en somme dos à dos deux groupes de manifestants. Le jeune Saal Bouzid, 26 ans, n’avait ni peur ni haine, il brandissait simplement le drapeau algérien, c’est pour cela qu’il a été abattu. C’est le résultat d’une politique de colonisation, d’humiliation d’"indigènes" qui n’avaient pas le droit d’être des citoyens à part entière. " A ce moment là toute la salle bondée s’était levée et avait applaudi pendant un long moment. Quelle émotion !!! Mais aussi, quel message à la France de répondre à une attente aussi unanime, légitime, du peuple algérien.

En ce 70ème anniversaire de ce massacre, à l’occasion de votre voyage mémoriel à Sétif, il serait incompréhensible que, au nom du Gouvernement, vous n’exprimiez pas sur place une déclaration nette, reconnaissant la responsabilité de la France dans ce crime contre l’humanité, et la condamnant.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, mes sincères et respectueuses salutations.

Je publierai mes réactions à la suite de ce voyage

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