Henri POUILLOT
Guerre d’Algérie, Colonialisme...
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Action Psychologique de l’Armée pendant la Guerre d’Algérie

Pendant cette Guerre d’Algérie, l’Armée avait mis en place un service d’action psychologique intense pour le conditionnement des appelés du Contingent et de leur famille, et même la presse.

Article mis en ligne le 6 juin 2010
dernière modification le 3 juillet 2010
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Une action psychologique intense

Pendant cette Guerre d’Algérie, l’Armée avait mis en place un service psychologique intense pour le conditionnement des appelés du Contingent et de leur famille. Outre les réunions "d’informations", qui en fait tentaient d’être des mises en conditionnement, organisées par les officiers pour "justifier" la démarche militaire, il y a avait deux publications éditées par ces services :
- Le journal "Le Bled" qui était remis à chaque militaire, présentait une action "pacificatrice" très orientée dans une optique militaire, très colonialiste.
- Des cartes postales en noir et blanc : des photos prises ici ou là et avec un commentaire très particulier pour chacune. Ces cartes étaient remises à chaque appelé (autant qu’il en voulait) pour écrire à sa famille, aux amis. Elles étaient gratuites. En voici juste quelques exemplaires et le commentaire "officiel" qui figurait sur la carte.

"Comme 300 autres, cette école a été brûlée par les rebelles"

"La vie quotidienne unit tous les Français d’Algérie quelque soit leur origine"

"Pour permettre aux jeunes kabyles de continuer leurs études, l’armée de pacification utilise différentes formules : ici une classe en plein air a été organisée".

"Les enfants musulmans reprennent confiance devant ce souriant visage d’un gars de France."

"Un village algérien où la paix est revenue"

"L’amitié est revenue dans le Village"

"Ce jeune musulman est devenu le camarade de ces trois soldats"

"L’armée protège les populations non seulement contre les entreprises des rebelles mais encore contre les atteintes de la maladie."

"Un soldat et son tout jeune ami musulman"

P.S. :

Commentaires

Ces cartes tentaient de faire passer 3 messages :

  1. - le FLN, les "rebelles" c’étaient des barbares, des terroristes, dangereux... : ils brûlent les écoles !!!
  2. - l’Armée travaillait à la "pacification" et elle avait un rôle social : éducation, sanitaire... Mais, malgré ces affirmations péremptoires, il ne faut pas oublier que ce ne sont pas plus de 15% de la poluation FNSA (Français de souche nord africaine) qui ont été scolarisés et souvent qu’à temps très partiel, et ce, même avec les efforts de l’Armée et de ses SAS.
  3. - l’Armée avait pu "redonner" confiance aux "musulmans". C’est à dire que l’Armée avait pu jouer son rôle de maintien de l’ordre, et d’éradication du FLN dans la polulation algérienne... Le journal "le BLED", lui, essentiellement destiné aux appelés, relatait les attentats FLN, avec toutes les horreurs possibles, pour inciter les soldats à "se venger", à "venger les copains",... Ce média, le seul accessible au jeunes du contingent, "justifiait" la politique civilisatrice de l’Armée, permettant le ralliement de la population "musulmane" (le terme algérien n’était pas employé et tout autochtone était considéré comme musulman).

Les journaux métropolitains étaient quasi inaccessibles : l’Humanité, l’Express, le Nouvel Observateur, le Monde... interdits en Algérie, et les autres parfois présents dans les librairies de grandes villes : Oran, Alger, Constantine... Seules les radios RMC (Radio Monte Carlo), parfois Europe, difficilement Radio France pouvaient être captées. Les informations en provenance de l’Algérie, de toutes façons, n’étaient que celles transmises par le service d’information de l’Armée.

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Action Psychologique de l’Armée pendant la Guerre d’Algérie
AMAROUCHE - le 13 février 2012

Bonjour !

Tout d’abord merci pour l’ouverture de cette page expressive, bonne année 2012.

Au bled kabyle isolé, conditionné, manquant de culture, de cellule psychologique d’encadrement équilibré d’un jeune garçon face à la guerre, les absences de médias, les privations en tout pour résister et subsister, alors qu’à l’époque les appareils photos n’étaient non seulement pas à la portée de tout le monde mais surtout, que c’était extrêmement difficile de se permettre le luxe d’acheter une pellicule dans une ville voisine dont il faut un laissez-passer pour s’y rendre, avoir l’autorisation de filmer quoi que ce soit eu égard à la haute surveillance sévissant dans les villages, et où doit-on se faire procurer de l’argent pour faire le développement des photos ? Que dire des postes transistors radios, quand les gens vivent sous le régime du rationnement alimentaire surtout qu’à El-Maïn - Arrondissement de Lafayette - Département de Sétif, lieu géographique du 2ème poste avancé français installé le mois d’Avril 1957 par le premier capitaine Georges Laurent dépendant de la 19 ème division d’infanterie, 4ème régiment de dragons, 4ème escadron S.P 86 692 F.M, autrefois siège de douar dépendant de la commune mixte des Bibans - Arrondissement de Sétif - Département de Constantine découpé de cette région à ce moment là pour des motifs sécuritaires des convois, car la piste principale reliant ce lieu dit avec Tniet El Khémis traversant une zone forestière montagneuse prolongement de Bôni était coupée en 1956 par le F.L.N/A.L.N et que par la suite, fût endommagée par les bombardements de l’aviation française ?

Un génie militaire s’installe à Ouled Halla (ex : Janet), rase le village et ouvre une nouvelle piste d’accès avec Guenzet via le village d’Aourir Ou Eulmi traversant la rivière de Lokhnak avec un pont par dessus lequel passe l’eau au lieu que ce soit en dessous pour servir beaucoup plus pour les besoins militaires donc, que ceux des civils en 1957.

La population de cette région hautement malmenée par les bombardements des villages et les déclenchements d’opérations de ratissages spontanément notamment celle du général Dufourt, était acquise au F.L.N/A.L.N à la fin de 1955 jusqu’à l’installation de ce poste par la force des choses comme les accrochages appuyés par l’aviation de chasse.

Pourquoi au jour comme aujourd’hui les photos de collection dorment encore chez des particuliers et dans des cartons au S.H.A.T au château de Vincennes, alors que rien ne justifie une telle démarche ou censure y compris l’alibi des heurts des sensibilités puisque les chaînes de télés nous montrent de nos jours en direct, les horreurs par des bombardements et des affrontements ici ou là à travers le monde ? Est-ce-qu’une telle action psychologique change de visage ?



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