Henri POUILLOT
Guerre d’Algérie, Colonialisme...
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Edito du 1er Janvier 2014
Bonne année 2014
Article mis en ligne le 1er janvier 2014
dernière modification le 2 avril 2014

par Henri POUILLOT
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En cette nouvelle année qui commence, c’est évidemment l’espoir que cette année 2014 apporte paix, joie, bonheur, prospérité, justice sociale, un vivre ensemble harmonieux pour tous et pour chacun une bonne santé et la réalisation des vœux personnels...

Je suis de ceux qui, comme beaucoup, sans trop d’illusions, avaient quand même voté pour "Le changement, c’est maintenant". Certes le sarkozisme a été rejeté, mais, hélas, sur de nombreux domaines la politique fondamentale menée par le pouvoir en place n’a pas été en réelle rupture avec celle menée auparavant. Ici, je n’évoquerai pas les questions sociales, économiques qui, pour l’essentiel ne sont pas des orientations de gauche, mais une continuité de favoritisme du capital au détriment du monde du travail.

Je veux évoquer ici essentiellement les questions de colonialisme, de droits de l’homme, de rapports avec l’Algérie (ce pays qui compte tant pour moi)... ces questions pour lesquelles je milite depuis tant d’années et pour lesquelles j’espérais quand même un certain infléchissement, du fait des engagements pris lors de la campagne électorale de la présidentielle. Hélas, mes inquiétudes, mes regrets sont grands tant des indices pessimistes sont encore à l’ordre du jour :
- La politique de la Françafrique reste plus que jamais à l’ordre du jour : Que ce soit en Centrafrique ou au Mali, la politique de gendarme de la Françafrique menée par la France "officielle", se poursuit avec les drames quotidiens et se trouve très certainement engagée pour de nombreuses années. Les gages donnés ne sont pas une amélioration sociale de ces pays mais le soutien aux multinationales dites françaises (Total, Aréva, Bollorée..) de pouvoir continuer à exploiter tranquillement les richesses locales sans que les peuples locaux profitent de ces mânes sans même que celles-ci paient les impôts qu’elles devraient à la collectivité française.
Le soutien aux dictateurs africains reste à l’ordre du jour, avec la corruption de ceux-ci, en contrepartie du pillage des richesses naturelles de ces pays.

- Les leçons de droits de l’homme proférées par le Président Hollande sont vraiment à géométrie variable. Je n’évoquerai juste que quelques rappels :
- Honneurs officiels (avec la présence de ministres) au Général Bigeard, ce tortionnaire, cet inventeur de la technique des "crevettes bigeard"
- Une critique de la politique du régime syrien pour l’utilisation de gaz de combat alors que la France les a utilisés en particulier pendant la Guerre d’Algérie, sans avoir reconnu et condamné cette responsabilité.
- Un hommage rendu à l’Allemagne pour son geste symbolique à Oradour sur Glane mais un mutisme complice pour les 600 à 800 villages rasés au napalm pendant la Guerre d’Algérie ces "oradours" à la française.
- Un ministre de l’intérieur qui par ses propos et la politique menée, fait une étrange concurrence avec celle des ex-ministres sarkozistes de la Place Bauveau. Il échappera peut-être à la justice "officielle" pour les odieuses expressions racistes concernant les Rroms, mais pas celle des citoyens français défenseurs du "vivre ensemble", malgré ou plutôt grâce aux différences.

- Les rapports avec l’Algérie, 50 ans après l’indépendance de ce pays qui a payé un si lourd tribut pour vivre libre, débarrassé du joug du colonialisme, ce système basé sur le racisme.
- Après la position du candidat à la présidence signant la pétition relative à la reconnaissance du 17 octobre 1961 comme un crime d’état et sa condamnation on pouvait espérer un geste significatif, et non pas seulement 3 phrases insipides loin des enjeux de ce terrible massacre, en plein Paris de centaines d’Algériens.
- Le voyage du Président Hollande il y a juste un an a été décevant, une occasion ratée de reconnaître et condamner la responsabilité française dans les 130 ans de colonialisme imposé à ce peuple, aux crimes d’état, contre l’Humanité commis au nom de la France : centres d’internement (pudiquement appelés centres de regroupement), tortures, corvées de bois, viols, exécutions sommaires,et rappelées plus haut (utilisation de gaz chimique, utilisation massive du napalm, courriers favorables aux nostalgiques de l’Algérie Française et de l’OAS, honneur aux tortionnaires Bigeard, Aussaresses,... )
- Déjà lors de ce voyage, malgré le recueillement programmé au dernier moment Place Maurice Audin, ce dossier promis d’être enfin rendu officiellement public reste "top secret". L’occasion du décès de Henri Alleg n’a pas été plus propice pour reconnaître et condamner cette institution généralisée de la Torture pendant la Guerre d’Algérie.
- La France a pourtant la responsabilité de plusieurs centaines de milliers de victimes en Algérie
- Le voyage du Premier Ministre du Gouvernement français, il y a quelques semaines, confirme une politique officielle française, autiste. Il semble bien que la priorité (comme l’avait préparé quelques mois au paravent le colloque organisé par Jean-Pierre Chevènement) soit que les entreprises "françaises" puissent se délocaliser en Algérie : ce pays dispose d’’une possibilité financière d’investissement important, de nombreux jeunes algériens bien formés (ne demandant qu’une très petite période d’adaptation professionnelle) souvent au chômage ne sont pas exigeants... cela permettant des délocalisation sans doute plus rentables qu’en Chine !!! Atre contrepartie sans doute, le soutien au président Abdelaziz Bouteflika pour que le système perdure.
- La cerise sur le gâteau, si l’on ose dire : la "gaffe" du Président Hollande lors du 70ème anniversaire du CRIF. Cette "boutade" officielle n’est pas anodine. elle avait 2 objectifs flatter le sionisme israélien (comme cela l’avait été lors du voyage présidentiel en Israël quelques semaine plus tôt) en mettant en cause un pays "arabe" donc "hostile" au "pays ami", et rappeler à l’Algérie que la France, comme au temps du colonialisme, n’était pas capable de régler ses problèmes internes sans que notre pays lui donne des leçons. C’est le "naturel qui s’exprimait ainsi.

Oui, vraiment, pour 2014, il est temps que la politique française dans des domaines change radicalement. Un souhait très concret serait qu’enfin il n’y ait plus besoin de visas entre l’Algérie et la France pour permettre aux nombreuses familles éclatées des 2 côtés de la Méditerranée puissent se retrouver facilement. 2014, c’est aussi le 70ème anniversaire du déclenchement de la Guerre d’indépendance algérienne et à cette occasion, espérons que des avancées significatives puissent se concrétiser. Espérons que le colloque en gestation sur le thème "Regards croisés sur la Guerre d’Algérie" qui se tiendra cette année permettra d’aller dans ce sens de la reconnaissance et condamnation officielle de la responsabilité française face à l’Algérie. Un geste TRES symbolique qui pourrait être retenu à cette occasion serait alors certainement une impulsion déterminante vers un réel traité d’amitié entre nos deux peuples, établi sur des bases sans équivoques.

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