Henri POUILLOT
Guerre d’Algérie, Colonialisme...
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Il y a 70 ans : L’affiche Rouge
Article mis en ligne le 24 novembre 2013
dernière modification le 2 avril 2014

par Henri POUILLOT
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Il y a 70 ans : L’affiche Rouge

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En novembre 1943, 24 personnes étaient arrêtées 23 seront condamnés à mort, 22 seront fusillés au Mont Valérien (21 le 21 février 1944, un le 11 avril 1944) et une décapitée le 10 mai 1944 à Stuttgart en Allemagne.

Ces 24 héros étaient des immigrés, venus en France pour fuir la persécution dans leur pays, le nazisme, le racisme, le fascisme... "Naturellement", pour eux, ils se sont engagés dans les FTP-MOI (Francs Tireurs Partisans de la Main d’Œuvre Immigrée). Ces groupes clandestins, constitués à l’initiative du Parti Communiste Français, étaient les groupes armés de la Résistance pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Pour la Gestapo, le Gouvernements de Vichy, ils étaient les pires ennemis, ils cumulaient tous les critères de leurs traques : communistes, étrangers, et plusieurs étaient même juifs !!!

Comment, 70 ans plus tard, ne pas retenir cette leçon de l’histoire ? Le racisme aujourd’hui reprend de l’ampleur. Depuis des années, avec en particulier l’action du sarkozysme : le Ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale, le débat sur l’identité nationale... la parole raciste s’est "libérée", la xénophobie s’est développée... apportant ainsi le terreau au Front National à le "Droite décomplexée" revendiquée par une partie de l’UMP. Les actes racistes se multiplient. Aujourd’hui ce sont les immigrés (toujours), les musulmans (prioritairement, encore plus que les juifs) et surtout les Rroms qui sont devenus les boucs émissaires.

On aurait pu espérer que le "Changement, c’est maintenant", ce slogan tant répété dans la campagne électorale présidentielle de 2012 allait s’appliquer. Malheureusement, comme sous le Sarkozisme, le ministre de l’Intérieur actuel (Manuel Valls) est lui aussi poursuivi pour racisme. Ses propos concernant les Rroms sont plus que scandaleux dans la bouche d’une personne osant se considérer comme étant de gauche. Face à l’immigration, la politique n’a, elle non plus, pas changé : toujours autant d’expulsions, toujours pas le droit de vote pour les étrangers...

Il serait grand temps que le pouvoir en place Président de la République et Gouvernement "changent maintenant" de politique et que le "Vivre ensemble" soit enfin la ligne de conduite.

P.S. :

Poème de Louis Aragon écrit en 1956 à l’occasion de l’inauguration de la "Rue du Groupe Manouchian" à Paris (20ème arrondissement), publié dans le Roman inachevé en 1956 et chanté en particulier par Léo Ferré sous le titre de "L’Affiche Rouge"

“ Vous n’avez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l’orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servi simplement de vos armes
La mort n’éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L’affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers momentsEt c’est alors que l’un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand
Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses

Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan

Un grand soleil d’hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée o mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d’avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant.”

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