Henri POUILLOT
Guerre d’Algérie, Colonialisme...
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Honte à ce Gouvernement de "gauche"
La manière de saluer le 50ème anniversaire de la fin de la Guerre d’Algérie

Le Président de la République et sa majorité ont été élus sur le mot d’ordre : "Le Changement, c’est Maintenant".
Effectivement, malheureusement, Oui, le Changement, c’est maintenant !!! Voici quelques exemples navrants qui marquent la façon dont les plus hautes autorités de l’Etat entendant saluer le 50ème anniversaire de la fin de la Guerre d’Algérie.

Article mis en ligne le 4 octobre 2012

par Henri POUILLOT
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Honte à ce Gouvernement de "gauche"

Le Président de la République et sa majorité ont été élus sur le mot d’ordre : "Le Changement, c’est Maintenant".

Effectivement, malheureusement, Oui, le Changement, c’est maintenant !!! Voici quelques exemples navrants qui marquent la façon dont les plus hautes autorités de l’Etat entendant saluer le 50ème anniversaire de la fin de la Guerre d’Algérie.

L’an dernier, le Candidat président, élu ensuite, avait, à titre personnel, signé l’appel de Médiapart demandant la reconnaissance et la condamnation du crime d’Etat que représentait le 17 Octobre 1961. Ce président, une fois élu, fait preuve d’un silence étourdissant à ce sujet, malgré une intervention du "Collectif 17 octobre 1961".

Le Président de la République et le Ministre de la Défense ont reçu une lettre ouverte le 2 septembre dernier leur demandant d’intervenir pour qu’un hommage ne soit pas rendu (au sein de la Caserne de formation des jeunes parachutistes de Pau) au Colonel Château-Jobert le 22 octobre prochain. Une cérémonie semblait programmée pour commémorer le second anniversaire de l’inauguration de la stèle qui y a été installée. Il faut rappeler que cet officier a participé au putsch d’Avril 1961, a déserté, a dirigé le maquis de l’Ouarsenis (ayant pour objectif de garder l’Algérie Française en remettant en cause le cessez-le-feu) Il avait été condamné à mort par contumace pour ses activités OAS. A ce jour, c’est le silence absolu, aucune réponse. Un laisser faire complice ? Quel exemple pour le civisme des jeunes recrues.

De nombreuses organisations, des personnalités diverses se sont adressées, avant le 5 juillet 2012 (50ème anniversaire de la fête de l’Indépendance algérienne) au Président de la République ou au Premier Ministre pour qu’une expression officielle soit exprimée face à la présence coloniale française de 1830 à 1962 en Algérie pour reconnaître et condamner la responsabilité française dans ce domaine. C’était une occasion remarquable. Dans ce domaine là aussi c’est le silence assourdissant qui reste la seule réponse.

Trois ministres sont allés en Algérie pour "préparer" le voyage du Président de la République prévu début décembre prochain. Un quatrième y sera dans quelques jours. La presse française reste totalement muette à ce sujet. La presse algérienne a évoqué une sollicitation des autorités algériennes pour faciliter une intervention militaire française au Mali, et surtout les préparatifs pour la signature de contrats entre les entreprises françaises et l’Algérie en justifiant que ce pays dispose d’une trésorerie importante permettant ainsi des investissements rentables. Il est peu probable que le Ministre de l’intérieur y aille pour proposer que les visas permettant les échanges entres les familles éclatées des 2 cotés de la Méditerranée soient plus largement accordés, mais il va certainement, dans la ligne constatée depuis sa prise de fonction, tenter de durcir les échanges de personnes. Mais aucun n’aurait évoqué la reconnaissance et condamnation de la responsabilité française dans sa période colonisatrice. Sans doute sans importance !!!

L’équipe sarkosyste avait prévu que les cendres du général Bigeard seraient déposées aux Invalides. Devant les réactions (une pétition recueillant près de 10.000 signatures), cette décision avait été différée. Eh bien, le changement arrive, là aussi : c’est le Ministre de la Défense, lui-même, qui va inaugurer une stèle à la gloire de cet officier tortionnaire sur le mémorial des guerres d’Indochine à Fréjus, le 20 novembre prochain (annonce faite sur le site du ministère). Les arguments sont extraordinaires : " Le général Bigeard, était un meneur d’hommes. Celui vers qui les regards se tournent naturellement dans les moments les plus difficiles ; celui qui cultive le goût de l’exigence et de la "belle gueule", celui qui enseigne que pour "être et durer" il faut être souple comme le cuir et trempé comme l’acier." Et, autre argument "Il n’avait de cesse de conduire ses "lézards verts" pour quelques parcelles de gloire." Quel message adressé aux Algériens !!! Ce général qui a contesté avoir pratiqué lui-même la torture mais qui déclarait en 2000 "La gégène pouvait délier les langues" puis en 2007 : "Les interrogatoires musclés, c’était un moyen de récolter des infos". Mais ce général a aussi le triste privilège d’avoir immortalisé une expression : les "Crevettes Bigeard". Pour éliminer physiquement, en faisant disparaître les corps, Bigeard avait inventé cette technique : sceller les pieds du condamné (sans jugement, sinon le sien), vivant, dans un bloc de béton et le larguer de 200 ou 300 mètres d’altitude d’un avion ou d’un hélicoptère en pleine mer. Il avait perfectionné cette technique : au début les algériens étaient simplement largués dans les massifs montagneux, mais leurs corps étaient retrouvés. La seconde étape fut le largage en mer, mais quelques un sont parvenus à revenir à la nage sur la côte et échapper miraculeusement à la mort. C’est pourquoi il "fignola" le raffinement de sa cruauté en inventant le bloc de ciment. C’est par cette technique enseignée par son ami le Général Aussaresses (et les officiers supérieurs instructeurs associés Lacheroy, Trinquier…) que cette technique a été exportée en Argentine en particulier pour les 30.000 disparus que pleuraient les "Folles de la Place de Mai". Et dans un mois, la République Française va donc rendre un honneur officiel à un tel personnage. Quelle honte !!!!

Est-ce que le changement dans les relations franco-algériennes ce serait :
-  un simple accord économique, qui sentirait le gaz ou le pétrole, avec un relent, en prime, une sorte de re-colonisation de l’Algérie et de ses ressources ?
-  ou un réel traité d’amitié entre nos peuples Français et Algériens, basé sur des valeurs humanistes, prenant donc en compte ce passé peu glorieux de la France, permettant des échanges, certes économiques, mais aussi des personnes.

Non Monsieur Hollande, non Monsieur le Premier ministre, "Le changement, c’est maintenant" que beaucoup espéraient tant, pour lequel ils ont voté, ce n’est pas cette politique envers l’Algérie qu’ils attendaient, mais qu’enfin, la gauche au pouvoir allait faire preuve d’humanisme, condamner le colonialisme et ses séquelles, condamner les crimes commis sur cette base au nom de la France, regagner une image de pays des droits de l’homme, permettre un réel traité d’amitié entre les peuples algériens et français, favoriser les échanges qui devraient si naturel entre les 2 rives de la Méditerranée.

Il serait temps de rompre avec la nostalgie de l’ "Algérie Française"

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