Henri POUILLOT
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COLONISATION DE L’ALGÉRIE PAR LA FRANCE
Une "formidable aventure" pour Sarkozy

Un article du journal quotidien algérien "L’Expression" qui analyse le discours de Sarkozy lu par son ministre LONGUET envers les nostalgiques de l’Algérie Française réunis à Perpignan le 29 janvier 2012

Article mis en ligne le 1er février 2012

par Henri POUILLOT
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Naturellement ce discours est indécent, choquant pour le peuple algérien.
Après la demande faite par Alain Juppé, es-qualité de Ministre des Affaires Étrangères Françaises, aux autorités de l’État Algérien de célébrer ce 50ème anniversaire dans la modération, cette nouvelle expression est indigne de notre pays.
Elle est dans la ligne honteuse tracée par notre Président de la République qui disait en décembre 2007, à l’occasion de son voyage en Algérie : "Les jeunes générations n’attendent pas de leurs dirigeants qu’ils se mortifient pour les erreurs passées". Quelle insulte pour la mémoire des victimes !!!

L’article du Journal "L’Expression"

COLONISATION DE L’ALGÉRIE PAR LA FRANCE

Une "formidable aventure" pour Sarkozy

Par Mohamed TOUATI - Mercredi 01 Fevrier 2012

Dans un message adressé aux rapatriés d’Algérie (harkis, pieds-noirs) lu en son nom par son ministre de la Défense, Gérard Longuet, le chef de l’Etat français a assuré que l’année 2012 ne sera pas celle de la repentance.

L’Algérie s’apprête à célébrer le cinquantième anniversaire de son accession à l’indépendance qui a mis fin à plus de 130 années de colonisation française. La France officielle qui doit être présente à ces festivités ne porte pas le même regard que son ex-colonie sur cette période.
Les enfumades, la torture, les bombardements au napalm, les exécutions sommaires...n’ont pas droit de cité. Ils remueraient le couteau dans la plaie et mettraient le doigt sur des atrocités que la mémoire sélective française a temporairement évacuées.

Une culpabilité vouée à l’amnésie pour mieux dissimuler un pan de l’histoire dramatique et peu glorieuse de la présence française en Algérie.
Une position défendue avec acharnement par l’actuel locataire de l’Elysée : « Les hommes et les femmes qui sont partis s’installer en Afrique du Nord (...), loin d’être frappés d’opprobre, méritent notre reconnaissance. En développant l’économie de ces nouveaux territoires, ils ont oeuvré à la grandeur de la France », a-t-il déclaré dimanche dernier dans un message adressé aux rapatriés d’Algérie (harkis, pieds-noirs) lu en son nom par son ministre de la Défense, Gérard Longuet. Que « nos compatriotes de métropole sachent ce qu’a été cette formidable aventure », a-t-il a souligné sous un tonnerre d’applaudissements.
Pour les Algériens cette « aventure » s’est soldée par 1,5 million de martyrs. Une forme de négationnisme du génocide algérien que les gouvernements français successifs n’ont pas reconnu et se sont évertués à cultiver.

Lors de sa visite en Algérie, au début du mois de décembre 2007, le successeur de Jacques Chirac n’avait-il pas déclaré que les atrocités ont été commises de part et d’autre ? Nicolas Sarkozy vient d’afficher son refus définitif d’une peu probable repentance de la France. « Je vous affirme que cette année 2012, cinquantenaire de la fin de la Guerre d’Algérie, sera l’année du souvenir et du recueillement, et sûrement pas celle de la repentance », a indiqué le président français dans son message.
Des propos qui caressent dans le sens du poil, d’éventuelles voix qui se reporteraient sur sa personne pour qu’il puisse se succéder à lui-même dans un peu plus de trois mois, mais qui seront, certainement, fort peu appréciés de l’autre côté de la Méditerranée. La course à l’Elysée étant désormais lancée, tous les coups sont permis et toutes les voix sont bonnes à prendre. Même celles naturellement destinées à l’extrême-droite.
C’est le cas de ce réservoir électoral, bien particulier constitué par les rapatriés d’Algérie (harkis et pieds-noirs).

Des nostalgiques de l’Algérie française très sensibles aux discours développés par l’ex-président du Front National qui a pratiqué la torture durant la Guerre d’Algérie. Des slogans racistes et xénophobes repris aujourd’hui par son héritière, Marine Le Pen. Nicolas Sarkozy braconne sur leurs terres. Le 29 janvier à l’occasion de l’inauguration d’un centre dédié à la présence des Français en Algérie de 1830 à 1962, le président de la République française n’a pas hésité à faire les yeux doux à leurs admirateurs. Ont-ils mordu à l’hameçon ?

Rendez-vous dans moins de 100 jours pour le savoir.

P.S. :

Même si le terme de génocide n’est pas approprié, La France se doit de reconnaître les crimes d’état et crimes commis pendant la période coloniale, et pendant les guerres de libération, en particulier celle d’Algérie. La France n’a pas le droit de donner des leçons de "droits de l’homme" (comme elle l’a fait récemment à la Turquie par la voix de son Président), tant qu’elle n’a pas fait elle-même son examen de conscience.

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