Henri POUILLOT
Guerre d’Algérie, Colonialisme...
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Mon intervention vers la Revue Historia

Voici la lettre envoyée le 13 février 2007 :

Article mis en ligne le 4 juin 2010
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La revue HISTORIA a publié,
dans son numéro de Février 2007,un dossier spécial sur la Bataille d’Alger de 1957.
Je me suis senti obligé d’intervenir auprès du Rédacteur en Chef pour m’étonner de la façon dont ce sujet était traité, pour une révue spécialisée qui prétend éclairer des faits historiques à partir de références incontestables.

13 février 2007

Monsieur le rédacteur en Chef.

J’ai lu avec beaucoup d’attention votre dossier relatif à la "Bataille d’ALGER". En effet, je suis un témoin de la Guerre d’Algérie, y ayant acquis une conscience d’anticolonialiste. Depuis quelques années, j’ai beaucoup témoigné, en particulier sur les questions de la torture pendant cette guerre, puisque, appelé, je me suis trouvé affecté à la Villa Susini à Alger pendant les derniers mois de cette tragédie. Et comme cette période de 1957 a été un tournant dans la façon de mener cette Guerre d’Algérie, avec les pratiques institutionnalisée par les théoriciens "Larcheroy, Trinquier et consors…" je suis très attentif à ce qui peut être écrit à ce sujet. Même si je n’ai la qualité d’historien labellisé par des diplômes universitaires en la matière, mon expérience et les confrontations que j’ai été amené à assumer, me permettent d’avoir un certain regard critique sur la Guerre d’Algérie. Pour une revue qui a des prétentions, comme la vôtre, de présenter ses dossiers sérieux, il me semble que plusieurs points, soit par la traduction qui en est faite, mais encore plus par les "oublis" qui en sont manifestes, la crédibilité du sujet, tel qu’il est abordé, prête en partie à caution sur :
- La grève "insurrectionnelle" lancée aux derniers jours de janvier 1957 est très suivie. Il a fallu que l’armée développe toute son énergie pour forcer l’ouverture des boutiques et les multiplie les réquisitions pour résorber ce mouvement qui avait pris au dépourvu les autorités militaires. Titrer (page 58), dans l’encadré, "La campagne d’attentats reprend après l’échec de la grève" est pour le moins osé.
- A aucun moment le rôle du Lieutenant Jean-Marie Le PEN ou de celui du Capitaine Maurice SCHMITT, tous deux aussi affectés aux services de renseignements de l’époque l’un à la Villa Susini, l’autre à l’Ecole Sarrouy ne sont évoqués. Pourtant ils ont eu un rôle important dans la chaîne de cette "pratique de la recherche du renseignement". Tous deux ont été largement mis en cause pour leurs responsabilités dans cette période pour leur participation aux tortures infligées à des témoins qui "osé" les accuser encore récemment et publiquement. Ce silence ne serait-il pas complice, n’aurait-il pas, pour objectif, de les protéger, de les disculper ?
- Jean Delmas, historien, en dit trop ou pas assez sur la disparition de Maurice AUDIN, il affirme en effet : "il y a bien un transfert au cours ou au bout duquel le jeune universitaire a été éliminé". Cette version ne coïncide ni avec la version officielle de l’évasion, ni avec la version officieuse selon lequel il serait mort sous la torture. Et, même si je suis sans doute d’accord avec lui, compte-tenu des recoupements d’informations dont je dispose actuellement à ce sujet, le flou sur cette "disparition" n’est plus tolérable. Mais, aujourd’hui, il existe encore 4 militaires, 4 officiers en fonction dans les services de renseignements de cette époque, à Alger, qui savent, eux, avec précision, quel est l’officier dont les mains ont été tachées du sang de cet universitaire. Il s’agit de Jean-Marie Le PEN, Maurice SCHMITT, Marcel BIGEARD et Paul AUSSARESSES. Ils se taisent sans doute pour ne pas ternir un peu plus la mémoire de cet exécutant de basses œuvres parce qu’ils ne peuvent plus être accusés de non assistance à personne à danger, mais ils sont coupables d’entrave à la vérité historique. En gardant le silence ils rejettent sur l’institution de l’Armée cette lourde responsabilité.
Je n’évoquerai que ces 3 points au sujet de ce dossier, pour démontrer, sur des questions fondamentales, comment un tel dossier aurait mérité un autre traitement plus rigoureux. Vous pouvez publier cette lettre dans votre prochain numéro. Je m’engage à publier votre réponse sur mon site dès que je l’aurai reçue. Veuillez agréer, Monsieur le Rédacteur en Chef, mes sincères salutations.

P.S. :

Cette lettre, à ce jour, est toujours sans réponse !!!

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