Henri POUILLOT
Guerre d’Algérie, Colonialisme...
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Lettre à François Hollande
Au sujet de Théo Balalas

Elle lui a été adressée au titre de premier secrétaire du Parti socialiste

Article mis en ligne le 18 septembre 2006
dernière modification le 5 novembre 2010

par Henri POUILLOT
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Cher Camarade,

Je suis un témoin de la Guerre d’Algérie, y ayant acquis une conscience d’anticolonialiste. Depuis quelques années, j’ai beaucoup témoigné, en particulier sur les questions de la torture pendant cette guerre, puisque, appelé, je me suis trouvé affecté à la Villa Susini à Alger pendant les derniers mois de cette tragédie. J’ai vu également les pratiques de l’OAS, me trouvant deux fois très directement menacé dans ma vie, ou pour le moins mon intégrité physique, à l’occasion d’opérations des tueurs de cette organisation.

Je suis profondément troublé par une information qui vient de m’être transmise, et j’aimerais bien que le PS puisse me rassurer. Depuis la fin des vacances circule une rumeur selon laquelle Théo (ou Théodore) BALALAS, ancien membre de l’OAS, dont le nom figure comme un ancien membre de l’OAS emprisonné à la Prison de la Santé dans l’annuaire des membres de l’ADIMAD-OAS diffusé sur son site Internet, pour ses activités factieuses de l’époque, serait membre du Parti Socialiste des Bouches du Rhône, et sans doute depuis un certain nombre d’années. Il y serait même responsable du recrutement.

Déjà, cet aspect est des plus inquiétants, mais il se dit aussi que, dans les années 1970, il aurait été l’un des principaux artisans de la création d’Ordre Nouveau dans la Région Marseillaise, tristement célèbre à cette époque pour son activité fascisante.

Pire (?), en 1972, il aurait œuvré à l’implantation d’un tout jeune parti : le Front National. En 1973, avec l’émergence du Comité de défense des Marseillais domicilié au siège du Front National, il est considéré comme l’un des animateurs de cette association, fille du FN, dirigée par un sous officier de la Légion et qui organisait les plasticages, les agressions, les meurtres… Dans le restaurant, situé dans le quartier de l’Opéra à Marseille, tenu par sa mère, il parait qu’on le rencontrait régulièrement avec son ami Jean-Jacques Susini ex-éminence grise des anciens généraux factieux ayant organisé le putsch d’avril 1961.
Quand, il adhère au Parti Socialiste, sans doute vers les années 1973, on pourrait penser qu’il a eu une révélation, fait son autocritique, reconnu ses erreurs… mais il n’y a pas de traces connues de tels "repentirs" de sa part… Pendant plus de 20 ans il aurait même très régulièrement continué de rencontrer ceux qu’ils présentait comme de très cordiales relations : Jean-Marie Le PEN, Jean-Jacques SUSINI, Ronald PERDOMO (responsable local du F.N.). Il semblerait que les contacts qu’il continue d’avoir avec cette mouvance, ces dernières années, seraient moins voyants.

J’aimerais donc être rassuré le plus rapidement possible, sur cette question très précise, et d’une façon plus globale de la position réelle du Parti Socialiste sur les questions du colonialisme, d’autant plus qu’il y a quelque jours les écrans de télévision présentaient Georges Frêche à côté de Ségolène Royal, à la même tribune, et semblant totalement complices. Une telle image du Parti Socialiste, de la gauche, en vue des prochaines échéances électorales, si elle s’avérait justifiée, ne pourrait que préparer un nouveau 21 avril 2001.

En attendant ta réponse, je te prie d’agréer mes plus cordiales salutations, malgré l’inquiétude ressentie.

P.S. :

Cette lettre, je l’ai faite à titre personnel de témoin de la guerre d’Algérie, de militant antiraciste, anticolonialiste. A ce jour, je n’ai reçu qu’un accusé de réception du courrier, et malgré deux relances, je n’ai eu aucune réponse, ce qui semble donc confirmer que ces craintes soient malheureusement bien fondées. Cette connivence a été confirmé depuis par sur divers médias et site, en particulier à l’occasion des élections municipales de mars 2008, ou "Théo" aurait joué un rôle important dans les arbitrages relatifs à la composition des listes de candidats.
Après le soutien de Frèche à Ségolène Royal, qui continue de s’afficher, l’esprit colonial des années 1955/60 ne semble donc pas totalement abandonné de la part de certains milieux influencés, dirigés par le Parti Socialiste.

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