Henri POUILLOT
Guerre d’Algérie, Colonialisme...
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Conférence de Presse : Manifestation du 13 Juillet 2010

Pour protester contre la venue de dictateurs africains à l’occasion du 50ème anniversaire de l’indépendance de ces anciennes colonies françaises : une manifestation pour dire non aux 50 ans de la Françafrique

Article mis en ligne le 8 juillet 2010
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Dossier remis lors de la Conférence de presse : Non au Défilé militaire du 14 juillet

Halte au scandale :50 ans de Françafrique ça suffit !
Jeudi 8 juillet 2010 à 10h30 à la Mairie du 2ème Arrondissement de Paris

Le 14 juillet, la Françafrique parade sur les Champs-Elysées !

50 ans de Françafrique ça suffit !

Au cours de cette conférence de presse, l’association Survie, le réseau Sortir du colonialisme, le collectif de solidarité avec les luttes sociales et politiques en Afrique et le MRAP ont pris la parole pour :
- dénoncer les armées africaines, milices et tortionnaires qui défileront sur les Champs Elysées le 14 juillet 2010.
- dénoncer le soutien de la France à ces armées ainsi qu’à ces dirigeants, élus bien souvent lors d’élections frauduleuses, malgré une rénovation annoncée de la politique de la France sur les questions militaires en Afrique.
- exposer les initiatives des mouvements qui organiseront la marche contre la Françafrique et le bal anticolonial du 13 juillet.

Intervenants :

Conférence de presse organisée par Survie, le Réseau Sortir du colonialisme et le Collectif de solidarité avec les luttes sociales et politiques en Afrique (Afriques en lutte (NPA), Assez de coups d’Etats (Mauritanie), CEDETIM, Fédération des Congolais de la Diaspora, Union des Populations du Cameroun, Les Verts) et le MRAP

Odile Biyidi, présidente de Survie

Patrick Farbiaz, membre du Réseau Sortir du Colonialisme

Benjamin Moutsila, représentant de la Fédération des Congolais de la Diaspora

Augusta Epanya, représentante de l’Union des Populations du Cameroun

Sissoko Anzoumane, membre du Ministère de la Régularisation de Tous les Sans-Papiers

Henri Pouillot, membre de la Direction du MRAP

50 ans après les indépendances : l’armée française et les armées africaines, quelques éclairages

Le 14 juillet, symbole de la conquête des libertés, les Champs-Elysées verront défiler des contingents des anciennes colonies tandis que les chefs d’Etat concernés seront associés aux festivités. Ceux-là même qui maltraitent leur population lassée des coups d’Etat qu’ils soient militaires, électoraux ou constitutionnels. La mise en scène sera parfaite. La confusion
des esprits aussi : en honorant les soldats des anciennes colonies, c’est la Françafrique qui va parader le 14 juillet prochain. Avec ses chefs en tribune.
Car quels seront les contingents qui défileront ?

A quelques jours du défilé, le flou le plus complet entoure toujours la participation des armées des anciennes colonies françaises en Afrique. Il est ainsi impossible de connaître les pays africains invités ce jour là et encore moins leurs unités militaires qui défileront le 14 juillet.
Sont-ils si peu présentables ? Verra-t-on défiler l’armée tchadienne qui enrôle des enfants soldats et qui assassine les opposants politiques comme en 2009 ? Verra-t-on la garde présidentielle gabonaise qui a réprimé dans le sang, la même année, les contestations post-électorales ? Ou l’armée togolaise coupable de plusieurs décennies de répression ? Verra-t-on le président congolais Sassou Nguesso, saluer ses troupes impliquées dans les massacres du Beach ?

En organisant ce défilé de troupes françafricaines, sous couvert d’honorer les soldats des anciennes colonies qui ont participé à la libération de l’Europe, la France encourage les régressions démocratiques et fait prospérer la Françafrique dans le droit fil des cinquante dernières
années. C’est un message sans ambiguïté envoyé aux peuples africains qui brûlent, depuis cinquante ans, de prendre leur Bastille.

LA PRÉSENCE MILITAIRE FRANÇAISE EN AFRIQUE : UNE RÉFORME EN TROMPE-L’OEIL

Un désengagement ?

La fermeture de la base militaire du Sénégal n’est pas une surprise. La réduction du nombre de soldats stationnés de manière permanente sur le continent africain est un processus continu depuis plusieurs décennies, mais
il a été largement compensé par une augmentation des moyens de projection de forces depuis la métropole. Il ne signifie absolument pas une volonté de non-ingérence : ni le rythme ni le volume des interventions militaire n’ont diminué ces dernières années. Il est simplement moins coûteux d’un point de vue budgétaire et en terme d’image de faire venir des renforts ponctuellement plutôt que de maintenir en permanence des installations lourdes.
Si, officiellement, il ne reste que deux bases militaires, au Gabon et à Djibouti, l’opération Epervier au Tchad depuis 1986 est une base militaire qui ne dit pas son nom, il y a d’autres dispositifs plus discrets sur le
continent, et des troupes en permanence à la Réunion ou à Mayotte (forces dites de souveraineté), ainsi que dans les golfes de Guinée et maintenant d’Aden.

La transparence ?

La re-négociation des accords de défense annoncée en février 2008 par le président N. Sarkozy devait se faire sous le signe de la transparence, les nouveaux accords devant être publiés et ne plus comporter de clauses secrètes.
A ce jour, on attend toujours la publication des accords renégociés (Togo, Cameroun, Centrafrique, Gabon). Surtout, cette renégociation a été menée dans l’opacité la plus totale, à l’abri des regards indiscrets des
parlementaires français ou africains qui sont mis devant le fait accompli. D’autre part, le nombre d’accords de défense est extrêmement restreint au regard de la quantité d’autres accords militaires aux statuts variés qui
sont la plupart tout aussi secrets, et qui suffisent à justifier une ingérence militaire française, comme on l’a encore vu au Tchad. Enfin, la France ne s’est de toute façon jamais embarrassée de formalisme juridique en matière
d’intervention militaire, sans même parler du recours aux moyens officieux : mercenaires, supplétifs africains, etc. C’est donc sur la pratique et non sur les textes qu’il faudra juger des évolutions réelles.
Un meilleur contrôle ?
En juillet 2008, le président Sarkozy a fait amender la constitution concernant le contrôle parlementaire sur les opérations militaires. Mais selon le nouvel article 35 du titre V, ce contrôle ne s’exerce qu’a posteriori et uniquement sur le renouvellement des interventions de plus de 4 mois. Sont par ailleurs exclues de ces dispositions les interventions secrètes ou clandestines des forces spéciales (COS et service Action de la DGSE), véritables gardes prétoriennes de l’Elysée. Le 28 janvier 2008 les assemblées ne se sont ainsi prononcées que sur 4 opérations
françaises en Afrique alors qu’il en existait d’autres, moins importantes, en cours depuis plus de 4 mois. Le débat n’a été précédé d’aucune audition par les commissions parlementaires ou d’aucune remise de documents
relatifs à ces interventions. Il s’agissait donc d’avantage d’obtenir un chèque en blanc que d’associer réellement les parlementaires à la politique militaire de la France en Afrique.
Une nouvelle doctrine ?
Depuis plusieurs années, la présence militaire française en Afrique serait marquée par une « nouvelle » doctrine ayant pour axes : la recherche d’un mandat de l’ONU, l’implication des partenaires européens et le renforcement
des capacités africaines de maintien de la paix (RECAMP). Les opérations « coup de poing » à l’ancienne n’ont toutefois pas disparu comme on l’a vu au Tchad et en Centrafrique de 2006 à 2008. D’autre part, ni l’obtention d’un mandat de l’ONU, ni la participation d’autres pays européens ne constituent des garanties : ils n’ont empêché ni la poursuite de diplomaties parallèles au service d’intérêts plus ou moins avouables, ni l’accomplissement
de crimes (fusillades de la force Licorne sur les civils ivoiriens en novembre 2004 par exemple) ni le soutien multiforme et la proximité directe avec des armées criminelles. L’impunité pour les soldats français et leurs alliés est toujours la règle. Quant à l’aide à l’autonomisation des armées africaines et au soutien aux futures forces de maintien de la paix de l’Union Africaine, c’est à la fois un prétexte déjà utilisé pour la coopération militaire traditionnelle, une tentative de poursuivre par des moyens nouveaux une politique d’influence, et une occasion de légitimer le maintien de soldats français en Afrique. Pour en savoir plus (1)http://survie.org/publications/4-pages/article/4-pages-que-fait-l-armee-francaise
http://survie.org/publications/les-dossiers-noirs/article/que-fait-l-armee-francaise-en

1. Burkina Faso : une armée dite recommandable malgré assassinats et complicités


Dépenses militaires : 14% du PIB (2008) (Banque Mondiale)

Dépenses santé : 6,1% du PIB (2007) (Banque Mondiale)

En s’impliquant dans les forces de l’ONU au Darfour, et dans la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest, l’armée burkinabé semble avoir glané ses galons d’armée recommandable sur le plan international. Une dizaine de conventions, dont certaines signées en 2009, régissent la coopération militaire franco-burkinabé, portant sur la formation des élites, la modernisation de l’organisation et l’amélioration des équipements des Forces Armées Nationales.

Le Burkina abritait aussi des manoeuvres internationales sous supervision américaine, en mai 2010. Il s’agit là de la face émergée d’une armée au sein de laquelle les crises sont récurrentes. L’assassinat du président Thomas Sankara en 1987, fut suivi d’un véritable massacre de ceux qui avaient osé résister, parfois au lance-flamme.

Le véritable homme fort est le colonel major Gilbert Diendéré, le chef d’Etat major particulier du président Blaise Compaoré, commandant de la sécurité présidentielle, qui garde la haute main sur les troupes d’élite du pays. Il a été décoré de la légion d’honneur en mai 2008. Ce sont des hommes sous son commandement qui ont assassiné Thomas Sankara en 1987, puis qui ont défrayé la chronique à propos de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo, qui dénonçait des tortures dont ils s’étaient rendus coupables. Ce sont encore des membres de la sécurité présidentielle qui ont tiré sur les étudiants à balles réelles lors des mouvements revendicatifs en juin 2008.
L’armée a été mêlée à la guerre du Libéria : des troupes burkinabés ont été envoyées à Charles Taylor, actuellement en procès au Tribunal pénal pour la Sierra Leone, pour l’aider à prendre le pouvoir dans une guerre dont les victimes s’élèvent à plusieurs centaines de milliers.

C’est l’ « opération jean ». Puis, en 1997-1998, une fois Taylor président du Liberia, des troupes burkinabè ont été intégrées aux troupes de l’ONU dans ce pays (ECOMOG). Ces soldats envoyés au Liberia furent à l’origine des mouvements revendicatifs dans l’armée lorsqu’ils accusèrent Gilbert Diendéré d’avoir détourné l’argent qui leur était dû. Un épisode
inquiéta très sérieusement la population de la capitale burkinabè en 2006. Pendant une nuit entière, policiers et militaires se sont affrontés en ville avec leurs armes à la suite d’une bagarre. Les militaires se justifièrent par des revendications sur leurs conditions de vie. Des tortionnaires se transforment en politique : Hyacinthe Kafando qui dirigeait le commando
qui a tué Thomas Sankara, est devenu député du CDP, le parti au pouvoir. Mousbila Sankara, oncle de Thomas Sankara,resté quatre ans en prison indique : « Même quand on me frappait, même quand Jean- Pierre Palm me faisait torturer- je le souligne bien parce qu’il était là… », Jean-Pierre Palm, n’est autre que l’actuel ministre des Sports. Quant à Djibril Bassolet, diplomate au Darfour, un des protégés de Blaise Compaoré, il était à cette époque commandant de la gendarmerie de Ouagadougou où se déroulaient les tortures.

2. Cameroun : un régime qui ne tient que par la force }

Forces armées camerounaises : environ 27 000 hommes

19 406 100 habitants selon recensement de 2005 ; 50% de la pop. vit avec moins d’1 $ par jour ;

Taux de scolarisation du primaire au supérieur : 55%

Taux de séroprévalence entre 15% et 30% selon les régions ; Espérance de vie : 45 ans.

Le Cameroun est indépendant depuis le 1er janvier 1960. La France coloniale a installé à sa tête Ahidjo qui continue la lutte acharnée contre l’Union des Populations du Cameroun dont les fondateurs Ruben Um Nyobé et Félix Moumié sont assassinés par le pouvoir colonial. Sous Ahidjo, pas moins de vingt camps de concentration sont dénombrés. Il installe son dauphin, Paul Biya, en 1982.

Le Cameroun est un pays extrêmement riche qui n’aurait jamais du être classé parmi les pays pauvres très endetté. Il regorge de café, cacao, bananes, arachide, sucre, coton, tabac, hévéa, bois, fer, bauxite, or, uranium, diamant, cuivre, zinc, plomb, Gaz, pétrole. Un grand mystère a toujours été fait de la rente pétrolière. Sous Biya, le Cameroun est classé à
deux reprises parmi les pays les plus corrompus mais aussi comme l’un des plus gros consommateur de champagne. Lors de son dernier voyage officiel en France, Paul Biya qui vit 8 mois de l’année en Suisse a loué à la Baule une suite à 42 000 euros par jour, belle gabegie ! Le Cameroun est aussi connu pour la répression très violente de la liberté de la presse. Ainsi, dernier fait en date, le 22 avril 2010 on apprend la mort du journaliste Bibi
Ngotta, directeur de publication du Cameroun Express arbitrairement détenu depuis 2 mois.

L’armée camerounaise a des liens privilégiés avec la France qui a signé des accords avec le Cameroun dès 1960, restés secrets, et renouvelés le 21 mai 2009 en tant que partenariat de défense. La formation technique des militaires est principalement assurée par la France avec la présence officielle permanente d’une cinquantaine de coopérants qui fournit une aide directe en matériels et forme chaque année une soixantaine de stagiaires camerounais dans ses écoles militaires. Bien que le Cameroun ne dispose pas de base militaire, il est entouré du Gabon, du Tchad et de la Centrafrique, ce qui permet une intervention immédiate en cas de « sauvetage » nécessaire de Paul Biya. Ainsi, un régime impopulaire est soutenu à bout de bras depuis 50 ans par l’Etat français.

L’armée camerounaise est une armée de répression qui s’est particulièrement illustrée dans le matage des populations. L’impunité est historiquement en lien avec l’impunité de l’armée coloniale française suite à la sanglante répression de 1955-1971 du mouvement nationaliste
camerounais autour de L’UPC. Les derniers « faits d’arme » de l’armée sont :

5. Djibouti : une armée mono-ethnique, instrument de la répression

Armée Nationale Djiboutienne (AND) : 8 500 soldats

Gendarmerie : 1 400 hommes ;

Force Nationale de Sécurité : 2 500 hommes ;

Garde présidentielle : 400 hommes

Budget de l’Armée : 4,4 % de PIB de Djibouti.

Forces Françaises à Djibouti (FFDj) : 2 900 personnes ;

Forces Américaines à Djibouti : 1800 soldats.

La République de Djibouti, indépendante depuis 1977, est d’abord un petit territoire de 23 000 km², peuplé d’à peine 700 000 habitants (Afar, Somalis et minorité arabe) adossé au géant éthiopien de 80 millions d’habitants, et coincé entre l’Erythrée et la Somalie. Son économie dépend de l’activité portuaire et de la présence de forces armées étrangères et est fragilisée
par la corruption, et par une mainmise mafieuse du couple présidentiel sur toutes les activités lucratives. A la présence militaire française en vertu de l’accord militaire signé entre les 2 pays dès l’Indépendance, s’est ajoutée depuis le 11 septembre 2001, une base militaire logistique américaine. En contrepartie, Djibouti reçoit une aide financière : 30 millions de $ de la part des Etats Unis, et 30 millions d’Euros de la part de la France.

Une armée mono-ethnique, ayant une stratégie reposant sur les exactions

L’armée djiboutienne a été crée en juin 1977, en fusionnant des éléments issus de l’armée française, du Groupement Nomade Autonome et des militants des partis qui ont accédé au pouvoir. La France a pris en charge le budget de l’armée des 5 premières années. Avec la mise en place d’un système de parti unique dès l’indépendance, et qui s’est très vite transformé
en dictature clanique, l’armée va être utilisée comme force de répression contre les militants et les populations civiles. Dès août 1977, elle sera d’ailleurs épurée de 66 sous-officiers Afar, ce qui confortera son caractère mono-ethnique. Les gendarmes, s’inspirant des méthodes coloniales, vont torturer les militants des organisations politiques (UNI, MPL), qui s’opposent
au parti unique. Les militaires vont ratisser des campagnes et vont réprimer les civils Afar : exécutions extrajudiciaires, tortures, arrestations arbitraires, viol des femmes.

L’armée française en sauvetage du régime Cette politique basée sur la répression des populations civiles a engendré une résistance armée
du FRUD en novembre 1991, qui a failli emporter le régime, sauvé in extremis par l’interposition de l’armée française. L’armée et les paramilitaires, de plus en plus claniques, renforcés par des mercenaires somaliens, vont exercer des répressions à une grande échelle :
massacres (Arhiba, Yoboki, Obock et Tadjourah), tortures, arrestations, viols des femmes. L’impunité dont jouissent les officiers dont le général Zakharia (chef d’Etat-major de l’armée) qui sont responsables de ces répressions encourage la perpétuation de ces pratiques jusqu’à aujourd’hui… En mai 2006, un autre Zakaria, aujourd’hui chef de corps de la gendarmerie
par intérim, responsable depuis de nombreuses années de « l’escadron de la torture » à Djibouti, était venu suivre des cours de l’Ecole de Guerre à Paris. L’interpellation du ministre de la Défense par des associations françaises aurait abouti à l’interruption de son séjour à Paris, mais sa promotion n’a pas été remise en cause.

6. Gabon : le bastion pétrolier que l’armée française n’est pas près de quitter

Effectif de l’armée gabonaise : un peu plus de 30 000 hommes

L’armée gabonaise permet le coup d’Etat électoral de 2009

Après s’être illustrée essentiellement dans la participation aux opérations multilatérales sous Omar Bongo, l’armée gabonaise a commencé à jouer un rôle politique avec Ali, fils et successeur d’Omar Bongo. Après avoir dirigé le ministère de la Défense pendant dix ans, il en a fait son instrument de prise et d’exercice du pouvoir. Candidat à l’élection présidentielle du 30 août 2009 consécutive au décès d’Omar, il n’aura quitté le ministère de la Défense que sous la pression et la détermination de manifestants de l’opposition et de la société civile qui affirmaient qu’il déploierait la troupe en cas d’échec. Le 2 septembre, l’armée a molesté les candidats de l’opposition et leurs militants, lors d’un sit in organisé pour dénoncer la fraude
électorale. Suite à quoi, les Gabonais circulaient à peu près comme en Palestine : check points partout, parfois distants de seulement quelques mètres : les différents corps (armées de l’air et de terre, marine, gendarmerie, police et même pompiers) mobilisés ayant les mêmes
missions, étaient déployés aux mêmes endroits. Cette période qui a duré plusieurs mois après la prestation de serment d’Ali Bongo, a fait craindre aux Gabonais l’instauration d’un Etat militaro-policier. Aujourd’hui encore, la société civile et l’opposition sont inhibées, dans leurs mouvements, devant le spectre de l’intervention militaire. Les militaires, quant à eux, semblent redouter l’affrontement avec l’armée française en cas de rébellion ou de mutinerie.

L’armée française au Gabon

L’armée gabonaise entretient des relations étroites avec le 6è BIMA français, mitoyen d’une des propriétés privées de la famille Bongo. Initiée pour la formation d’une armée nationale, à l’accession de l’Indépendance, la coopération militaire entre la France et le Gabon, toujours au beau fixe, s’est illustrée en 1964, lorsque Léon Mba, destitué par des officiers gabonais, a été réinstallé à la présidence par l’armée française après qu’elle eut abattu quelques-uns des putschistes. En 1990 a lieu une nouvelle intervention, officiellement pour rétablir l’ordre à Port-Gentil, deuxième ville du pays, en proie aux émeutes, et consolider le siège vacillant d’Omar Bongo, ancien agent secret de l’armée française, mis en place à la tête du Gabon par Jacques Foccart sous la bénédiction du général de Gaulle pour assurer le relais militaire français dans la guerre du Biafra qui fit 1 à 2 millions de morts. En 2009, l’annonce de la victoire d’Ali Bongo provoque des troubles, notamment à Port-Gentil. Une bonne centaine de militaires français est sollicitée à la suite de l’incendie du consulat, pour officiellement protéger
les ressortissants français de Port gentil, mais dans les faits pour dissuader les velléités de contestation de la parodie de l’élection et protéger les installations pétrolières. Idéalement placé au coeur du golfe de Guinée, Libreville est le terminal de nombreuses opérations en Afrique centrale telles des évacuations de ressortissants français lors de mutineries au
Tchad et en RCA, base du contingent européen chargé du maintien de l’ordre à l’élection présidentielle en RDC… La plateforme stratégique que constitue le Gabon fait que les bases françaises sont très loin de quitter cet emplacement. Pour preuve, au moment où la France ferme une de ses bases militaires en Afrique (Sénégal) en parlant de livre blanc ou de transparence, elle renforce pour près de 1100 militaires sa base au Gabon en signant de nouveaux accords militaires opaques dont le législateur gabonais ne connaît point la teneur.

7. Madagascar : un an après le coup d’état militaro-civil du 17 mars 2009

587 040 km², 20 653 556 hab., 30,73 hab./km²

20 000 militaires et gendarmes

Budget annuel du ministère Défense : 470 Mds FMG (45 Ms d’euros) (5e poste de l’État)

La coopération militaire franco-malgache très en retrait.

Madagascar a signé des accords de coopération avec la France en 1960 au lendemain de son indépendance, dont des accords de coopération militaire qui mettaient la jeune armée malgache sous tutelle de l’armée française. Son état-major comprenait des officiers généraux français tels Bocchino ou Bigeard. Suite au soulèvement de mai 1972, les bases militaires françaises (et la station américaine de la NASA) ont été démantelées. Dans le même
mouvement, Madagascar s’émancipait de la zone franc. En 1973, sous la pression du mouvement populaire, les accords de coopération ont été révisés. À partir de 1975, Madagascar signe différents accords de coopération militaire avec l’URSS et les pays du bloc soviétique
et transforme son armée nationale en « populaire ». La coopération française, y compris militaire, ne revient progressivement qu’avec le cours libéral des années 1990. Il n’y a jamais eu d’accord de Défense donc jamais de force pré-positionnée française permanente. La coopération militaire franco-malgache, traditionnellement l’une des plus importantes (jusqu’à devenir le 3e budget de coopération militaire français et le 1er en Afrique subsaharienne), ne cesse aujourd’hui de se réduire : 0,8M€ de crédits d’intervention pour 2009 contre 1,6 M€ en 2008.

Priorité au fonctionnement et aux soldes

En raison de son système d’avancement et de promotion, le pays se retrouve avec un grand nombre d’officiers supérieurs, et 90% du budget servant au fonctionnement et aux soldes. Un audit des forces armées a été commandé par le président Ravalomanana en 2004 pour « reformater l’armée, l’adapter aux réalités malgaches » : 4 experts français l’ont réalisé en concertation avec une cellule d’officiers militaires et gendarmes malgaches (RFI, 2 nov. 2004). Les forces aériennes de l’armée malgache ne comprennent que des éléments plutôt obsolètes : 8 MIG 21, 2 MIG 17, 4 Cessna 172M, 3 Antonov An-26, 3 Douglas C-47 Dakota, 1 Britten-Normand Defender BN-2, 1 Hawker Siddeley HS 748 Andover, 1 Cessna 310R, 1
Piper PA-23 Aztec… Les forces armées malgaches ont obtenu de la Libye 3 hélicoptères MI8 et l’armée libyenne leur a offert un avion militaire de transport. Côté Marine nationale, qui possède peu de force avec un remorqueur côtier Trozona et 6 vedettes MLB44, 750 Ms dollars
seront consacrés d’ici 2020 à sa restructuration.

Le coup d’état militaro-civil du 17 mars 2009

Le coup d’état de 2009 a été soutenu par des éléments mutins du CAPSAT (Corps des Personnels et des Services Administratifs et Techniques) : le pouvoir de fait, la HAT (Haute Autorité de Transition), a alors créé une sorte de milice, la FIS (Force d’Intervention Spéciale), co-dirigée par les lieutenant-colonels putschistes René Lylison et Charles Andrianasoavina que la population ridiculise comme « Charzenegger » : mais, depuis quelques mois déjà, les deux hommes ne s’entendent plus faute de règles du jeu claires ou d’organigramme bien établi. Le 20 mai 2010, la FIS s’est jointe à l’EMMO/REG (Etat-major mixte opérationnel de la Région d’Analamanga) pour mater une mutinerie de gendarmes dissidents de la HAT. La
participation de certains de ses éléments au défilé du 14 juillet à Paris est controversée au sein de l’armée même : la délégation annoncée serait représentative de tendances majeures de celle-ci mais pas du CAPSAT.

8. Mauritanie : une armée dévolue à la conquête du pouvoir

Superficie : 1 030 700 km² ; Population : 3,5 Millions ; Chômage : près de 40% ; Forces armées : 3000 soldats en 1975, veille de la guerre du Sahara, 18000 en 1978 - Economie : Pêche, agriculture, élevage, fer, phosphates, pétrole depuis 2005 ; Partenaires commerciaux : France, Italie, Belgique, Luxembourg, Allemagne, Espagne, Algérie, Chine, Japon.

Gagner et conserver le pouvoir

L’armée compte 4 bataillons d’élites : le bataillon de sécurité présidentielle (BASEP), 2 bataillons de commandos Para, et la 6éme région militaire à Nouakchott. Théoriquement, l’effectif de la troupe atteint 18.700 éléments mais seuls 9.200 sont répertoriés, 5.850 mobilisables et 4.200 réellement opérationnels. Le BASEP est le mieux doté et le plus équipé. Ce seul bataillon, le BASEP, contrôle toute l’armée. Sujet tabou, quelques mois après le coup d’Etat d’août 2008, un ancien ministre fut envoyé en prison pendant quelques mois pour en avoir parlé dans une émission télé. Les risques et menaces pesant sur la sécurité du pays sont nombreux : répercussions de la rébellion touareg au Mali à l’est, problème du Sahara occidental au nord, activisme des bandes terroristes de l’AQMI dans le désert, trafic d’immigrés et de drogue vers l’Europe. Face à ces défis, le gouvernement du Général Ould Abdelaziz confirme la doctrine selon laquelle l’armée mauritanienne est un outil de conquête et de conservation du pouvoir, alors que son coup d’Etat en 2008 fut soutenu et légitimé par les
autorités françaises au motif, notamment, qu’il serait en mesure de faire face à ces défis. Depuis l’élection frauduleuse de juillet 2009 qui a servi à donner un semblant de légitimité au pouvoir du Général Aziz, plusieurs contrats d’équipements ont été signés avec la France. Ces équipements restent orientés vers la sécurité interne, celle du gouvernement. L’armée
mauritanienne a été créée en 1960. Alors qu’elle ne pouvait assumer ses responsabilités, des accords militaires avec l’ancienne puissance coloniale assuraient au nouvel Etat, l’illusion d’une protection certaine jusqu’en 1972, date de la ‘’révision’’ de ces accords sous la pression de l’opposition clandestine. En s’engageant dans la guerre du Sahara (1975-1978),
la Mauritanie devait disposer de ses propres forces armées. Ayant perdu la guerre du Sahara, les chefs de cette armée ont gagné le pouvoir le 10 juillet 1978 par un coup d’Etat initiant un cycle d’instabilité politique qui continue jusqu’à aujourd’hui. Les présidents depuis 1978 sont arrivés au pouvoir par des coups d’Etat militaires, malgré la démocratisation de façade depuis 1992, à l’exception toute relative de Sidi Ould Cheikh Abdallahi entre 2007 et 2008. Incapable d’assumer ses missions, l’armée mauritanienne s’est révélée remarquable dans son rôle d’outil de conquête et de conservation du pouvoir. L’ancien dictateur Ould Taya une fois en place entreprit un plan méthodique de décapitation de l’institution, en éloignant tous les officiers susceptibles de protester contre la prévarication de l’armée, il détruisit les capacités opérationnelles des unités autres que celles directement sous son contrôle. L’invention continue de complots permit d’épurer l’institution. Cette entreprise de décapitation atteint son sommet en 1990-1991 quand une vaste campagne d’épuration ethnique conduisit à l’exécution Tortures et trafics. Une des répercussions de cette épuration eut lieu en France où la première condamnation judiciaire basée sur la compétence universelle qu’établit la convention de 1984 contre la torture, fut prononcée contre le capitaine Ely Ould Dah pour torture et actes de barbarie commis entre 1990-91. Il est toujours en service. D’autres purges en réaction à des complots réels ou imaginaires ont eu lieu en 1987, 1988, 1999, 2000, 2003 et 2005. Des membres des forces armées et de sécurité sont impliqués dans des affaires de torture et de trafic de drogue. Outre Ely Ould Dah, 2 autres colonels, Bambi Ould Bayé et El Arby Ould Jiddeine, qui se trouvaient
à l’époque dans des postes de commandement ont été mis en cause par les associations des victimes et ONG de défense des Droits Humains. Bambi Ould Bayé, colonel de l’armée, était secrétaire permanent de la junte putschiste qui s’est emparé du pouvoir en août 2008. Protégé par le Général Aziz, il est actuellement au gouvernement de l’importante région
nord du pays. Le second, désormais colonel à la retraite, El Arby Ould Jiddeine, bénéficie de la même protection du Général Ould Abdelaziz qui a parrainé sa reconversion en homme politique. Membre du parti de l’UPR lancé par le Général Aziz, il est actuellement député à l’assemblée nationale dont il est vice-président. Une certaine « clochardisation » de
l’armée a aussi favorisé une culture de la corruption et de l’impunité. Sid’Ahmed Ould Taya, officier de Police, neveu de l’ancien dictateur Taya et qui dirigeait le bureau local d’Interpol fut arrêté durant l’été 2007 en flagrant délit de complicité avec des trafiquants de drogue. Colonel
de gendarmerie et un des hommes les plus riches du pays, N’diaga Dieng qui dirigeait la direction des douanes jusqu’il y a quelques mois, est cité comme le plus grand ‘facilitateur’ pour les réseaux de trafic de drogue.

9. Niger : de coup d’Etat en coup d’Etat, une armée très politisée

Dépenses militaires : 0,5% du PIB (2007) (Banque Mondiale)
Budget santé : 5,3 % du PIB (2007) (Banque Mondiale)

L’armée nigérienne a joué un rôle clef dans les évolutions politiques du Niger, en étant l’instigatrice de nombreux coups d’Etat. Depuis son indépendance, le Niger en a connu quatre réussis (1974, 1996, 1999, 2010), au moins quatre tentatives (1964, 1975, 1976, 1983) et 21
ans de régime militaire. Le dernier coup d’Etat militaire, le 18 juin 2010, vient chasser le ‘coup d’Etat constitutionnel’ de Mamadou Tandja qui refusait de lâcher la présidence ; elle promet un référendum constitutionnel fin 2010 puis des élections début 2011.

De coup d’Etat en coup d’Etat : Certains acteurs du renversement de Tandja n’en sont pas à leur « coup » d’essai : le chef d’orchestre du coup d’Etat du 18 février 2010, le colonel Djibrilla Hima dit « Pelé », commandant de la zone militaire de Niamey, faisait partie en 1999 des meneurs de l’assassinat du président Ibrahim Baré Maïnassara et au renversement du
régime d’alors. Neuf mois de transition avaient permis l’établissement d’une nouvelle constitution et conduit à l’élection de Mamadou Tandja. Dans un cas comme dans l’autre, ces coups d’Etat apparaissent comme une manifestation d’attachement au principe républicain de préservation des institutions et de désaffection à l’égard du pouvoir politique et un moyen
de réhabiliter une armée marginalisée : Tandja n’a pas su empêcher l’intervention de militaires pourtant sous surveillance. Salou Djibo, chef d’escadron, est placé à la tête du pays par ses coputschistes : « premier de la classe des militaires nigériens », il est la figure la plus présentable que la nouvelle junte pouvait proposer.

L’armée responsable d’exactions contre les Touareg : Les Forces Armées Nigériennes ont combattu la rébellion touarègue du début des années 1990 puis la rébellion menée par le MNJ de 2007 -2009, s’illustrant par des exactions, comme le massacre de nombreux civils touaregs à Tchintabaraden, ordonné par le colonel Mamadou Tandja le 7 mai 1990 ou encore des actes de représailles lors du dernier conflit contre le MNJ en 2007-2009. A la clef de ces conflits, les ressources en uranium du Nord Niger – exploitées par la société française Areva (ex-Cogema) qui bénéficia d’un accès privilégié à ces ressources grâce aux accords de défense signés en 1961. Il n’est pas étonnant que la France ait été très présente sur le
dossier touareg depuis le début des années 1990, soucieuse de lutter contre un embrasement dans la région mais surtout d’assurer son approvisionnement en uranium.

10. Tchad : une armée criminelle, largement soutenue par l’armée française

Dépenses militaires : 6,6% du PIB (2008), Budget santé : 4,8% PIB (2007)
Les principaux dictateurs que le Tchad a connus ont toujours été soutenus par la France -

Tombalbaye, Habré et désormais Idriss Déby…jusqu’à ce qu’ils aient cessé de plaire. Le Tchad constitue en effet un point central dans le dispositif militaire français en Afrique. Pendant ce temps, une situation d’instabilité règne en permanence sur le Tchad, et la population est prise en otage entre les forces de l’armée et les rebelles.

L’armée française est installée au Tchad depuis 24 ans. . Le dispositif Épervier, composé de 1200 soldats français n’a officiellement pas le statut de base militaire, mais celui d’opération extérieure (opex) provisoire depuis... 1986. Depuis un putsch militaire cornaqué par la DGSE en 1990, c’est l’armée française qui porte l’armée tchadienne à bout de bras et assure
la sécurité d’un dictateur qui règne par la terreur. Ainsi en février 2008, des officiers du commandement des opérations spéciales (COS) ont « coordonné » la contre-offensive de l’armée tchadienne contre les rebelles, après une négociation avec Nicolas Sarkozy.
On pourrait se demander si des militaires impliqués dans l’enlèvement d’Ibni Oumar Mahamat Saleh défileront à Paris. En février 2008 à N’Djamena, lors de l’attaque des rebelles et de la contre-attaque du gouvernement, des attaques de civils sont perpétrées. De même, Ibni Oumar Mahamat Saleh, l’un des trois principaux leaders de l’opposition avait été arrêté par la garde présidentielle à la faveur de ces mêmes combats – on n’en sait guère
plus aujourd’hui sur sa disparition. Il n’y a eu aucune évolution de l’enquête sur ces événements ni aucune arrestation relative au cas d’Ibni Oumar Mahamat Saleh.

Une armée ayant des pratiques considérées comme des crimes de guerre. L’armée nationale tchadienne est constituée de militaires ayant par ailleurs été utilisés comme forces supplétives par l’armée française dans d’autres pays où ils ont commis les pires exactions, comme au Congo, en aidant Sassou Nguesso à reprendre le pouvoir par les armes. Par ailleurs,
ils utilisent des enfants soldats : parmi les 7000 enfants soldats au Tchad, un nombre important serait dans les rangs de l’armée régulière, y compris dans la garde présidentielle. Pourtant, le recrutement d’enfants dans les forces armées est considéré depuis 1998 (Traité de Rome) comme crime de guerre par la Cour pénale internationale. (Étude de l’ambassade des Etats-Unis à Ndjamena – mars 2010)

11. Togo : corruption, violence et impunité pour l’armée

FAT (Forces armées togolaises) : 15 0000 hommes
Population : 5 730 000 hab. estimés en 2009
PIB : 2,8 milliards de dollars (en 2008), PIB par habitant : 820 dollars (en 2008)
Croissance annuelle du PIB : 1,1% (en 2008)
Dépenses militaires : 13% du PIB (en 2008)
Dépenses publiques de santé : 1,1% du PIB (en 2004)
IDH : 159ème rang mondial sur 182
Dette extérieure : 143 millions de dollars en 2007

Avec un militaire pour 400 habitants environ, un ratio qu’on rencontre difficilement dans les secteurs de l’éducation ou la santé, les FAT (Forces armées togolaises) constituent l’axe central autour duquel la vie politique n’a cessé de s’organiser depuis le meurtre du premier président élu, Sylvanus Olympio, en janvier 1963, perpétré par les démobilisés des guerres
d’Indochine et d’Algérie. La biographie du général Eyadéma, l’assassin présumé, mort en février 2005 après 38 ans de pouvoir sans partage, résume la trajectoire politique dramatique de ce petit pays du Golfe du Bénin qui consacre entre 20 et 25 % de son budget à « son » armée que dominent à plus de 80 % les Kabyé, « l’ethnie présidentielle » (Cf. « Les forces armées togolaises et le dispositif sécuritaire de contrôle », http://www.ufctogo.com/Lesforces-armees-togolaises-et-le-1082.html).

La loyauté de l’armée envers le pouvoir est telle qu’elle fonctionne comme une mégamilice, voire une secte armée, ayant imposé en février 2005 le fils du dictateur défunt, Faure Gnassingbé, à la tête de l’Etat dans un bain de sang que les mascarades électorales en avril 2005 et en mars 2010 peinent à faire oublier. Des pans entiers de l’économie officielle sont
entre les mains de la hiérarchie militaire qui contrôle aussi les trafics de la drogue et qui exhibe un train de vie sans commune mesure avec ses revenus connus, pendant que 61,70 % des Togolais vivent en dessous du seuil de pauvreté avec moins de 2 dollars par jour.

Corruption, violence et impunité totales sont les trois marqueurs génétiques des FAT que la France encadre, forme et équipe avant même la signature des accords de coopération et d’assistance militaire du 23 mars 1976 qu’exécute une vingtaine de coopérants militaires. Parallèlement, les accords de défense, signés le 10 juillet 1963, permettent à Paris de voler au secours du régime togolais en cas de menace. Le « nouvel « accord de partenariat de défense » signé le 13 mars 2009 entre N. Sarkozy et son homologue togolais tarde toujours à passer devant le parlement des pays respectifs et à impulser « la rupture » souhaitée (Billets d’Afrique, avril 2009). Il y a trop de fraternité entre l’armée togolaise et l’armée française,
véritable tête pensante et bras agissant de la politique africaine de la France pour espérer de véritables profonds changements (Cf. Frères d’armes, n° 263, Dossier Togo).

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Conférence de Presse : Manifestation du 13 Juillet 2010
Henri - le 23 janvier 2012

Bonjour
J’ai aimé votre article.
Mais une partie a "disparu" : vous passez du n° 2 (Cameroun) au n° 5 ’Djibouti) , et l’article sur le Cameroun est non terminé.
Pouvez vous le rétablir (ou me le communiquer )
Merci



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