Henri POUILLOT
Guerre d’Algérie, Colonialisme...
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La contestation d’Octobre 2008 à Béziers

Jean-Louis BOUSQUET provoque un "incendie"

Article mis en ligne le 23 juin 2010
dernière modification le 23 mai 2013
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Jean-Louis BOUSQUET provoque un "incendie"

Jean-Louis BOUSQUET, Conseiller municipal de Béziers, président du Groupe Communiste à la Région Languedoc-Rousillon organisait samedi 4 octobre 2008 une conférence de presse pour demander le retrait de cette stèle de la honte du Cimetière municipal. Cette intervention a déclanché un véritable incendie (selon le terme du "Midi Libre") dans la Région.

De nombreux articles, en particulier dans le journal régional "Midi Libre" relèvent les très nombreuses réactions.

Mais ces nostalgiques, toujours animés par les mêmes idées qui justifiaient à leur yeux le maintien du joug colonial dans "l’Algérie Française", ont immédiatement sorti les menaces, ce qui l’a amené à faire ce Communiqué de presse

LES MENACES NE ME FERONT PAS RENONCER !

S’il manquait une confirmation pour caractériser l’aspect fascisant du mémorial aux 4 assassins de l’OAS, elle vient d’arriver.

Après les insultes du Maire de Béziers, viennent les menaces à peine voilées : « si quelqu’un y touche, je lui coupe la tête » - André TROISE dans le Midi-Libre du 06 10.2008.
« Monsieur BOUSQUET, alors sachez qu’il faudra d’abord affronter des gens déterminés qui n’ont plus rien à perdre » -Alain AGULDO dans le Midi-Libre du 07.10.2008.

Les démocrates, les progressistes ne se laisseront pas intimider : cette stèle du Cimetière Neuf constitue une atteinte à la République, elle doit disparaître !

Par contre, on peut se demander s’il existe un gaulliste à la mairie de Béziers.

A ceux qui trouvent des excuses quant à sa présence, je voudrais rappeler la phrase extraite du discours d’Alain AGULDO le 05.07.2007 devant cette stèle :
« Sachez aussi que ce général, à titre provisoire, n’a fait couler que du sang français, et quand le temps se gâtait pour lui, sa préoccupation principale a toujours été de mettre de la distance entre le danger et lui… Après sa fuite à Londres le 17 juin 1940 pour se soustraire à une arrestation imminente, il fuyait à nouveau en France en mai 1968, se mettant sous la protection de Massu à Baden… C’était un autre Varennes, mais lui n’a pas été guillotiné. Dommage ! »

Je persiste et signe
Jean-Louis BOUSQUET

Comité de Soutien à Jean-Louis BOUSQUET

Jean Paul Boré

Vice-Président Conseil Régional, Délégué à la lutte contre les discriminations raciales, L’antisémitisme et la xénophobie a lancé un comité de soutien :
De nombreux amis s’insurgent suite aux menaces proférées à l’encontre de Jean Louis Bousquet, Président du groupe communiste et citoyen au Conseil Régional Languedoc-Roussillon, par les nostalgiques des tentatives du coup d’État en Algérie et d’assassinat contre le Général de Gaulle.

Jean Louis Bousquet a dénoncé l’existence d’une stèle qui honore 4 membres de l’OAS, condamnés par la justice française et fusillés pour : Assassinat du commissaire d’Alger, Monsieur Gavoury, tentative de putsch, tentative d’assassinat contre le Général de Gaulle.

Devant la gravité de ces menaces, nous avons saisi les pouvoirs publics dès aujourd’hui : toutes les mesures doivent être prises afin que nul ne porte atteinte à la sécurité publique et à celle de Jean Louis Bousquet.

Un comité de soutien vient de se créer pour affirmer notre solidarité envers Jean Louis Bousquet et faire suite à sa demande de retrait de cette stèle qui fait honte à la France et à la mémoire des victimes de cette guerre.

Pour participer à ce comité de soutien, vous pouvez envoyer vos coordonnées et messages à : comitedesoutien.jlb0@orange.frJe vous invite vivement à vous joindre à ce comité de soutien.

Les principaux articles parus dans le Midi Libre

Édition du dimanche 5 octobre 2008

Le braqueur handicapé libéré avant son procès ? RAPPEL

Michel Abad, 75 ans, vit en prison en fauteuil roulant, sous assistance respiratoire. Il doit être jugé par la cour d’assises dans quelques jours pour une série de vieux hold-up Michel Abad sortira-t-il de prison ? A quelques jours de son procès aux assises ? A 75 ans, handicapé, il l’espère vivement comme il l’a expliqué en milieu de semaine dernière devant la chambre de l’instruction, à l’occasion de la quatrième demande de remise en liberté formulée par son avocat, Me Darrigade. Le septuagénaire, qui se déplace en fauteuil roulant, souvent assisté par des codétenus, et qui est incarcéré à Toulouse, n’avait pas fait le déplacement : la logistique à déployer était trop importante. C’est donc par visioconférence que les magistrats l’ont entendu... Son défenseur a une nouvelle fois répété que son état physique est plus qu’incompatible avec la détention. "Et en plus, maintenant, il est sous assistance respiratoire 24 h sur 24 avec de graves problèmes aux poumons", rappelle Me Darrigade.
Et si les trois premières demandes avaient été retoquées par la chambre de l’instruction, cette fois-ci, pour la première fois, l’avocat général, représentant de l’accusation, ne s’est pas opposé à sa remise en liberté. Il a considéré son état effectivement particulièrement délabré, avec toutes les conséquences logistiques et financières que cela implique en prison. Pour autant, si la décision doit être rendue ce mardi 7 octobre, elle ne sera pas forcément favorable. Car la justice n’a pas digéré les "lapins" posés par Michel Abad, un homme au passé sulfureux (lire ci-dessous). Ce dernier doit être jugé le 17 et le 20 octobre prochains par la cour d’assises de l’Hérault pour des séries de braquages remontant à l’année 1996 où, valide, mais se déplaçant déjà avec difficultés, il aurait notamment joué le rôle de chauffeur.
Mis en cause à cette époque, il avait pris la tangente pour l’Espagne avant d’être extradé en avril 1999 suite à un mandat d’arrêt international délivré en mai 1996. Incarcéré dans un premier temps, il est ensuite remis en liberté, placé sous contrôle judiciaire, déjà en raison de son état de santé vacillant, en attendant d’être jugé.
Mais ses vieux démons le rattrapent et il s’évanouit dans la nature. En 2000 et 2001, il est jugé et condamné par contumace à deux fois vingt ans de réclusion criminelle pour les hold-up. Et c’est en 2007 qu’il est finalement retrouvé, installé à Royan, où il avait refait sa vie sans être passé par la case justice. Depuis, il est incarcéré. "Mais à Royan, il vivait dans une maison de petit vieux, comme un petit vieux, et vivotait avec sa maigre pension d’adulte handicapé", rappelle son avocat.
Reste aussi cette interrogation : qu’il soit libéré ou non avant son procès, pourra-t-il être jugé en deux jours sachant qu’il ne peut presque pas parler ?

Yanick PHILIPPONNAT

Édition du dimanche 5 octobre 2008

De l’OAS à des hold-up de banque... avec sa canne

La cour d’assises doit juger Michel Abad pour des séries d’attaques à main armée qu’il nie en grande partie (ou tout du moins à l’époque de sa garde à vue). La justice lui reproche d’avoir servi de chauffeur à des gangsters chevronnés dénommés C. D., A. C. et P. P., pour deux hold-up commis contre les postes de Grabels et Saint-Jean-de-Védas en 1996. Celui qui, déjà, était surnommé "le vieux", en raison de sa calvitie et ses difficultés à marcher, est aussi accusé d’avoir commis deux braquages en solitaire, à Roujan et Magalas, en février 1996, contre des Caisses d’épargne. Ce qu’il reconnaît. Il serait aussi impliqué dans deux vols à main armée et une tentative contre les Crédits agricoles de Maraussan, Villeneuve-lès-Béziers et Poussan, en mars et avril de cette même année 1996. Là, il aurait aussi servi de chauffeur et aurait été aperçu s’aidant d’une canne pour se déplacer...
Michel Abad a derrière lui un lourd passé judiciaire : six condamnations entre 1969 et 1989, dont trois devant des cours d’assises déjà pour des vols (Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Hérault). L’homme a trafiqué le haschich et les voitures en Espagne (où il d’ailleurs été incarcéré à la fin des années 90). Né au Maroc, apprenti plombier, il aide son père à la propriété agricole avant de s’engager dans la légion étrangère de l’armée marocaine en 1957. Blessé lors de la guerre d’Algérie, décoré, il déserte en 1961 pour rejoindre l’OAS, ce qui lui vaudra deux ans de prison pour complot contre la sûreté de l’État. Avant de prendre la direction de Marseille, puis l’Espagne, s’installant durablement dans la délinquance alors que son état physique s’est dégradé au fil des ans.

Édition du dimanche 5 octobre 2008

C’EST VOUS QUI LE DITES : « Une honte pour le cimetière » Je viens de découvrir, au centre du cimetière neuf de Béziers, une stèle valorisée par son emplacement et sa dimension. Sur cette stèle figurent les photos de quatre tueurs de l’OAS qui ont été condamnés à mort par les tribunaux français et fusillés, suivies de la phrase "N’oubliez jamais leur sacrifice". Il s’agit de Bastien Thiry qui organisa en 1962 l’attentat du Petit Clamart dans le but d’assassiner le général de Gaulle ; Degueldre, créateur des commandos Delta de l’OAS, Docevar, putschiste sous les ordres de Degueldre dans les commandos Delta, il participe à l’assassinat du commissaire central d’Alger Roger Gavoury (mai 1961) ; Piegts, qui participe à l’assassinat du même commissaire central.
Figurent aussi sur cette stèle deux références aux drames dont l’OAS porte la responsabilité essentielle en ayant organisé le 26 mars et le 5 juillet 1962 des manifestations et des provocations devant déclencher des réactions sanglantes et ce, dans le but de tenter de remettre en cause le cessez-le-feu qui avait mis fin à la guerre d’Algérie.
Renseignements pris, cette stèle a été érigée à l’origine à la mémoire des morts civils et militaires laissés en Outre-Mer. Peu à peu, elle a été transformée en un hommage à l’action de l’OAS.
Cette stèle est municipale, dans un cimetière municipal, sur un terrain municipal, et régulièrement elle sert de lieu de rassemblement ayant pour but l’apologie du colonialisme. Il est incroyable que des honneurs soient rendus sur l’espace public à ceux qui ont voulu renverser la République et, en particulier, à ceux qui ont été condamnés à mort par leurs crimes. » Jean-Louis Bousquet, président du groupe Communiste et Citoyen, conseiller régional

Édition du lundi 6 octobre 2008

Une stèle longtemps fleurie par les maires de Béziers

Le tournant 2004 : Cette stèle aujourd’hui contestée, qui a vu son ornement et ses inscriptions évoluer au fil des ans, a été très longtemps fleurie par les maires de Béziers. "Jusqu’en 2004, où j’ai décidé de faire ériger la stèle municipale, à la suite d’une altercation" sur place confirme Raymond Couderc.

Etait-ce vraiment la seule raison ? Le nouveau monument allait, en tout cas, sortir de terre juste après l’inauguration par des associations, le 6 décembre 2003, de la plaque commémorative et des photos rendant hommage aux quatre membres de l’OAS.

Édition du lundi 6 octobre 2008

Béziers : Bras de fer autour d’une stèle au cimetière à la gloire des fusillés de l’OAS

Il aura suffi d’un e-mail pour mettre le feu aux poudres. Et réveiller de vieilles douleurs nées pendant la Guerre d’Algérie. Dimanche, Jean-Louis Bousquet, conseiller municipal d’opposition et président du Groupe communiste et citoyen du Conseil régional s’insurge dans un communiqué publié par Midi Libre : « Je viens de découvrir au cimetière neuf de Béziers une stèle valorisée par son emplacement et sa dimension », stèle ornée des photos de quatre membres de l’OAS, « condamnés à mort par les tribunaux français et fusillés, suivies de la phrase : "N’oubliez jamais leur sacrifice" ».

Parmi ces photos, figure celle de Bastien Thiry, « qui organisa en 1962 l’attentat du Petit Clamart dans le but d’assassiner le général De Gaulle ». Jean-Louis Bousquet s’étonne du fait que « des honneurs soient rendus » sur cette « stèle municipale ».

La réaction du sénateur-maire de Béziers ne s’est pas fait attendre : "Diffamez, diffamez, il en restera toujours quelque chose. C’est la règle que semble s’être donnée Jean-Louis Bousquet, peut-être pour faire oublier que le PC, dont il est l’un des responsables, a facilité les attentats du FLN pendant la guerre d’Algérie." La réponse de Raymond Couderc sur le fond : "Il prétend que la stèle du cimetière neuf serait municipale. Il y a bien une stèle municipale en souvenir des Français restés sur le sol d’Afrique du Nord (...) mais elle est située à proximité du carré militaire. L’autre stèle, édifiée dans les années soixante est privée. Chaque famille ou association a le droit, au cimetière, de rendre hommage aux défunts qui leur sont chers et la mairie n’a pas à faire enlever des plaques, des photos ou des fleurs. Le PC est décidément resté maître dans l’art de la désinformation."

Les faire enlever ? L’option commence pourtant à être envisagée, dans les rangs de certains anciens combattants. Le bureau départemental de l’Association républicaine des anciens combattants pour l’amitié et la solidarité, l’antifascisme et la paix (Arac) exprime son "indignation", jugeant "inadmissible que l’on veuille réécrire l’histoire en voulant transformer en héros ou martyr" des membres de l’OAS. L’Arac "demande aux pouvoirs publics de prendre toute disposition pour que cette offense à la République soit réparée dans une ville qui fut aussi celle de Jean Moulin".

Interrogé par Midi Libre, le président de l’Arac précise sa pensée : "Nous allons consulter les autres associations d’anciens combattants sur le sujet et saisir le préfet. Ce que nous voulons, c’est qu’on enlève ces noms et ces plaques." Le conseiller régional Bousquet est sur la même longueur d’onde. "Ce n’est pas une opinion, c’est un délit. La justice s’est déjà prononcée dans des cas similaires."

Notamment à Marignane, où le tribunal administratif de Marseille avait ordonné, le 7 juillet dernier, l’enlèvement d’une stèle du même type. "Pour ça, il faudra d’abord me passer sur le corps", réagit Maurice Villard, le président du Cercle algérianiste, l’une des associations du Grand Biterrois, qui fleurit chaque année cette stèle.

"C’est notre propriété, je ne vois pas de quoi ils se mêlent," fustige André Troise, ex élu FN et ancien membre de l’OAS, qui remet en cause l’argumentation historique de l’élu communiste et de l’Arac sur le sujet, "si quelqu’un y touche, je lui coupe la tête ! Ce genre de chose réveille en moi le combattant que j’étais."
M.C.(1) Organisation armée secrète : ce mouvement clandestin tenta par la violence de s’opposer à l’indépendance de l’Algérie après l’échec du putsch des généraux à Alger en 1961.

Édition du mardi 7 octobre 2008

Le dossier du cimetière divise la classe politique

Depuis hier matin, son téléphone n’arrête pas de sonner. Elie Aboud, le premier adjoint de Béziers, mais aussi et surtout, président de la Commission nationale des rapatriés, tente d’éteindre l’incendie : "Le sujet a fait le tour de France. J’ai reçu de très nombreuses réactions de rapatriés." Réagissant à l’intervention du Jean-Louis Bousquet, président du groupe Communiste et citoyen du Conseil régional, qui avait fustigé la présence de photos d’anciens membres de l’OAS sur une stèle du cimetière neuf, le député (UMP) héraultais estime qu’ "il faut laisser les morts tranquilles". "Il s’agit d’une stèle privée, elle n’est pas visitée par les membres de la municipalité", commente Elie Aboud, qui dénonce "une erreur de casting" du conseiller municipal PCF de Béziers. "Jean-Louis Bousquet a toujours mené une opposition intelligente. Mais aujourd’hui, il se trompe. D’une part, parce que les Français ont plus que jamais besoin qu’on trouve des solutions à la crise actuelle au lieu de se tourner vers le passé. D’autre part, parce que c’est un débat délicat qui touche à une question historique, l’Algérie, au moment où le Président de la République essaie de trouver un équilibre avec, d’un côté, une ouverture vers l’Union méditerranéenne et de l’autre, des Français rapatriés qui en veulent toujours à la République et qui estiment que les réparations n’ont pas été jusqu’au bout. Enfin, je note qu’on n’a pas entendu Jean-Louis Bousquet sur la question de la statue de Lénine (1) ou sur Rouillant (2). » Même angle d’attaque pour la conseillère régionale et municipale (UMP) Monique Valaize : "Je m’interroge, en tant que Pied-Noir, sur le silence de Jean-Louis Bousquet quand Frêche a décidé d’acheter une statue de Lénine avec de l’argent public. Il est indigne d’un politique de venir raviver des douleurs, des plaies qui ne sont pas cicatrisées. Laissez nos morts en paix, quels qu’ils soient". Personne ne remet donc en cause, au sein de la majorité municipale, la présence de cette stèle et des inscriptions qui y figurent, au sein du cimetière.
Jean-Michel Du Plaa s’en étonne. Le conseiller général socialiste, principale figure de l’opposition municipale, estime leur présence sur place "inappropriée". "C’est une concession privée, mais le cimetière est un lieu public. Et rien ne doit être de nature à troubler l’ordre public, commente l’élu, je comprends qu’il y ait des personnes pour lesquelles l’Algérie française restera l’engagement d’une vie. Mais je pense que ça n’a pas sa place dans un cimetière. Je trouve assez choquant qu’on utilise ce lieu de recueillement, à des fins de justification de telle ou telle apologie. L’attitude de la municipalité a été assez hypocrite. Raymond Couderc a préféré battre en retraite, en érigeant une autre stèle, tout en maintenant l’autre, pour éviter l’affrontement." Alain Ricart, le chef de file du groupe FN dans l’opposition municipale, a annoncé qu’il prendrait la parole aujourd’hui sur le sujet.

(2) Olivier Besancenot, qui travaille à la création d’un parti anticapitaliste, a dernièrement noué des contacts avec Jean-Marc Rouillant, ancien membre d’Action directe.
(1) Le 16 janvier dernier, Midi Libre avait révélé la volonté de Georges Frêche d’installer une statue de Lénine à Montpellier.

M.C.

Édition du mardi 7 octobre 2008

Polémique : L’affaire de la stèle provoque de vives réactions - RAPPEL

Jean-Louis Bousquet (PCF) a remis en cause la présence d’une plaque en souvenir d’ex membres de l’OAS L’affaire a fait grand bruit. Contacté, hier, par Midi Libre, Yves Kodderitzsch, le président du Haut conseil des rapatriés, avait déjà pris connaissance du débat qui agite le monde politique, mais aussi les rangs des rapatriés et des anciens combattants biterrois (Midi Libre d’hier et avant-hier). Il affiche, toutefois, la plus grande prudence : "Le Haut Conseil des rapatriés n’a pas été saisi. Il ne donnera aucune position officielle." Tout en rappelant, tout de même, "l’amnistie" décrétée pour les épisodes historiques évoqués et le "caractère privé" de cette stèle. Qui ne manque pas de protecteurs.
Alain Algudo, président des Comités de défense des Français d’Algérie à Béziers, réagit à son tour : "Cette stèle est notre dernier refuge, Monsieur Bousquet, alors sachez qu’il faudra d’abord affronter des gens déterminés qui, arrivés à un certain âge (...), n’ont plus rien à perdre." Jean-Charles Taddei, le président de la Ligue des droits de l’homme de Montpellier regrette, lui, la présence de cette plaque "sans mise en perspective historique complète". On constate de plus en plus en plus de "mémoriel" partiel dans la région. On ne peut pas faire de reconnaissance mémorielle et occulter certaines choses. La Ligue des droits de l’homme de l’Hérault devrait évoquer le sujet aujourd’hui avec ses instances nationales.

Manuel CUDEL

Édition du mercredi 8 octobre 2008

Béziers : La stèle de l’OAS devient affaire nationale

L’affaire prend peu à peu une ampleur nationale. Depuis lundi (Midi Libre du 6 octobre), la polémique née autour d’une stèle du cimetière de Béziers, ornée d’une plaque et de photos rendant hommage « au sacrifice » de quatre anciens membres de l’OAS, agite le monde politique et les rangs des rapatriés et des anciens combattants. Mardi, le président du Haut conseil des rapatriés confirmait que, sans être officiellement saisi, son attention avait été attirée sur cette affaire. Elie Aboud, président de la Commission nationale des rapatriés, estimait, le même jour, qu’il fallait "laisser les morts en paix", en insistant sur "le caractère privé" de la stèle.
Hier, la Ligue des droits de l’homme, a demandé, par la voix de Gilles de Manceron, membre du comité central (LDH) de Paris spécialiste des questions liées à l’OAS, que "cette stèle soit retirée du cimetière". Et annoncé à Midi Libre qu’elle envisage d’adresser une demande, en ce sens, au sénateur-maire de Béziers. "La présence de ces monuments, même privés est très contestable et choquante, dans la mesure où ce ne sont pas des tombes et qu’ils tendent à glorifier, dans des cimetières communaux", d’anciens membres de l’OAS, déclare Gilles Manceron, qui était intervenu dans les principaux dossiers nationaux du même type. "Le maire a le pouvoir de les faire enlever. Mais c’est parfois la justice qui leur demande de le faire. Ça a été le cas à Marignane." Cette position vient conforter le président du groupe communiste de la Région, Jean-Louis Bousquet, qui avait été à l’origine de cette affaire, en jugeant notamment cette plaque illégale. Raymond Couderc estime, de son côté, que "la mairie n’a pas à faire enlever des plaques ou des photos sur une stèle qui n’est pas municipale".

Depuis l’ouverture de ce débat, qui a ravivé de vieilles douleurs, en donnant lieu à des menaces plus ou moins voilées, de nombreux défenseurs de la stèle, dont d’anciens membres de l’OAS, ont, selon nos informations, repris contact. Dans un e-mail, auquel Midi Libre a eu accès, l’un d’eux adresse ce message : "De tout cœur avec notre communauté. Attend vos directives".

Manuel CUDEL

Édition du jeudi 9 octobre 2008

Francis Zamponi : "Frictions de la mémoire"

Francis Zamponi, journaliste et écrivain, auteur de "Mon colonel"

Perpignan, Marignane et aujourd’hui Béziers... La guerre de la mémoire est-elle toujours ouverte ?
Oui, et sans doute parce que beaucoup de choses n’ont jamais été purgées autour de l’OAS. Il y a eu l’amnistie, puis les officiers ont recouvré leurs grades et décorations. De quoi considérer qu’on reconnaissait la justesse de leur combat !Ceci dit, nous sommes dans un moment de frictions récurrentes sur le sujet. Pourquoi aujourd’hui ? Je ne sais pas ! On ne peut pas parler de hasard puisque les hommages à l’OAS se multiplient. Mais c’est peut-être une question d’âge. Ces hommes veulent rester dans l’Histoire.

Que vous inspirent les débats autour des stèles ?
De solides questions ! Quand la polémique autour de Jean-Marc Rouillan a éclaté, on a reproché à ce leader d’Action Directe de ne pas avoir une once de regrets, et pour cela on l’a remis en prison. Ceux qui ont participé aux actes violents de l’OAS, non seulement n’ont pas de regrets, mais s’en glorifient et demandent la reconnaissance de la Nation. Voilà qui pose question sur la façon dont on traite la mémoire en France. Que les anciens de l’OAS racontent, expliquent, oui. Mais qu’ils réclament le droit de faire des stèles, ça me choque !

Propos recueillis par O. C.

Édition du jeudi 9 octobre 2008

Béziers : La stèle fait réagir le fils d’un commissaire tué par l’OAS

La polémique enfle autour de la stèle du cimetière de Béziers à la mémoire des membres de l’OAS. Elle a été lancée dimanche par le conseiller régional PCF Jean-Louis Bousquet, alors que la plaque a été inaugurée fin 2003. Cette affaire n’est pas unique. En juillet, le tribunal administratif de Marseille avait ordonné l’enlèvement d’un cénotaphe du cimetière de Marignane, annulant un arrêté municipal de juin 2005. Enfin, à Perpignan, les cérémonies organisées devant un monument aux "fusillés de l’OAS" sont régulièrement dénoncées par la Ligue des droits de l’homme et le Mrap.

Trois des visages sur lesquels il lit toujours l’assassinat de son père trônent sur le monument biterrois, honoré deux fois par an par des nostalgiques de l’Algérie française, à côté de celui de l’organisateur de l’attentat du petit Clamart, contre le général De Gaulle.
Jean-François Gavoury, le fils du commissaire central d’Alger tué en 1961 par l’OAS (1), vient d’écrire à Jean-Louis Bousquet, conseiller municipal (PCF) de Béziers, qui a déclenché l’affaire en demandant l’enlèvement de la stèle : "Les veuves et descendants des victimes de l’OAS (...) ont pris connaissance avec émotion et satisfaction de la démarche que vous venez d’engager », indique celui qui préside l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (Anpromevo). "Votre louable initiative est soutenue par des formations et associations républicaines dont le nombre est sans doute appelé à croître".

Concernant les défenseurs de l’OAS : "Les interdictions qui leur sont faites, depuis quelque temps, de célébrer publiquement la gloire de leurs idoles et la décision du tribunal administratif de Marseille prescrivant le démantèlement du cénotaphe (...) de Marignane sont des signes qui doivent encourager les démarches de la nature de celle que vous avez engagée." Contacté par Midi Libre, Jean-François Gavoury indique que la procédure engagée à Marignane ne pourra pas être déclinée à Béziers, les délais prévus par la justice ayant été dépassés. Il s’interroge par contre sur l’assise juridique de la stèle et la légalité de l’installation de la "plaque OAS", opérée fin 2003. "Le maire pourrait également faire interdire les rassemblements devant cette stèle, où sont tenus des discours vengeurs, ça constitue un risque de trouble à l’ordre public", ajoute le président de l’Anpromevo. En jugeant "choquant que le maire de Béziers tolère des discours de cette nature dans ce lieu.".

Mais "avons-nous troublé, une seule fois l’ordre public ", réagit Alain Algudo, président des Comités de défense des Français d’Algérie, dans un courrier adressé à Jean-Louis Bousquet : "Devant une telle hargne et un tel acharnement à vouloir nous interdire de commémorer nos morts, entre nous, dans le calme, notre communauté n’éprouve que mépris." Le Biterrois, qui précise qu’il n’a proféré aucune menace, regrette que l’élu "ravive des plaies encore à vif de personnes âgées qui n’aspirent qu’à la paix et à qui on reproche, en plus, les réactions épidermiques".

Jean-Paul Boré , vice-président (PCF) de la Région, a annoncé hier la création d’un comité de soutien à Jean-Louis Bousquet : "Devant la gravité des menaces à son encontre, nous avons saisi les pouvoirs publics." Jean Huillet, l’ancien président des caves coopératives de l’Hérault, qui vit son appartement biterrois plastiqué par l’OAS, en 1962, à cause de l’engagement militant de son beau-père et "au risque de tuer ma femme et mon fils", s’est dit, lui, "outré" par l’attitude du maire de Béziers dans cette affaire. En mairie, services juridiques, de la communication et des archives étaient, hier encore, mobilisés sur cet encombrant dossier. Manuel CUDEL
(1) OAS : Organisation Armée Secrète. Cette organisation clandestine paramilitaire française tenta, dans les années 60, de s’opposer par la violence à l’indépendance algérienne.

Édition du vendredi 10 octobre 2008

Stèle OAS de Béziers : Bousquet et Huillet veulent déposer plainte

Il avait menacé d’aller lui-même enlever la plaque s’il le fallait. Jean Huillet semble avoir décidé de changer, pour l’heure, de méthode. L’ancien président de la fédération des caves coopératives de l’Hérault (lire aussi Midi Libre d’hier) et Jean-Louis Bousquet, conseiller municipal de Béziers et président du groupe PCF du conseil régional, ont annoncé hier qu’ils souhaitaient déposer plainte. Ces poursuites ne viseraient pas la stèle, mais sa plaque commémorative, ornée de photos de membres de l’OAS, inaugurée en décembre 2003.

Parallèlement, Jean-Louis Bousquet a écrit, hier, à Nicolas Sarkozy, pour attirer son attention sur le dossier. La municipalité de Béziers, qui estime qu’elle n’a pas à intervenir dans cette affaire, a tenu, hier, "à rappeler le droit de chaque famille ou association à rendre hommage aux défunts qui lui sont chers". L’équipe de Raymond Couderc tente d’éteindre l’incendie, en optant, elle aussi, pour un axe juridique : "Il est temps de mettre fin à cette polémique lancée par un conseiller municipal membre d’un parti qui comptait quatre ministres au sein du Gouvernement présidé par François Mitterrand et qui a contribué, en 1982, à faire voter la loi d’amnistie concernant notamment des anciens membres de l’OAS. La seule évocation de faits amnistiés peut être considérée par la loi comme un acte délictueux. Les familles ou ayant droit des personnes citées pourraient demander réparation. Il est temps de revenir à l’apaisement et à la raison". Les réactions divergentes se sont, à nouveau, multipliées hier.
M. C.

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