Henri POUILLOT
Guerre d’Algérie, Colonialisme...
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Rivesaltes(66) - Son camp
Un camp d’internement utilisé pendant 70 ans

Ville célèbre pour son muscat, mais aussi par son sinistre camp

Article mis en ligne le 23 juin 2010
dernière modification le 7 novembre 2010
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Le sinistre camp

Le camp "Joffre" représente de très sinistres pages de l’histoire de la France.

Au départ, en 1938, c’est un camp militaire de 42 hectares. Le 12 novembre 1938, par décret, il permettra l’internement des "étrangers indésirables" (comme les réfugiés espagnols pourchassés par Franco...). Puis, le 14 janvier 1941, il devient "Centre d’hébergement de Rivesaltes" et il ouvrira pour recevoir les juifs et les tziganes avant leur envoi dans les camps de Drancy ou d’Auschwitz. Entre 1938 et 1946, ce seront 600.000 enfants, femmes, hommes qui y furent internés.

En 1948, il retrouve une vocation de camp militaire.

Après les accord d’Evian en 1962, ce sont des milliers de harkis qui y seront regroupés dans des conditions effroyables. Certaines familles y resteront jusqu’en 1970.

Et depuis 1984, pendant 23 ans, il a vu passer vingt mille immigrés clandestins en situation irrégulière, interpellés à 95 % par la Police de l’air et des frontières, à la gare de Cerbère ou de Port-Bou, sur la plate-forme autoroutière du Perthus... En fin novembre, début décembre 2007, cette affectation peu connue, mais tout aussi peu glorieuse devait cesser, avec l’ouverture d’un centre de rétention flambant neuf en Pyrénées Orientales tout près de l’aéroport de Perpignan.

En 1997 une menace de destruction avait fait réagir un collectif "pour la mémoire vivante de ce Camp de Rivesaltes". En 2000 le Conseil Général décide à l’unanimité un projet de Mémorial, les travaux devraient commencer en 2007/2008.

3 Stèles principales mémorisent ces périodes terribles.


Stèle à la mémoire des interné Espagnols

Stèle à la mémoire des Juifs internés puis déportés

La stèle pour commémorer le passage des Harkis, et le détail qui est en bas relief

Fatima témoigne


Fatima Besnaci-Lancou, fille de Harki, arrive dans ce camp à 8 ans, elle y reste 2 ans avant de continuer dans d’autres camps pendant encore 16 années. Dans son premier livre "Fille de Harki" elle trace "un bouleversant témoignage d’une enfant de la guerre d’Algérie" comme le dit Jean Lacouture qui préface, avec Jean Daniel ce récit courageux qui lève un chape de plomb en cassant un tabou que les harkis et leurs enfants, tabou qu’ils n’osaient pas exprimer pour faire connaître dans quelles conditions ils ont pu vivre en France pendant si longtemps avec cette discrimination humiliante.

Elle réalisera deux autres ouvrages " Nos mères, paroles blessées" et "Treize Chibanis harkis", des témoignages aussi poignants que le sien, des parents de ces enfants de harkis qui ont tant souffert.

Il est indispensable de lire ces textes, parce que, ensuite, vous ne verrez plus les harkis avec ces stéréotypes déformants, si souvent présentés de façon caricaturale.

Merci et bravo, Fatima.

Des photos prises dans ma visite du 23 Novembre 2007

Elles montrent l’aspect sinistre de ce camp, de ces baraquements...






La visite de ce camp, immense, est lugubre. Sur un terrain aride, où la végétation ne permet qu’a des arbustes rabougris de pousser, où les chemins sont mal empierré, plus ou moins défoncés, l’extrême faiblesse d’épaisseur des murs, les toitures qui devaient certainement laisser s’infiltrer facilement la pluie ,... on peut comprendre l’horreur des conditions de vie au quotidien, tant le mot confort, dans un tel endroit ne pouvait être qu’une utopie.

Des indices encore présents sont eux aussi impressionnants : aux entrées (l’une des photos), ici et là, on voit ces rouleaux de fil de fer barbelés, certes en partie rouillés, mais qui montrent le caractère "pénitencier" de ces lieux, ainsi que des miradors délabrés.
Les panneaux explicatifs : histoire / projets


P.S. :

Il est important, pour l’histoire, que, sur ce lieu, on puisse retrouver des traces des horreurs qui se sont déroulés, en France. Il ne faut pas oublier ces camps, et la responsabilité de l’État Français à plusieurs périodes de ce 20ème siècle.

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Rivesaltes(66) - Son camp
chaoui - le 29 janvier 2012

harki= traître déserter son paysd’origine retourner la veste,s’allier avec l’ennemi,fuir ses frères,renégat, aucun honneur la mort pour un harki

Rivesaltes(66) - Son camp
Henri POUILLOT - le 1er février 2012

Tous les Harkis ont été des victimes du colonialisme, mais cette vue sectaire n’est pas correcte. On voit bien que vous n’avez pas regardé de près dans quelles conditions des Algériens sont devenus des Harkis. ces "collabos" ne sont certainement qu’une petite minorité.



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