Henri POUILLOT
Guerre d’Algérie, Colonialisme...
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Historique de la Villa Susini

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Historique de la Villa Susini
Rouchai - le 21 juillet 2017

.... je suis né et grandi en 1937 a 100 mètres a vol d oiseau de la villa qu on appelle actuellement et diferament..Susini ou Sesini ... pour nous gamins du quartier c était en dialecte de titis algérois ( conso lalemane )( consulat d Allemagne )durant la seconde guerre mondiale il y avait des abris séparés ... un pour les pieds noirs et un ,( le plus proche de la villa ) pour les indigènes que nous étions ... a maintes reprises l aviation alliés qui bombardait le consulat perdait quelques bombes qui tombaient sur notre abri ....situé sous le cimetière chrétiens ...jusqu a l age de 18 ans , je ne la connaissais que de l extérieur , jusqu au jour ou on m emmena de nuit menottes aux poings .il y a un souterrain en prolongement de notre abri , qui passe sous la villa et débouche derriere a proximité de la battisse d un saint ( sidi Messaoud ).. je ne sais pas comment est l enfer , mais je crois l avoir connu la-bas ...des hommes pendus par les pieds au plafond ... des femmes torses nus sur les seins desquelles les paras éteignaient leurs mégots de cigarette et qui hurlaient de douleur ...c est vrai qu on aurait du la garder comme musée de l histoire de la guerre d Algérie ... creuser aux alentours , vous trouverez surement des ossements d êtres humains ou des restes non détruits par la chaux vive de ( prisonniers résistants aux tortures et qui refusaient de parler )et que les paras jetaient par dessus les cadavres qui avaient déjà creusés leur tombe avant d être abattus... bon tout ça ne répond pas a vos recherches archéologiques ...bon courage ...CONSO LALEMANE rappelez vous de cette appellation de gamins ...des années 40 ...

Historique de la Villa Susini
Henri POUILLOT - le 4 septembre 2017

Merci pour ce message,ce témoignage si émouvant
Je n’oublierai pas cette dénomination des "titis algérois"

L’instrumentalisation mémorielle

Tout particulièrement ces derniers temps, on assiste à une « surenchère » dans les symboles présentés lors de cérémonies commémoratives. 2 exemples actuels sont très significatifs

Le 75ème anniversaire du débarquement

A l’occasion du 75ème anniversaire du débarquement, le rôle fondamental de la Résistance est « oublié ». Ce « lapsus » délibéré n’est pas fortuit. Tous les historiens, tous les témoins, confirment que si la Résistance, avec ses divers maquis, n’avait pas freiné la progression, mis en difficulté la fameuse « Panzerdivision Das-Reich de la Waffen-SS », le débarquement aurait échoué. Les massacres d’Oradour sur Glane, de Tulle, de Murat furent perpétrés parce que les maquisards avaient compromis son acheminement vers les côtes normandes. Ce débarquement est présenté aujourd’hui comme étant le fait déterminant, quasi exclusif, ayant permis la défaite allemande. Sans nier l’importance de cet évènement, c’est délibérément passer sous silence le rôle de la résistance, de l’armée de l’URSS (et ses millions de morts) dans la chute du nazisme.

La nostalgie de l’Algérie française

Depuis plusieurs années la nostalgie de l’Algérie Française se manifeste en remettant en causes les valeurs républicaines de la France.

Avant les années 2.000, on ne trouvait que dans une quinzaine de villes en France des stèles/cénotaphes, noms de rues... glorifiant l’Algérie Française, ou les « martyrs » de l’OAS c’est à dire ces 4 terroristes condamnés à mort et exécutés pour leurs crimes commis au nom de cette association, aujourd’hui c’est une centaine.
Récemment, à Béziers le Maire pro-RN avait débaptisé une rue commémorant le cessez le feu du 19 mars 1962 en rue du Commandant Hélie Denoix de Saint Marc ce putschiste condamné à la prison pour son activisme pro-OAS.

Il y a quelques semaines, la Maire de Bollène (extrême droite : la Ligue du Sud) faisait de même.

Le 7 juin 2109 le Maire d’Orange (le mari de la maire de Bollène responsable de la Ligue du Sud) a prévu d’inaugurer un rond-point Lieutenant-Colonel Charles-Gilbert de la Chapelle ce putschiste, qui à la tête du 1er Régiment de Cavalerie avait tenté ce coup d’état d’Avril 1961. Ce Régiment de la Légion Etrangère (qui « abritait » d’anciens nazis venus s’y « réfugier » pour échapper aux procès) s’était distingué déjà en Indochine, puis en Algérie par le zèle de ses tortionnaires, sa barbarie. Mais cette date est tout un symbole expliqué par ce maire : le 7 juin 2019 sera le 57ème anniversaire de l’exécution de Claude PIEGTS et Alber DOVECAR : condamnés à la peine de mort le 30 mars 1962 aux termes d’un jugement rendu au nom du peuple français par le Tribunal militaire de Paris : le premier (Dovecar Albert, sergent déserteur du 1er REP), pour avoir volontairement donné la mort à Gavoury Roger et ce avec guet-apens ; le second (Piegts Claude, agent d’assurances) pour s’être rendu complice de l’homicide volontaire commis avec guet-apens sur la personne de Gavoury Roger au nom de l’OAS.

Ce maire, par ces 2 hommages, envoie donc 3 messages d’une extrême gravité :
-  Rendre hommage à un militaire (même s’il a été amnistié par la suite) qui a participé à la tentative de renverser la République Française.
-  Honorer 2 tueurs condamnés à mort et exécutés pour leurs nombreux crimes commis au nom de l’OAS et tout particulièrement celui du Commissaire Central de la Police d’Alger (équivalent aujourd’hui du préfet de Police de Paris).
-  Glorifier la colonisation, ce qui devrait être considéré comme un crime contre l’humanité.

On peut s’étonner que les Préfets, relais locaux des pouvoirs publics laissent faire de tels ignominies. Dans d’autres circonstances, ils sont intervenus pour refuser certaines inscriptions sur des plaques commémoratives installées sur l’espace public : pourquoi, dans ces cas précis ont-ils laissé faire ?
En effet il y a 3 principes républicains qui sont mis en cause dans ces cas :
-  La tradition française veut que ce soient les dates de cessation des conflits (armistices, capitulation, cessez-le-feu...) qui soient commémorés même si après la fin du conflit considéré, des faits douloureux se sont encore déroulés.
-  Honorer des personnes ayant été condamnés à mort, exécutés pour leurs crimes commis au nom d’une organisation terroriste est inconcevable.
-  Honorer des militaires ayant tenté de renverser la République française, même s’ils ont été amnistiés par la suite, est une très indécente leçon de civisme, de respect des institutions de la nation.

Comment, ensuite, ne pas penser que cela est un exemple pour favoriser tous les incivismes...

Cette manipulation de l’histoire, de la réalité mémorielle est un terrible danger pour notre cohésion nationale.

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