Henri POUILLOT
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"Je suis Charlie" : message de Delphine Renard
Article mis en ligne le 8 janvier 2015
dernière modification le 12 janvier 2015

par Henri POUILLOT
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Delphine fut victime du terrorisme de l’OAS en février 1962. L’attentat visait André Malraux, ministre de la Culture du Général De Gaulle, et c’est cette petite fille de 4 ans qui sera atteinte, très gravement. La réaction populaire d’alors, en voyant la photo à la une de toute la presse, de cette enfant défigurée, ensanglantée, fut comme aujourd’hui, spontanée, exprimant une révolte unanime face à l’horreur de cet attentat. Le lendemain, ce sera la manifestation de Charonne du 8 février 1962, où la police dirigée par le sinistre Papon fera 9 victimes. Ce crime d’état n’est toujours pas reconnu comme tel (pas plus que celui du 17 octobre 1961).

Alors la réaction de Delphine, aujourd’hui revêt un caractère tout particulier, elle qui échappa miraculeusement à la mort, mais restera handicapée à vie, aveugle aujourd’hui.

Voici la déclaration de Delphine Renard en ce 8 janvier 2015 :

Le massacre à la rédaction de "Charlie-Hebdo" : l’assassinat de Jaurès, multiplié par douze, et soi-disant pour venger Allah ou Mahomet. Combien se vérifie l’ancienne couverture du journal, représentant le prophète écrasé de désespoir et s’exclamant : "C’est dur d’être aimé par des cons !"

La France est l’un des rares pays du monde à avoir conquis, à prix de sang, la liberté de penser, de parler, de dessiner, d’écrire. C’est tout récent, à peine plus de deux siècles, et encore.

La terreur ne doit pas passer. Nous constatons, devant ces cadavres, ces douilles et ces témoins sidérés, à quel point cette liberté est fragile. L’humour est ce qui manque totalement aux barbares, incapables de laisser exister le moindre écart entre le mot et la chose, entre eux et les autres, incapables de répondre en argumentant plutôt qu’en tuant.

Plus que jamais, je veux donc écrire, m’unissant à tous ceux qui, rassemblés dans diverses villes de France, ont brandi des crayons en guise d’armes. Écrire, y compris des fictions. Car il ne faut pas s’y tromper. Hier, ce sont des caricaturistes politiquement engagés qui ont été abattus. Mais les totalitaristes abhorrent autant l’art abstrait : souvenons-nous de la chasse à "l’art dégénéré" pendant la montée du nazisme. Peindre de pures taches de couleur, écrire des histoires, c’est donner corps à un univers singulier, une sensibilité individuelle, une fantaisie affranchie du "bien-penser" et des langues de bois. Ces échappées de l’esprit seront toujours intolérables aux brutes malfaisantes qui tentent d’écraser toute vie de la pensée avec l’alibi de leur "religion".

Socrate a été empoisonné alors qu’il aidait chacun à accoucher de lui-même. Des livres sont brûlés en place publique à chaque retour de l’intolérance... Alors je prends la plume, depuis ce nom que j’endosse en fraternité avec toute une population en état de choc : "je suis Charlie".

PS : Plusieurs autres "enfants" de victimes assassinées par les commandos OAS pendant la Guerre (Madeleine Ould Aoudia, Jean-François Gavoury,...) revivent avec beaucoup d’émotions (et le terme est très loin d’être assez fort) ces attentats d’aujourd’hui tant la similitude est grande : leurs pères furent assasinés parcce qu’ils représentaient l’éducation nationale, la police...

Je rappelle qu’il faut remonter au 18 juin 1961 pour trouver un acte terroriste ayant causé autant de victimes (il s’agissait d’un attentat perpétré par l’OAS en métropole et ayant provoqué le déraillement du train Strasbourg-Paris près de Vitry-le-François : bilan : 28 morts).

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"Je suis Charlie" : message de Delphine Renard
Cros Jacques - le 9 janvier 2015

Il me semble nécessaire d’approcher la question de ce qui alimente les diverses formes de terrorisme. Je donne mon point de vue : ce à quoi nous assistons est le résultat du chaos dans lequel nous entraîne un système économique et social en fin de course. Une rupture est nécessaire avec une certain logique, celle qui se résume à la recherche du prçfit le plus grand dans le temps le plus bref. Ce n’est pas sans effet sur la violence qui caractérise le monde actuel. Les religions ont toujours été utilisée pour masquer les causes des tensions et des guerres auxquelles elles conduisent.



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